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Avortements clandestins, MST, infanticides : Quand la morale et la religion virent au drame – Par S Mb Ndiaye

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Nous sommes en 2003 et au summum de la pandémie du Sida dont les ravages sont incommensurables. Déjà 20 millions de morts et 42 millions d’autres personnes infectées selon l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS). Les recherches n’ avaient pas encore permis de renverser la tendance.

 

L’un des seuls moyens de faire face au mal est le préservatif qui, selon l’OMS, permet de réduire de 90% les risques de contamination en empêchant la transmission du virus. Une campagne mondiale de sensibilisation est lancée pour la généralisation de son utilisation afin de stopper la progression de la maladie.

Jusqu’ à ce que la religion s’en mêle.

Le Vatican, opposé à toute forme de contraception artificielle et au nom de la morale, lance à son tour une campagne contre le préservatif qui favorise à ses yeux le libertinage sexuel. Mieux, aux arguments moraux, il ajoute des explications dites scientifiques pour assoir sa position: « Le virus du Sida est à peu prés 450 fois plus petit qu’un spermatozoïde » a déclaré le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, alors président du Conseil Pontifical pour la famille. Si le spermatozoïde peut aisément traverser le » filet » que constitue le préservatif, à fortiori le virus ».

L’OMS avait rejeté le point de vue du Vatican : « Ces déclarations inexactes au sujet du préservatif et du virus sont dangereuses au moment où nous devons affronter une pandémie mondiale qui a déjà tué plus de 20 millions de personnes.»

Aujourd’hui, grâce aux antirétroviraux, le plus dur est derrière nous. La maladie n’est plus aussi mortelle et les progrès scientifiques permettent d’espérer son éradication.

Cependant, l’histoire montre, comment en se retranchant derrière la morale et le dogme plutôt que de faire preuve de réactivité et de réalisme, la religion dessert plus qu’elle ne sert les intérêts de ceux qu’elle prétend pourtant défendre.

Aujourd’hui, grâce à la lutte contre l’excision et le mariage précoce des filles une sensibilisation plus optimale des parents et des efforts considérables de l’état, le taux de scolarisation des filles a connu un grand bond en avant. Non seulement, elles sont de plus en plus nombreuses à l’école, mais elles y restent plus longtemps et font des résultats souvent meilleurs que ceux des garçons.

Le Sénégal, à l’instar de presque tous les pays du monde, vit à l’ère des nouvelles techniques de l’information, de la communication et de la société de consommation. Et leur impact sur le mode de vie des jeunes et des élèves en particulier est indéniable : banalisation de la pornographie, exacerbation de la curiosité, sexualité précoce et une sous évaluation du danger des comportements à risque (Maladies sexuellement transmissibles, grossesse précoce, avortement clandestin, infanticide…)

Paradoxalement, au nom de préceptes moraux et religieux, les pouvoirs publics refusent d’accompagner les jeunes en mettant à leur disposition les moyens techniques et le savoir nécessaire pour se prémunir des dangers inhérents à la technologie et à la mondialisation cultuelle.

Le ministre de l’éducation nationale Serigne Mbaye Thiam accuse ainsi Human Rights Watch de vouloir introduire l’éducation sexuelle à l’école.
Est-ce introduire l’éducation sexuelle à l’école qui est un crime ou plutôt s’abstenir de le faire ?

 

Serigne Mbacké Ndiaye

 

Une pensée sur “Avortements clandestins, MST, infanticides : Quand la morale et la religion virent au drame – Par S Mb Ndiaye

  • 11 novembre 2018 à 8 h 22 min
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    I conceive you have observed some very interesting details , regards for the post.

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