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EDITORIAL : Des aveux révélateurs

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La campagne électorale a démarré bien avant le dépôt des listes de signatures au niveau du Conseil Constitutionnel par les candidats déclarés.

Toute l’année 2018, l’opposition a ferraillé sans interruption avec le Ministère de l’Intérieur à propos du fichier électoral, de la disponibilité des cartes d’électeur, alors que le Président Macky Sall, candidat de la majorité présidentielle, poursuivait inlassablement ses tournées économiques à l’intérieur du pays et procédait à la pose de première pierre de nouveaux projets ou l’inauguration de réalisations.

Toute la différence est là, et au final au mois de février prochain, tout risque de se jouer à partir de ces deux postures. L’opposition excelle dans la critique et la dénonciation tandis que le candidat de la majorité, lui, s’attèle à mettre en exergue des réalisations pour s’en servir comme un bilan.

Déjà, ces deux démarches tactiques révèlent une véritable opposition stratégique. Pour l’opposition qui, sous l’égide de Me Mame Adame Gueye, vient de mettre sur pied le « pose » (Plateforme Opérationnelle pour la Sécurisation des Elections) c’est le meilleur moyen de s’ouvrir les portes du second tour, avant de s’unir derrière le mieux classé parmi leurs candidats, pour faire face à celui de la majorité.

Une tactique que Me Madické Niang, un de ses candidats, considère comme l’arme fatale pour obtenir la défaite de Macky Sall, si cinq ou six candidats de l’opposition parviennent à obtenir entre 6% et 12% lors du premier tour.

Dans le camp adverse, la stratégie est radicalement différente. Macky Sall et ses partisans claironnent haut et fort que pour eux la victoire est pour le premier tour.

Ces deux états d’esprit totalement différents traduisent pour le camp de la majorité une grande confiance en leur capacité et en leurs troupes, aussi se donnent-ils les moyens pour atteindre cet objectif.

Par contre, la mise en place du « Pose » pour imposer un second tour, révèle une dose de pragmatisme de la part de l’opposition, à moins que ce ne soit un aveu d’absence d’offre politique crédible et alternative à celle de Macky Sall.

D’ailleurs, ce recours à un front unitaire de l’opposition, pour obtenir un second tour, est une reconnaissance de fait de la supériorité électorale du candidat Macky Sall. Aucun de ces candidats ne bénéficient actuellement d’un potentiel électoral pouvant le battre au premier tour ou à défaut, le contraindre au second tour.

Si l’on se réfère à la dernière présidentielle de 2012, Me Abdoulaye Wade, avec près de 32% au premier tour et 34% au second tour est l’homme politique qui affiche la plus forte strate électorale, car l’actuel Président et candidat à un second mandat Macky Sall n’avait obtenu que 26% au premier tour avec une première coalition intitulée « Macky2012 ».

Et l’on comprend mieux, d’ailleurs, pourquoi ce dernier s’adjoint les services de Ousmane Tanor Dieng du PS ainsi que de Moustapha Niasse de l’AFP pour aller à l’assaut de Février 2012.

Il compte plus sur l’appareil du PS, le parti le plus étendu sur l’ensemble du territoire national pour pallier aux insuffisances et au manque d’expérience de son parti l’APR et sur Moustapha Niasse, vieux briscard du Senghorisme et de la scène politique pour séduire les grandes notabilités civiles et religieuses du pays.

Le candidat Macky Sall, qui a fait ses classes politiques auprès de Me Abdoulaye Wade, sait pertinemment que la victoire électorale s’obtient grâce à une bonne maîtrise de la carte électorale, car depuis l’adoption du Code électoral consensuel dit « Kéba Mbaye », les manipulations électorales sont quasi impossibles.

Les alternances de 2000 et 2012 en sont une attestation éloquente. Elles ont vu deux Présidents de la Républiques en exercice et candidats à leur propre succession se faire congédier par le vote des électeurs.

Le débat ne devrait donc plus être à la dénonciation d’un virtuel hold up électoral ou d’une existence de fichier électoral piégé, mais plutôt à un combat sur le terrain pour convaincre et obtenir le suffrage des citoyens.

L’existence de plusieurs candidatures de l’opposition extraites des flancs du PDS, des Wadistes comme celle de l’ancien Premier Ministre Aguibou Soumaré, Me Madické Niang, Pape Diop, Aïda Mbodji, Boubacar Camara, ne vont qu’affaiblir la stratégie de l’opposition en faisant éclater la strate électorale de 34% que Me Wade a laissé en jachère depuis 2012.

C’est cela qui pourrait être l’arme secrète de Macky Sall contre ces pourfendeurs de l’opposition qui veulent le contraindre à un second tour fatal et abréger ses jours de Président du Sénégal.

Abdoulaye Bamba DIALLO