Bouna sarr en equipe nationale du sénégal ? : J’ai deja echangé avec Keita Baldé

Partager
  •   
  •   
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Au club depuis juillet 2015, Bouna Sarr fait partie des « anciens » du vestiaire de l’Olympique de Marseille. Depuis sa signature au club, « BS17 » a tout connu : le départ controversé de Marcelo Bielsa, les sifflets du Vélodrome, l’arrivée de nouveaux investisseurs, une finale de Coupe d’Europe mais aussi et surtout, un changement de poste salvateur. Désormais latéral droit, l’ancien du FC Metz enchaîne les matchs et les performances au point d’avoir retourné l’opinion en sa faveur. Interview d’un soldat au mental d’acier.

Comment s’est déroulée ton enfance ?

J’ai grandi à Lyon, dans le quartier de Gerland. Je suis issu d’une famille de quatre enfants, j’ai deux grandes sœurs et une petite sœur. Je vivais avec mes parents. C’est là-bas que j’ai effectué mes premiers pas de footballeur, avec ma première licence à l’âge de 6 ans au FC Gerland. J’y ai fait mes premières gammes avant d’intégrer l’Olympique Lyonnais pour ma préformation à l’âge de 11 ans.

Tu étais comment à l’école ?

Je n’étais pas un élève turbulent. Je n’étais pas forcément un élève à l’écoute car un peu introverti, je pensais déjà énormément au foot. Je ne voulais qu’une seule chose : que l’école se termine pour aller taper dans le ballon. J’ai eu mon bac mercatique, j’étais pas mal poussé par mon père de ce côté-là, il voulait que j’obtienne au moins ce diplôme. C’est quand même une fierté d’être arrivé jusqu’au bac et de l’avoir obtenu.

Peu de monde sait que ta formation a débuté à l’OL…

Oui c’est vrai, je n’en parle pas spécialement et peu de monde est au courant. J’étais très jeune. Et ce n’est pas à cet âge-là qu’on sait si un jeune peut aller au bout, peut devenir professionnel. C’était une bonne expérience pour moi, j’étais un peu triste de quitter Lyon à l’ époque, mais j’ ai su rebondir et c’ est le plus important pour moi.

Comment s’est passé ton passage à l’OL ?

On ne va pas se mentir, l’OL, c’est un très bon club formateur. Je me souviens avoir pris beaucoup de plaisir. J’en prenais peut-être même un peu trop. J’étais quand même dans un centre de formation professionnel et à un moment, j’étais trop dissipé pour pouvoir rester dans ce club. Mon problème ne se situait pas au niveau du football, mais plus du comportement, à un moment, ça n’allait plus passer. Et c’est ce qu’il s’est passé. J’avais beaucoup de regrets à ce niveau-là, c’est aussi ça qui m’a aidé et rendu plus fort par la suite, quand je suis arrivé au FC Metz.

Le retour au monde amateur a dû être difficile.

Grave ! Ça m’a mis une claque. Le fait de prendre le bus pour aller à l’entraînement après l’école, de rentrer fatigué le soir pour faire les devoirs, commencer les cours le lendemain à 8h, donc se réveiller à 6h30… Ce n’était pas facile. C’est là que je me suis rendu compte du confort que j’avais à l’OL. C’est un retour à la réalité qui m’a fait du bien.

Tu te souviens de ta venue à l’OM ?

Oui, c’est une sorte de grand écart : passer du FC Metz un club qui malheureusement n’arrive pas toujours à se maintenir en Ligue 1, qui fait un peu l’ascenseur et qui j’espère va réussir à se stabiliser à Marseille club historique et l’un des plus grands de France c’ est vrai que c’ était une grande surprise. Je m’en souviens comme si c’était hier quand mon agent m’ a annoncé que l’ OM était intéressé. J’ étais vraiment très content.

Es-tu surpris d’être encore à l’OM ?

Non, je pense que ce n’est pas un hasard. Aujourd’hui, ça fait cinq ans que je suis là. J’attaque ma cinquième saison. J’ai connu cinq coachs. Sans prendre les cas de Thauvin et Mandanda, qui sont partis et sont revenus, je suis le joueur le plus ancien en terme de saisons enchainées et donc de longévité. À un moment donné, ce n’est pas le hasard. C’est le travail ! Même si j’ai connu des moments difficiles. Dans l’ensemble, j’ai obtenu la confiance des différents coachs à Marseille.

