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Conditions de détention à Rebeuss : l’administration pénitentiaire se trompe de prison 

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Jean Bertrand Bocandé était l’invité ce vendredi soir de nos confrères de la RTS. Entourés des journalistes tels que Oumar Diaw, il a tenu à dire que les conditions de détention à la maison d’arrêt de Rebeuss ont été sensiblement améliorées. Seulement, le Directeur de l’administration pénitentiaire n’a pas dit toute la vérité.

Le Directeur de l’administration pénitentiaire a été certainement envoyé au charbon par les autorités pour convaincre les plus sceptiques que contrairement à ce qui est dit les détenus  et prévenus qui sont à Rebeuss ont vu leur condition de détention sensiblement améliorées. Face à ces affirmations, nos confrères de la RTS ont tenu à lui rappeler que la presse n’a jamais eu la chance de voir les détenus dans leur cellule.

Au lieu de se dérober, Jean Bertrand Bocandé continue de plus belle et rappelle notamment que l’allocation journalière des détenus est passée d’un peu plus de 400 FCFA à 1010F CFA. Il va même jusqu’à révéler que le nombre de prisonniers morts dans les lieux de la prévention ou de la détention a sensiblement diminué passant de 50 en 2014 à moins de 10 en 2019.  En 2017, dit-il, seuls 17 ont perdu la vie. 

Ces affirmations ne sont pas totalement fausses. Cependant, force est de reconnaître que le Directeur de l’administration pénitentiaire a omis de dire certaines vérités. En effet, NHnews est en mesure d’écrire sans courir le risque d’être démenti que la vie carcérale à Rebeuss, loin de s’améliorer, est devenue plus difficile à cause notamment de la surpopulation. 

Rebeuss compte 2500 à 2600 détenus et prévenus confondus. S’il est vrai que certains parmi ces citoyens qui ont maille avec la justice  sont dans des cellules relativement confortables, tout le monde n’a pas cette chance. Les pensionnaires des chambres neuf, dix et quatre notamment ne nous démentiront pas.

Dans ces cellules qui comptent des centaines de prisonniers il est devenu impossible de se coucher la nuit. Maintenant, les pensionnaires de ces chambres qui sont les moins lotis sont obligés de s’asseoir jusqu’au lever du jour. Serrés les uns contre les autres, ils gardent cette position sans pouvoir la changer. Même si dans ces lieux précis, il y en a qui ont des places fixes qu’ils sont les seuls à occuper. 

L’autre souci est lié à l’hygiène corporel. Dans ces cellules, il faut faire la queue pour pouvoir prendre une douche où même satisfaire ses besoins  naturelles. Qui plus est, la promiscuité qui y règne expose les uns et les autres à des maladies comme la tuberculose. Ainsi, le premier combat des personnes qui ont a la malchance d’attendre leur jugement dans ces geôles est de rester en bonne santé alors que les longues détentions préventives sont toujours d’actualité. 

La maison d’arrêt de Rebeuss a été construite en 1929. La prison menace ainsi de tomber en ruine alors que l’ouverture de Sébikotane 1 n’est pas effective sachant que cette future maison d’arrêt et de correction a une capacité  d’un peu plus de 400 place. Alors qu’il y a en tout et pour tout 11.000  détenus et prévenus au Sénégal. 

Omar Ndiaye

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