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EDITORIAL : Banditisme d’Etat et gangstérisme politique

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La République Démocratique du Congo vient de sortir d’une longue nuit de cauchemar politique et sociale qui durait depuis plusieurs années avec la mainmise du clan Kabila sur les dossiers de l’Etat et les affaires du pays.

Cette sortie de crise semble se passer assez correctement, malgré un réel et solide contentieux post-électoral, après une campagne électorale tumultueuse, violente et meurtrière à certains égards.

Si certains se satisfont de la victoire de Félix Tshisekedi, saluent la défaite du clan Kabila et cette première alternance « démocratique » obtenue par les urnes dans ce pays, d’autres comme l’Eglise du Congo, certains bailleurs de fonds et des observateurs de la société civile émettent un grand doute sur la victoire de Tshisekedi Junior.

Une bonne parte de la population congolaise, avec à sa tête Martin Fayulu, l’autre poids lourd de l’opposition arrivé second, derrière le vainqueur et avant le candidat du pouvoir s’inscrivent en faux contre ce verdict prononcé par les instances officielles de leur pays.

En fait, ce qui est en train de se produire au Congo depuis 2016 laisse apparaître une réelle connivence entre le clan Kabila qui a mis le pays sous sa coupe réglée et le groupe de Tshisekedi, de Vital Caméré pour un véritable partage du pouvoir et des immenses richesses minières de ce pays.

Le clan Kabila, qui a instauré un véritable banditisme d’Etat depuis son avènement, gère ce pays à la façon d’une mafia politico-affairiste où la presque totalité de tous les leaders politiques congolais de la majorité actuelle comme de l’opposition, ont eu à un moment ou à un autre, à faire partie de la bande des spoliateurs qui s’en mettent plein les poches au détriment des populations et du pays.

Toutes les ruptures et toutes les alliances politiques se nouent et se dénouent autour du partage du « gâteau » des richesses de ce pays.

Le clan Kabila qui s’est immensément enrichi et qui contrôle l’appareil sécuritaire et le système économique du Congo n’est pas le seul à être coupable : Vital Caméré, Jean Claude Bemba, Moïse Katumbi et autres sont tous aussi coupables de vol, de rapine et d’accaparement sur les richesses naturelles et même si aujourd’hui, Bemba et Katumbi qui se cachent derrière Martin Fayuru, comme Vital Caméré l’a fait derrière Félix Tshisekedi, n’ont pas les mains propres. Ils ne sont pas moins coupables des mêmes crimes économiques que les gangsters et bandits du clan Kabila.

Ce qui se passe au Congo est assez illustratif de la tragédie que vivent de nombreux pays africains où les élites politiques et économiques ne sont que des comparses et des représentants de commerce entretenus par le grand Capitalisme international.

L’histoire contemporaine du Congo nous enseigne bien que le drame et la tragédie ont ensanglanté son évolution. De Moïse Tchombé avec sa sécession du Katanga à Moïse Katumbi, aujourd’hui, il y a eu le patriotisme incarné par Patrice Lumumba jusqu’à sa fin tragique ainsi que le populisme aventureux de Mobutu Sesse Seko avec son authenticité qui avait fait resurgir l’Etat du Zaïre et tous deux avaient pu maintenir et faire tenir debout ce grand pays de plus de 2.000.000 Km2 évitant sa balkanisation et mettant fin aux luttes tribales et aux guerres ethniques entretenues sournoisement par la Belgique.

Le comportement de la classe politique actuelle au Congo est à l’image dans une moindre mesure de ce qui se passe au Togo, en Mauritanie, au Sud Soudan, au Zimbabwe et en Algérie.

C’est le cercle infernal du chaos et de la descente aux enfers qui, grâce à ces « marionnettes africaines », permet à des puissances étrangères de continuer à asseoir leur domination sur l’Afrique et spolier ses richesses.

Il n’y a pas une alternance démocratique au Congo. On n’y a juste jeter du lest… pour que les choses continuent comme avant.

Abdoulaye Bamba DIALLO

2 pensées sur “EDITORIAL : Banditisme d’Etat et gangstérisme politique

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