Style de jeu

Tu te considères comme évoluant à quel poste aujourd’hui ?

Latéral droit, avec cette polyvalence pour jouer plus haut. Parce que c’est mon ancien poste et j’ai le profil pour. Ça ne m’a jamais dérangé de jouer excentré, d’aider l’équipe, de me mettre au service du collectif et de dépanner. Après c’est vrai que j’ai une petite préférence pour le poste de latéral droit, ça me permet de partir de plus loin, c’est plus en adéquation avec mes qualités. Il y a quelques années, je n’aurais jamais dit ça. Mais comme on dit : il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. J’ai eu du mal à me prendre au jeu, mais j’ai joué ma carte à fond et ça a payé. Aujourd’hui, je ne regrette pas.

Être polyvalent, c’est un problème ?

Polyvalent dans un couloir, non. Tu peux jouer sur toute l’aile. Aujourd’hui, dans le football moderne, les latéraux deviennent de plus en plus offensifs. Et je pense au contraire que c’est l’une de mes forces. Ça me permet d’avoir davantage de temps de jeu et de rester parmi les titulaires. Si aujourd’hui je devais faire un choix de jouer à un poste et de ne plus jouer à un autre, je choisirais latéral droit.

Tu prends du plaisir à sauver des buts ?

Oui bien sûr. C’est plus facile d’apprendre à défendre qu’à attaquer. En tant qu’excentré, c’est à ce niveau-là que je devais apprendre, me discipliner. J’ai travaillé pour et j’étais bien entouré avec coach Rudi Garcia, ses adjoints, mes coéquipiers. J’ai pris énormément de conseils auprès d’Hiroki Sakai, que j’ai beaucoup observé et j’ai appris.

Jusqu’où tu situes ta marge de progression ?

Je suis encore capable de franchir un cap. Sans aucune prétention, si des
clubs comme Naples ou l’Atlético de Madrid se sont intéressés à moi après seulement une seule saison en tant que latéral droit, c’est qu’il y a quelque chose à faire pour passer un cran. J’ai 27 ans,
la saison prochaine, j’en aurai 28, donc
il ne faut pas trop traîner non plus. Mais je n’en fais pas non plus une fixation. Aujourd’hui, je suis bien à l’OM, ce que je répète souvent. Je me donne tous les moyens pour être bon avec mon club et on verra par la suite.

Équipe de France

Tu crois toujours à l’équipe de France ?

La fameuse question (sourire). Qui n’y pense pas, j’ai envie de te dire ? Qui
n’y pense pas quand il joue à l’OM, dans un club médiatisé, mis en avant ? Forcément, tout le monde y pense, dont moi. Après, il y a « penser » et « penser ». Ce n’est pas une chose sur laquelle je me focalise. La première chose sur laquelle je me focalise, c’est l’OM, car c’est avant tout mon club, qui peut m’ouvrir des portes, que ce soit de la sélection ou de clubs plus huppés et prestigieux entre guillemets. Je reste focus sur mes prestations avec l’OM.

Tu te gardes quand même la possibilité de jouer pour une sélection africaine ?

Ce serait manquer de respect que de dire que c’est une fenêtre de tir. Ça voudrait dire que les sélections africaines sont des roues de secours, ce qui n’est pas le cas. Comme je répète souvent à ceux qui me disent « va jouer pour ton pays d’origine », mais je suis né ici ! Je suis autant Français que Guinéen et Sénégalais. Donc je les mets tous sur un pied d’égalité. Après forcément, en tant que Français, quand tu vois une nation championne du monde… J’ai vécu ça deux fois ici en tant que Français. Ça fait rêver, ça fait énormément rêver ! Et les personnes qui n’arrivent pas à comprendre ça, ce sont des personnes qui ne sont pas objectives. J’aimerais bien les voir à ma place et voir leur décision dans cette position, même si je n’ai encore rien décidé.

Sadio Mané n’essaie pas de te convaincre ?

(Sourire). J’ai déjà échangé avec Keïta Baldé dernièrement. Mon grand ami, Koulibaly aussi. J’ai été formé avec lui à Metz. Ils savent que la décision finale me revient. On verra par la suite.

Source Onze Mondial

%d blogueurs aiment cette page :