Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!

COMMENTAIRE : My Karim is rich

Partager
  •   
  •   
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les Autorités judiciaires de la principauté de Monaco viennent d’opposer un niet à celles du Sénégal qui souhaitaient la mise sous séquestre et le rapatriement des avoirs bancaires de l’ancien Ministre Karim Wade après sa condamnation par la CREI.

Les défenseurs de ce dernier brandissent cette décision favorable à leur favori pour la présidentielle de février prochain comme une victoire.

Cela est de bonne guerre dans ce contexte pré-électoral où toute bonne occasion est mise à profit pour redorer le blason de son candidat.
Karim Wade marque véritablement un point avec cette décision qui vient après celles de la Cour de Justice de la CEDEAO et de la Commission des Droits de l’Homme de l’Onu.

Seulement, ce que ces zélés défenseurs du candidat officiel du PDS ne relèvent pas ou qu’ils taisent, c’est l’origine des avoirs et des biens détenus par cet ancien ministre à Monaco et dans d’autres pays étrangers.

Autant, ils contestent l’existence de la juridiction d’exception qu’ est la CREI et ses décisions, autant ils sont muets comme des carpes sur la bonne santé financière de leur client.

Bien vrai que Karim Wade, avant d’être conseiller à la Présidence de la République et ministre du gouvernement entre 2000 et 2012, ait été gestionnaire de fonds dans une prestigieuse banque d’affaires suisse, à sa succursale de la City à Londres, il est tout de même étonnant qu’il ait pu amassé autant d’argent depuis son entrée dans la vie professionnelle active au milieu des années 1990.

Tout de même, cette bataille juridique qui oppose les Autorités politiques et judiciaires du Sénégal à cet ancien ministre de la République ne se fondent que sur un constat : il est bel et bien un homme riche.

Et cela, les postures de ses défenseurs ne s’opposent jamais à cet état de fait. D’où tient-il sa richesse ? De ses seules capacités managériales ou entrepreneuriales ? Ou alors sur la base de la souveraineté du Sénégal qu’il lui aurait offert des opportunités durant les douze (12) années de magistère du Président Abdoulaye Wade ?

Cet aspect du dossier Karim est une nébuleuse dont la CREI s’est évertuée à vouloir faire la démonstration et la preuve sans pour autant y parvenir d’une manière claire et nette.

Et à la décharge de Karim Wade, il faut bien reconnaître que depuis l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale en 1960, nombreux sont les hommes ayant eu à occuper de hautes fonctions administratives, étatiques et politiques à s’être retrouvés à la tête d’une immense fortune, ceci, malgré des origines sociales fort modestes économiquement.

Si Karim Wade a été déferré devant la CREI pour crime économique, cette dernière a aussi commis un crime de rupture d’égalité citoyenne en ne s’intéressant qu’à ce dernier.

Ils sont connus de tous ces députés, ces maires, ces ministres, anciens ou actuels qui, de Senghor à Macky en passant par Diouf et Wade, sont des rentiers ou vivent comme des nababs avec un train de vie fastueux et dispendieux.

Karim Wade est riche mais, il est loin d’être le seul ancien responsable politique à être dans cette agréable situation au moment où la morosité économique frappe de plein fouet la plus grande partie de la population.

Kalidou SOUARE