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Destitution d’Omar El Béchir : Awad Benawf, le nouvel homme fort du Soudan

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Un général pour remplacer un colonel. En février dernier, le limogeage de l’ex-vice-président Bakri Hassan Saleh, avait propulsé Awad Benawf au rang de vice-président. Ce jeudi 11 avril, dans la foulée du placement en résidence surveillée puis de la destitution d’Omar El Béchir, c’est ce général étoilé, par ailleurs ministre de la Défense, qui prend la tête du Conseil national militaire, chargé de conduire la transition du pays pour les deux prochaines années. En dépit des vociférations de la rue qui continue de réclamer le démantèlement du système, ce pilier de l’ancien régime devient le nouvel homme fort au Soudan.

C’est avec un béret frappé des armoiries de l’armée vissé sur la tête, silhouette longiligne, que le général Awad Benawf a fait son apparition à la télévision publique. Le reste du monde découvrait alors le nouveau visage du pouvoir à Khartoum.

Awad Benawf, témoin de deux changements de régime

Peu après la destitution de l’ex-président Omar El Béchir, c’est ce haut gradé de l’armée, pilier central de l’ancien régime qui prend la tête du Conseil militaire national, cette junte qui ne dit pas son nom, chargée de gérer le pays pour les deux prochaines années. «J’annonce, en tant que ministre de la Défense, la chute du régime et le placement en détention dans un lieu sûr de son chef », a annoncé le général Awad Benawfdans son discours télévisé.

Les Soudanais eux, connaissent bien ce cacique du régime déchu. Peu avant son apparition sur les écrans de la télévision, ce militaire de 62 ans, formé en Egypte comme Omar El Béchir, a prêté serment ce 11 avril à Khartoum, comme président du Conseil militaire de transition. C’est désormais l’organe qui pilote la transition dans le pays après la chute d’Omar El Béchir, compagnon de route du nouvel homme fort d u Soudan.

Lorsqu’Omar El Béchir accède au pouvoir, il avait acquis le grade de colonel. A son départ, c’est un général qui lui succède. Awad Benawf connait bien son pays pour avoir accompagné deux changements de régime. En 1989, il faisait déjà partie du groupe de soldats qui ont prêté main forte à Omar El Béchir dans le renversement du Premier ministre Al-Mahdi. Plus de trente ans plus tard, il accède à la plus haute fonction du pays.

Un militaire pour en remplacer un autre

Tout de suite après l’annonce de sa nomination, la rue a rappelé par des manifestations encore maintenues qu’elle aspirait à un remplacement du sytème militaire par des civils. Face à la méfiance de la rue, le nouveau maître de Khartoum, a d’ores et déjà annoncé la mise en place un «gouvernement civil», chargé de conduire la politique générale du pays pendant son biennat. Saura-t-il convaincre ?

Ses qualités de diplomate lorsqu’il était l’ambassadeur du Soudan à Oman ou lorsqu’il a œuvré au rapprochement avec l’Erythrée ne seront sans doute pas suffisantes. Un handicap qu’il va sûrement combler par sa connaissance du pays lorsqu’il était le chef des services de renseignements. Ministre de la Défense depuis 2015, sa réputation est entachée par son placement sur la liste américaine des personnalités du régime qui ont eu un rôle dans la guerre du Darfour.

En couronnement de sa carrière, Awad Benawf profite du turn-over au plus au haut sommet de l’Etat. En février 2019, Bakri Hassan Saleh est éjecté de son poste de premier vice-président. Omar El Bechir fait appelle à l’homme le plus renseigné du pays qui prend la tête haut comité de sécurité chargé de gérer les manifestations de rue. Ironie du sort, ce sont les protestations qui l’ont aujourd’hui porté au pouvoir. Un militaire s’en va, un autre prend sa place.

Avec Lta

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