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Editorial : <b>Un pays devenu à gros enjeux</b>

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L’appétit vient en mangeant, dit-on. Tous les Sénégalais devraient, donc, se satisfaire du fait que leur pays soit devenu un espace à enjeux géophysiques, géostratégiques et donc stratégiquement et économiquement hyper intéressant mais cela ne va pas sans risques et conséquences.
Le pétrole et le gaz, en plus du phosphate, du fer, de l’or, du zircon, du marbre et l’accentuation du péril terroriste dans la zone sahélienne sont venus augmenter le poids et l’importance de notre pays sur le continent.

Ni la taille, ni la démographie, encore moins ses produits d’exportation comme l’arachide, la noix de cajou, les richesses halieutiques, etc. ou le tourisme n’avaient pu faire à ce jour du Sénégal un poids lourd et encore moins un géant en Afrique. Ce que la nouvelle posture de notre pays vient de nous apporter.

Cela n’est, donc, point étonnant que malgré nos 200.000 Km2 et nos 15 millions d’habitants, nous soyons devenus un enjeu attisant à la fois des convoitises et suscitant, donc, de sérieuses menaces de déstabilisation à l’intérieur comme de l’extérieur du pays.

L’affaire Pétrotim-Frank Timis et la cible hurlante qu’est l’omniprésent Aliou Sall, à la fois, homme d’affaires et homme politique ne sont qu’une première slave à haute intensité politico-financière qui pourrait en annoncer beaucoup d’autres dans le futur.

Les mêmes stratégies de conquête mais, surtout, d’accaparement et de mainmise des ressources des pays africains ont été utilisées et bien rodées ailleurs que chez nous pour ne pas donner les mêmes résultats si la tentation de l’accaparement et de l’enrichissement rapide ne sont pas refreinés avec intelligence et pragmatisme mais, surtout, par des postures patriotiques par toute la communauté nationale dans toutes ses composantes.

Le réveil identitaire, l’exaltation communautariste, l’affirmation régionaliste, le dogmatisme religieux et confrérique, l’ultra libéralisme économique vont être les chevaux de Troie du Grand Capital et de ses laquais et vassaux locaux tapis dans la politique, la Haute Administration, les forces sociales et religieuses pour favoriser le désordre et la mésentente nationale afin de faire main basse sur nos potentialités en saupoudrant, au passage, quelques miettes aux compradors locaux associés à ces opérations de pillage.

La recette a fait florès dans des pays comme le Congo Démocratique, l’Angola, le Nigéria, le Gabon, le Congo à tel point que des multinationales comme Total, Exxon Mobil, Shell, Rio Tinto, Glenncore ou BP se retrouvent tellement puissantes que les pouvoirs politiques de ces Etats sont devenus débiteurs de ces multinationales tellement ces dernières les ont enfermés dans une spirale d’endettement avec des acomptes et des prêts basés sur des royalties nanties sur leur richesses.

C’est un secret de polichinelle que des guerres civiles, des luttes entre différentes factions politiques et affrontements militaires lors d’événements électoraux qui perturbent l’Afrique au Sud du Sahara depuis les années 1960 ne sont que le fait de la main invisible du Grand Capital occidental facilité souvent par des politiciens locaux et hommes d’affaires cupides qui jouent le rôle d’agent de l’étranger sans vergogne et avec cynisme.

Ce qui s’observe au centre du Mali, au Nord du Burkina et dans une partie du Niger avec les expéditions meurtrières contre d’innocentes populations civiles est à prendre très au sérieux.

Ici et là, dans cette partie du Sahel, toutes ces tueries ont deux objectifs précis : susciter des affrontements entre différentes communautés identitaires comme entre Peuls et Dogons au Mali, ou religieuses comme entre Chrétiens et Musulmans au Burkina et au Niger qui sont souvent le lit à des guerres civiles, fratricides et meurtrières mais qui n’empêchent pas l’exploitation par les multinationales des gisements d’uranium ou de cobalt, par exemple. L’affaissement du Mali et la désintégration du Burkina et du Niger vont impacter forcément sur la stabilité sociale du Sénégal et de la Côte d’Ivoire.

L’Histoire nous enseigne que le pays qui a plus de convergence avec le Sénégal est le Mali. Ce n’est pas étonnant que l’éphémère fédération que notre pays a constitué au début de son accession à la souveraineté internationale se soit faite avec ce pays que l’on appelait, alors, Soudan Français.

Une ville comme Thiès, 2e ou 3e métropole du Sénégal est aussi réputée pour être une métropole malienne comme l’est celle de Montreuil en France affirmant tout comme l’est le quartier oulolofoubougou à Bamako, la communauté des destins de deux pays. Réciproquement, le Mali et le Sénégal sont des espaces vitaux l’un pour l’autre comme le sont, aussi, la Gambie, les deux Guinées et la Mauritanie. Il faut, donc, observer qu’une déstabilisation de notre pays pourrait bien advenir d’une descente aux enfers de ce pays voisin et frère. Sans compter que la Mauritanie, elle, aussi, fait face à des affirmations communautaires sur fond de compétition politique et qu’en Guinée les ambitions politiques de leaders comme Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo ont mis sur le pied de guerre les Malinkés alliés aux Soussous face au Peuls.

C’est, donc, tout notre espace vital qui exige de nous une plus grande vigilance et requiert la responsabilité individuelle et collective car les richesses du Congo, du Gabon ou de l’Angola ont plus enrichi des hommes politiques véreux et des hommes d’affaires cupides qu’amélioré la condition de vie des populations.

Abdoulaye Bamba DIALLO

PS : La désintégration du Burkina et du Niger fait peser les mêmes risques sur la Côte d’Ivoire. L’espace vital là-bas a toujours conduit les population burkinabés (anciennement voltaïques) à faire du pays de Houphouët Boigny leur seconde patrie depuis l’époque coloniale.
Là aussi, les rivalités entre le RDR, le FPI et le PDCI ont réveillé depuis fort longtemps le reflexe identitaire avec l’ivoirité et la nordisation.

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