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Dialogue Politique, Wade,  Karim, Oumar Sarr : L’origine de la brouille

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«  Je compte sur toi pour convaincre Karim d’aller au Dialogue. C’est le seul moyen pour  nous de résoudre nos problèmes »  dit Abdoulaye Wade à Me El Hadji Amadou Sall. Le président Macky Sall venait juste de lancer l’idée du dialogue afin de dépasser les tiraillements politiques et  trouver un consensus  national sur les différents sujets d’intérêt national.

Il chargera ensuite Oumar Sarr de prendre langue avec les  leaders de l’opposition réunis autour du Front de Résistance Nationale pour une mutualisation de leurs revendications.

En application des directives  de Wade, Oumar Sarr participe à la rencontre des personnalités de l’opposition le 8 mai 2019.

Il ne rentre chez lui que vers 22 h pour un repos bien mérité… mais qui sera de courte durée.

Un  communiqué de presse du PDS vient de tomber, dont il prendra connaissance  en même temps que tout le monde :

«  Le Parti Démocratique Sénégalais  (PDS) informe l’opinion nationale et internationale  qu’il ne participera pas  à la ‘’ réunion de démarrage des concertations sur les termes de référence du dialogue politique du chef de l’état qui démarrera jeudi 09 mai sous la présidence du ministre de l’intérieur Aly Ngouille Ndiaye. (…) Le PDS rappelle également que sa participation au dialogue politique est conditionnée par la libération   immédiate de Khalifa Sall et par la révision du procès  de Karim  Wade, en application des décisions  de justice internationale  condamnant l’état du Sénégal, notamment celle du Comité des Droits de l’ Homme des Nations Unies qui prescrit cette révision. »

Oumar Sarr n’en croit  pas ses oreilles.

Comment Abdoulaye Wade pouvait-il effectuer un tel revirement ? Qui plus est sans le prévenir ?

En réalité, ce n’est pas Wade qui avait changé d’avis. C’est Karim qui s’est arcbouté sur sa position et qui est à l’origine du communiqué.

El Hadji Amadou Sall n’avait pas réussi à le convaincre comme le lui avait demandé le secrétaire général du PDS.

En effet, la solution pour régler le casse-tête judiciaire de Karim Wade divise le père et le fils.

En  politicien expérimenté, pragmatique et réaliste  Wade est conscient que la puissance du  détenteur du pouvoir   est incommensurable au Sénégal. Et que ce dernier s’appelle Macky Sall.

Le PDS n’a donc  pas les moyens financiers, politiques et humains pour imposer un rapport de force. Même s’il a été son obligé, son protégé, son disciple,  la force est du coté de Macky Sall.

Il est en même temps leur problème et leur solution.

Les petites concessions d’aujourd’hui faisant le terreau des victoires de demain, il faut  parfois savoir courber l’échine pour mieux  relever la tête.

Le PDS doit participer au dialogue, négocier une amnistie qui permettra à Karim de retrouver la plénitude de sa liberté et de ses droits civiques.

Il pourra ainsi  rentrer  en toute quiétude au Sénégal,  prendre la direction du Parti et préparer les échéances électorales futures.

D’autant que Macky ne sera plus candidat.

Voilà résumée la position de Abdoulaye Wade, selon notre source, témoin oculaire et familier des Wade.

Karim par contre  veut continuer son bras de fer avec Macky Sall.

Inexpérimenté, n’ayant jamais participé à la longue conquête du pouvoir de son père, ne voyant en Macky Sall que le subalterne  à son service  quand  les Wade étaient au pouvoir,  il n’entend pas se soumettre ni se rabaisser à  lui quémander une amnistie.

Il compte sur la justice internationale et notamment l’Onu pour avoir gain de cause : La révision de son procès.

Amnistie contre Révision du procès, voilà ce qui divise le père et le fils.  

Par fidélité pour Abdoulaye Wade, Oumar Sarr et les siens avaient accepté de défendre la cause perdue d’avance de Karim lors des élections présidentielles de 2019.  

Ils savaient pourtant  pertinemment que rayé des listes électorales, Karim ne sera pas candidat.

Et c’est le même scénario qui est en train de se répéter. Sans amnistie, il ne sera pas non plus éligible pour 2024. Or il n’est pas question pour eux de se sacrifier une seconde fois.

En effet,  comme nous l’a clamé notre source : « Nous aussi, nous avons des ambitions. »  

Serigne Mbacké Ndiaye