EDITORIAL : <b>Docteur Ousmane et Mister Sonko</b>

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Ousmane Sonko, le leader de Pastef, tient quelque chose de Abdoulaye Wade des années de braise du Sopi. Il ne voit le monde que par rapport à ses intérêts du moment. Ce qui, il faut bien l’admettre, peut s’avérer être d’un certain avantage en politique. Cette posture autorise à son auteur de grands écarts pouvant même aller jusqu’à des attitudes contradictoires quelquefois, mais a la caractéristique de faire toujours apparaître son auteur comme un leader.

Cela a bien réussi, d’ailleurs, au Pape du Sopi, qui, après 26 années dans cette position de politicien qui attaque, frappe et cogne ses adversaires, a finI par devenir l’opposant N°1 à Abdou Diouf et au PS, le premier bénéficiaire de l’alternance en l’an 2000. 

Le leader de Pastef est-il, donc, le niombor des temps actuels ?

Il a tracé une voie, s’est fait une place et s’est donné une identité dans le marigot politique national où les ego ont toujours empoisonné les rapports entre ses égaux, chefs de parti dans le combat. Il vient d’administrer une nouvelle preuve de son combat politique avec le scandale foncier de 94 milliards qu’il dénonce contre l’ancien Directeur des Domaines, Mamour Diallo.

Bien que député à l’Assemblée Nationale, Sonko refuse l’audit de la commission parlementaire et porte l’affaire sur le plan judiciaire. Il brocarde le régime de Macky Sall en accusant ce dernier et ses partisans de l’Apr de tenter de le museler avec cette commission parlementaire et se présente en victime expiatoire. Une tactique qui rappelle étrangement certaines attitudes de Me Wade à chaque fois qu’il se sentait dans une mauvaise posture sous le magistère de Abdou Diouf entre les années 1980 et 2000.

Le leader de Pastef a-t-il la maestria du leader du Sopi pour sortir vainqueur de son actuel bras de fer contre le régime de Macky Sall ?

Etrangement, il ne semble bénéficier d’aucun soutien du côté de l’opposition dans cette affaire…

Six mois après les élections présidentielles et quatre mois après l’ouverture d’un dialogue politique, la libération de Khalifa Sall et le dégel des rapports entre le Président Sall et son prédécesseur Abdoulaye Wade, peigne une nouvelle géographie de la scène politique. Manifestement, on semble s’acheminer vers une configuration nouvelle avec une redistribution des cartes et des alliances.. Ousmane Sonko qui a été le plus en vue dans le combat contre Macky Sall depuis plus d’une année, paraît être celui qui risque d’en faire le plus les frais.

Son score et son rang à la présidentielle de 2019 tenaient dans une certaine mesure en l’absence d’un candidat officiel du PDS et à la non participation de quelqu’un comme Khalifa Sall.

Sa position de 3e larron derrière Idrissa Seck arrivé second, semblait l’avoir installé sur une base de lancement face au rivaux de sa génération ainsi que parmi les rescapés des partis traditionnels.

La perspective de 2024 est donc radicalement différente de la dynamique de 2019 où c’était tous contre Macky. Sonko est devenu à son tour une cible à abattre autant pour l’opposition que pour les prétendants de la majorité à l’héritage de Macky Sall.

Abdoulaye Bamba DIALLO

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