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Colonel Abdourahim Kébé : Un prédateur sexuel ?

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On entre en politique comme en territoire ennemi, en surveillant ses arrières. Un truisme que le militaire Abdourahim Kébé, secrétaire national chargé de la défense de Rewmi, aurait dû assimiler avant de  publier ce fameux post sur sa page Facebook : « Sénégalais debout ! Une riposte énergique du peuple s’impose, face à ce qui apparaît à un hold-up électoral que veulent nous imposer les valets de Macron. »

En effet, le colonel ne venait pas seulement de se mettre sous les projecteurs, mais aussi de se créer des ennemis qui se sont aussitôt mis à farfouiller dans son passé  afin de déterrer quelques boules puantes. 

Ce qu’ils ont remis à la surface, est en réalité plus nauséabond que les émanations putrides d’une fosse septique. 

Dans un dossier qui lui est consacré, le journal l’ Obs revient sur le passé dégoulinant de stupre de monsieur Kébé.

En effet, les faits de guerre du colonel tiennent plus du tableau de chasse d’un prédateur sexuel aux obsessions libidineuses que du héro national qui défend sa patrie au péril de sa vie.

Au point que le Chef d’état Major des Armées Mamadou Lamine Cissé avait demandé dans le procès verbal no 0026 du 21 janvier 1997 de traduire celui qui était alors Capitaine  » devant le conseil d’enquête en vue de sa radiation des cadres . »

Si le chef d’état major des armées en était arrivé à cette extrémité, c’est parce que les plaintes de soldats visant Abdourahim Kébe pour harcèlement sexuel commençaient à s’accumuler sur son bureau. 

En effet, profitant de son grade de commandant de la 11eme Compagnie des fusilleurs voltiges (CFV) et commandant de la place d’armes de Kédougou, Abdourahim Kébé se croyait dans un harem, à son service pour assouvir  ses penchants lubriques.

Déjà en 1985, une enquête diligentée suite à des plaintes de soldats,  le confondait. Malheureusement, aucune suite ne sera donnée aux recommandations. « Il est constaté qu’aucune mesure disciplinaire n’avait été prononcée à l’époque pour sanctionner ce comportement, afin d’éviter une éventuelle récidive, malgré la pertinence  et la concordance des accusations », peut-on lire dans le document référencé no 000029/Cemga/Vab du 3 mars 1997.

Selon l’avis du chef de cabinet du chef d’état major des armées apposé en bas du document « Beaucoup de laxisme a entouré cette affaire. Or l’intéressé ne semble pas vouloir changer. »

En effet, les mêmes actes seront notés en 1994 alors qu’il était en service à la Direction de l’information et des relations publiques de l’armée ( Dirpa), ainsi qu’en 1995 lors de la Manœuvre Ndiambour VII à Tambacounda. Il écope néanmoins  de 45 jours d’arrêt de rigueur de la part du Cemga «  Les faits relatés qui sont recoupés par plusieurs observateurs ne souffrent d’aucune ambiguïté. » d’après l’avis de punition référé no 00091/ Cemga/Cab du 14 février 1995. En plus de cette sanction, son avancement au titre de l’ancienneté sera ajourné. Il sera de nouveau ajourné en 1997 pour le grade de commandant alors qu’il totalisait au 31 décembre 1996, 8 ans de grade de capitaine.

En 1997, le Général Lamine Cissé s’oppose à son avancement « Malgré les aptitudes militaires reconnues à cet officier, son comportement ternit gravement l’image de marque des armées et ne milite en faveur de sa promotion au grade de commandant. C’est pourquoi ce présent rapport est établi pour ne pas le comprendre dans la liste des officiers à promouvoir au titre de l’avancement à l’ancienneté pour l’année  1998, comme le prévoit l’article 36 Bis du décret no 88-990- du 19 juillet 1998 modifié », peut-on lire dans le rapport du Chef d’état major des armées du 12 décembre 1997.

Pire, Abdourahim Kébé sera enfoncé par sa propre épouse au Groupement d’administration des bataillons opérationnels de marché (Gabom), poussant le Directeur de la sécurité militaire à proposer le 7 aout 1997 son « élimination de l’armée active, afin de préserver la bonne réputation de l’institution militaire. Le comportement de Kébé n’est pas compatible avec son statut d’officier. »

Abdourahim Kébé est traduit devant le Tribunal militaire le 24 aout 1999. 

Un Tribunal présidé par le juge André Bob Séne, assisté du capitaine Baba Sarr de la direction du Génie et du Capitaine Michel Dioh du bataillon des Transmissions. 

Le verdict sera rendu le 28 septembre 1999.

Abdourhim Kébé est condamné à 15 mois d’emprisonnement ferme.

Il appartient à Idrissa Seck qui en a fait son chargé de la défense d’en tirer les conséquences.

Serigne Mbacké Ndiaye