COMMENTAIRE : Wade, Alpha, Hollande, de bien curieux paroissiens

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Il n’y a pas de crise au Sénégal. Ni politique, ni sociale. Il faut que nous  nous accordions tous sur ce point, car, malgré les clameurs et les dénonciations de dérives sur la scène politique, d’autoritarisme du côté de l’Etat ainsi que du sectarisme de l’APR et de sa majorité présidentielle, le Sénégal ne connaît pas et n’a pas connu à une époque récente ou plus ancienne durant ces sept (07) dernières années, de situation pré-insurrectionnelle ou une quelconque forme  de guérilla ou de guerre civile.

C’est donc une honte, pire une attitude qui frise l’anti-patriotisme ou la trahison que d’offrir à certains voisins de notre pays l’illusion, que la délicatesse de notre situation requiert leur intervention, leur bienveillance au point qu’ils puissent sentir l’obligation de médiation et d’assistance pour venir à notre secours.

Fort heureusement, malgré les difficultés de la conjoncture, le Sénégal est encore solide. Il est le 2e pays moteur de l’UEMOA, tout juste derrière la Côte d’Ivoire et fait partie du top 5 des pays leaders de la CEDEAO. Aucun  des pays voisins et frères, (malgré leur grande superficie , une démographie quasi égale à la nôtre pour  l’un d’entre eux, et de plus grandes potentialités minières et agricoles que le Sénégal,)  ne se situe devant nous au sein de l’UEMOA  ou de la CEDEAO.

Fort heureusement, alors que dans nombreux pays du continent où l’unité nationale est en lambeau, chez nous, au pays de Ndiadiane Ndiaye, la Nation s’est agrégée au fil des temps, a traversé l’époque coloniale et son unité et sa cohésion ont facilité la construction d’un Etat moderne, républicain par les pères de l’indépendance comme Senghor, Mamadou Dia, Cheikh Anta et leurs contemporains.

Nous ne sommes pas preneurs d’une quelconque médiation et de qui que ce soit. Le Sénégal achève une campagne électorale de 21 jours devant déboucher sur l’élection d’un nouveau Président, pour un nouveau quinquennat.

Le calendrier républicain n’a souffert d’aucun dérèglement ou dysfonctionnement de 2012 à maintenant. 

Et contrairement à certaines bonnes âmes, la tentation du 3e mandat ainsi que l’ambition avortée d’une dévolution monarchique du pouvoirs n’empoisonnent en rien la situation politico-sociale sénégalaise.

L’introduction du parrainage, un principe sain et responsable, a, certes, été mal faite et l’absence de dialogue politique sont des points de friction et de revendications légitimes. Cela ne vaut pas une messe au chevet du Sénégal pour le sauver d’une catastrophe ou d’une tragédie.

Ce qui se passe à l’Est du Sahel, dans des pays comme le Mali, le Niger, le Burkina, le Tchad ou la Mauritanie mérite plus d’attention et requiert une plus grande solidarité de la part de tous.

C’est plutôt en Côte d’Ivoire qu’il faudrait s’interroger et s’alarmer, car la libération de Simone Gbagbo et le récent élargissement de l’ancien Président Laurent Gbagbo sur fond de rupture entre le Président Ouattara et le Président Bédié sans compter la séparation du même Ouattara avec Guillaume Soro sur fond de crise politique et identitaire profonde à une année de l’élection présidentielle fait monter le chaudron.

L’ancien dictateur Tunisien, Ben Ali, avait fait examiner son prédécesseur Habib Bourguiba par un collège de médecins spécialistes pour constater que le grand âge avait eu raison sur celui que l’on appelle le « combattant suprême » : Habib Bourguiba.

Faudra-t-il en arriver là avec Me Wade pour le sauver des ravages de la vieillesse et le protéger contre lui-même et ses semblables ? Sa stature de grand commandeur politique devrait lui valoir cela …

Abdoulaye Bamba DIALLO

Post scriptum : Karim Wade en exil à Conakry

Comment le Président de la Guinée,  le Professeur Alpha Condé peut-il imaginer une seconde que l’ancien Ministre du ciel et de la terre du Sénégal Karim Wade puisse quitter son exil doré au Qatar pour s’établir dans la capitale guinéenne ?

A Doha, même si le désert est éternel, toutes les commodités pour y mener une existence paradisiaque et de rêve sont réunies, tandis qu’à Conakry, l’électricité, l’eau ne sont pas en abondance sans oublier l’insécurité et les tensions sociales.

La meilleure preuve est que tous les nouveaux riches de Guinée (militaires, ministres et hommes d’affaires) ont tous acheté des villas et appartements dans les quartiers chics de Dakar comme Almadies, Fann et la VDN.