Bébé Issu d’un Viol : Comment Faire Naitre l’Amour Maternel ?

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Le dire serait un euphémisme, une litote. Il n’y a pas de limite à l’amour qu’une mère éprouve pour son enfant. Cependant qu’en est-il quand le bébé est le fruit d’un viol. Le fruit non de l’amour mais de la violence et de l’horreur ? L’instinct maternel est-il assez fort pour  être plus fort que la haine et le dégout que la maman éprouve pour le père ?

Le journal Le Quotidien a consacré un long dossier au phénomène et a recueilli nombre de témoignages dont celui de Adja, élève en classe de  3eme, violée et engrossée par son professeur alors qu’elle avait 16 ans. Elle tente aujourd’hui de faire la différence entre son violeur et l’enfant âgé de deux ans à qui elle essaie de donner l’amour dont il a besoin. 

Cependant assure t-elle « Quand il sera grand, s’il demande, je ne lui dirais que la vérité. »

Le bébé de cette jeune fille de 14 ans violée par quatre gaillards a pour sa part moins de chance. Il a été confié à un orphelinat. Sa jeune mère a été catégorique. 

Elle était incapable de l’aimer : «  Si on ne mène pas l’enfant ailleurs, je risque de le tuer »  a t-elle juré à Mame Safiatou Ndiaye chargée de l’accompagnement psychosocial des enfants victimes de maltraitance  au Centre de Guidance infantile de Dakar (Cegid) qui toutefois garde l’espoir de voir la  jeune fille qui est actuellement sous suivi psychologique revoir sa position : « peut-être d’ici quelques années elle arrivera à récupérer son enfant. »

Cependant assure Madame Ndiaye grâce au suivi psychologique, la plupart des filles mères finissent par garder et surtout aimer leurs bébés.

En tout cas pour celles qui ont eu la chance d’avoir trouvé des structures d’accueil qui les accompagnent dans ces moments de détresse.

Ce qui n’est pas toujours le cas malheureusement. 

En plus du traumatisme dû au viol, les fille-mères sont victimes de stigmatisations de la part de l’entourage et de la société en général  et vivent ainsi une double peine. Ce qui incite nombre d’entre elles à «  développer un risque suicidaire énorme et aussi des symptômes post-traumatiques qui peuvent apparaître des années et des années après l’agression. » 

Madame Mona Chassero présidente de la Fondation de la Maison Rose qui travaille beaucoup au rapprochement de la mère et  de son bébé issu du viol confirme :

« Quand l’enfant est né, on travaille beaucoup  la relation mère-enfant. Elles apprennent à aimer l’enfant et en général ça se passe bien. Une fois on a eu une fille qui ne voulait pas de son enfant. Elle voulait l’abandonner. Quand le bébé est né, il était hyper petit parce qu’elle ne voulait pas le nourrir. Pendant deux jours elle ne lui  a pas donné à manger. Mais  il était tellement mignon qu’elle s’est prise au jeu et l’a aimé. Elle a dépassé la haine qu’elle avait  pour l’enfant. »

Serigne Mbacké Ndiaye

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