Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!

Youssou Ndour : L’exemple type du « Self made man »

Partager
  •   
  •   
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cet homme est une histoire à lui tout seul, presque autant qu’il écrit l’histoire pour tout un peuple. Enfant de la médina de Dakar, il aimait tellement chanter qu’il s’échappait de chez lui, esquivait l’école, malgré les colères de son père pour rejoindre les lieux de concert. Cette histoire, tous les sénégalais la connaissent comme ils connaissent l’ascension de l’homme à la voix d’or jusqu’au Ministère de la Culture de son pays. Mais ce que les sénégalais connaissent encore mieux, c’est le répertoire de Youssou NDour et le Super Etoile de Dakar, un enchaînement de tubes et de succès dont plusieurs ont conquis la planète. Aujourd’hui l’homme est bien plus qu’un artiste, un homme engagé et accompli, un véritable ambassadeur de l’âme sénégalaise.

 

Résultat de recherche d'images pour "Portrait Youssou Ndour"STORY. Lui, le petit  garnement analphabète de la Médina, qui s’est mis au français suite à une recommandation du défunt animateur de Rfi, Gilles Obringer, afin de pouvoir s’épanouir au plan international, est aujourd’hui, avec son mouvement «Fékkéé Maci Boolé» (majorité présidentielle) un politique affirmé, ambassadeur de bonne volonté du continent noir, un défenseur dévoué d’un certain afro-optimisme qui revendique sa place au concert des nations. «L’Afrique a eu ses idées, ses inventions, ses visions, il faut les faire ressurgir, soulignait-il au sortir du sommet du G8 où il était le seul Africain à être invité. Nous avons beaucoup reçu de la part  des pays développés, mais nous nous souvenons que nous avons aussi beaucoup apporté.» Lui pour sa part, a déjà beaucoup fait pour son pays : une tournée pour l’Education nationale et une campagne pour le consommer local dans les années 90, une campagne contre le paludisme (Roll Back Malaria) etc. «Il est prêt à tout pour aider son peuple, témoigne Saint-Louis Mané, ami et homonyme d’un des fils de la star. Il parle très souvent du Sénégal à l’étranger. C’est quelqu’un qui aime son pays.»

La preuve : il n’a jamais déplacé son QG hors du pays, contrairement à beaucoup de ses pairs africains qui ont eu  à jouir d’une reconnaissance internationale. Un de ses amis : «Youssou ne pourra jamais s’épanouir ailleurs qu’au Sénégal.» L’expression est galvaudée, mais il est juste de dire que c’est un Sénégalais dans l’âme. Son aura, sa carrière et sa fortune lui permettent de vivre où il veut dans ce monde, mais je crois que, hors du Sénégal Youssou serait un homme malheureux. Il adore vivre à la sénégalaise.»

A Dakar, «sa base», Youssou Ndour a sa famille, ses amis, ses repères, mais aussi son business. En homme averti, il est devenu, avec le temps, un musicien au souffle long et au flair de businessman. Un entrepreneur hors-pair. En plus de sa voix pour la musique et quelques affaires dans le bâtiment, la star a surtout tracé sa voie dans la communication. Il a mis sur pied une grande maison de presse : le Groupe futurs médias, qui compte une radio, Radio futur medias (RFM), une imprimerie, un quotidien, L’Observateur, qui a le premier tirage du pays (100 000 exemplaires), une Télévision, la TFM, miroir du Sénégal et un site d’informations, (iGFM). «Si les gens ne sont pas informés, ils ne peuvent pas décider par eux-mêmes, expliquait-il dans Libération. C’est comme ça que l’on voit encore dans des pays d’Afrique, des gens dont on peut acheter les votes. C’est terrible ! Souvenez-vous aussi du rôle des médias [comme la radio des mille collines, Ndlr} dans les massacres du Rwanda.»Mamoudou Ibra Kane, Administrateur général du groupe Futurs médias : «Pour qui connaît Youssou Ndour, c’est un homme qui bouillonne d’idées. C’est quelqu’un qui donne l’impression de ne vouloir jamais s’arrêter. C’est quand même assez paradoxal pour un artiste de sa dimension – les grands artistes marchent souvent à l’intuition – mais lui, il prend toujours le temps de bien mûrir ses idées. Il a beaucoup de projets pour le groupe Futurs médias. Car pour lui, la presse doit être une véritable activité économique comme toutes  les autres. On ne peut pas tout révéler, mais je peux dire que Youssou Ndour à l’ambition de développer encore le groupe. Il projette de faire de Futurs médias une véritable industrie.»
 

«Le football, sa seule vraie passion»
 
Image associéePLAYER. Seule star planétaire de la musique sénégalaise (dixit Souleymane Faye), Youssou Ndour n’a pas que du rythme dans le sang. A côté du chant, le football est la seule vraie passion de sa vie. C’est le ballon rond qui le fait chavirer, non le micro. «Il aime le foot plus que tout au monde», témoigne Khalifa Sylla, son pote d’enfance. Môme, dans les dédales infestés de la Médina, le petit You passait ses journées à taper dans le cuir. Il était le genre à s’abîmer dans le sable, à prendre le public à partie, quand il ne chahute pas avec Saint-Louis ou ses autres camarades, qu’il fréquente encore. «Il quittait chaque jour la rue 15 pour venir jouer au football à la rue 17. Si on ne le voyait pas, c’est qu’il était malade ou en voyage, raconte Khalifa. C’était un avant-centre, amoureux de la talonnade, mais il faut dire qu’il ratait souvent son geste.»

Plus tard, le jeune musicien, féru des matches du dimanche, se fera appeler «JPP», du nom de Jean-Pierre Papin, l’ancien avant-centre de l’Olympique de Marseille des années Tapie. A 50 ans passés aujourd’hui, le Grammy Award du meilleur album world music pour l’album Egypt (2005), n’a rien à envier aux stars planétaires du ballon rond. Il a en commun avec eux ce pouvoir de faire se lever les foules. Comme il y a quelques jours à Saint-Louis, Mbour, Fatick, Kaolack, Dakar et bientôt, avec le reste du Sénégal. Son pays de corps et de cœur.

Source : L’Observateur

%d blogueurs aiment cette page :