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Mahammad Boun Abdallah Dionne, le Premier Ministre, en conférence devant les cadres de Benno Bokko Yaakar, leur a réservé la primeur des délibérations du Conseil Constitutionnel sur le parrainage et les candidatures à la prochaine présidentielle et dans la foulée, a donné les résultats de la présidentielle de 2019 qui devrait voir Macky Sall sortir vainqueur au premier tour sans coup férir et haut la main.

 

Toujours sur ce même registre de la voyance politique, comme Selbé Ndom avec ses « visions » sur les grands combats de lutte, le Chef du gouvernement a révélé que des leaders de partis d’opposition vont faire l’objet de destitution au sein de leur formations politiques, car l’épreuve des signatures pour le parrainage va s’avérer être un handicap difficile et quasi infranchissable.

Ces propos d’un militant exalté et collaborateur zélé du Président Macky Sall, révèlent que l’Etat n’est pas encore dans une position de neutralité à l’endroit des partis politiques.

Le Premier Ministre tombe ainsi dans les mêmes travers que le Ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye, lui aussi militant de l’APR qui n’a jamais caché que son objectif principal demeure la réélection de leur Chef de parti au premier tour le 24 février prochain pour un second mandat à la tête du pays.

La gestion du pouvoir étatique permet à ceux qui sont préposés aux responsabilités de disposer des meilleures informations en temps réel surtout qu’il est reconnu et admis par tous que, par essence, la Police est toujours celle d’un Régime et que malgré l’énoncé de la séparation des pouvoirs, la Justice est toujours celle d’une classe.

Le propre d’un homme d’Etat, malgré l’ivresse des cimes, est de savoir faire preuve de retenue, de distance et surtout de ne pas céder aux positions partisanes et de se taire comme un tombeau sur des informations sensibles qualifiées souvent de « secrets d’Etat ».

Ce qui se joue en février 2019 est autant la conquête du fauteuil présidentiel que la capacité et la maîtrise à diriger le pays pendant les cinq années suivantes en faisant face aux vrais problèmes comme la poursuite des réformes inévitables sur le plan social et économique, la réforme en profondeur du système éducatif et de la formation, la satisfaction de la problématique de l’emploi qui se pose à un pays où plus de trois cent mille jeunes scolarisés ou non arrivent annuellement sur le marché de l’emploi, la lutte contre l’avancée du désert au Nord et à l’Est ainsi que l’érosion côtière à l’Ouest sans oublier la protection de la forêt au Sud.

Gagner la présidentielle devrait être une simple tournée des popotes pour Macky Sall d’après les « prophéties » de son Chef de gouvernement, mais ce n’est pas pour autant la garantie qu’il détient le programme qui va faire mieux que le « Yoonu Yokkute » et le PSE, première formule qui n’ont pas encore produit tous les résultats escomptés ni quelque chose d’exceptionnel.

Cela n’a pas permis pour le moment qu’à gargariser et à arrêter les dérives et les gaspillages des années Wade qui ont entretenu des mauvaises habitudes toujours vivaces dans les comportements de l’Administration, des opérateurs économiques et du corps social.

Il faut bien reconnaître que par ailleurs, aucune des offres de relève, de substitution ou d’alternance que délivrent ses concurrents de l’opposition pour prendre sa place lors de la présidentielle ne paraissent être plus pertinentes ou plus performantes.

Une colère sourde gronde au plus profond des entrailles de ce pays, car malgré l’ampleur des investissements économiques et des programmes sociaux incubés par le Régime de Macky Sall depuis 2012 et qui, actuellement, produit une croissance de plus de 7,2% par an, la morosité économique, la désindustrialisation, les pertes d’emplois n’arrivent pas à être contenues.

Les bourses familiales ou la CMU ne parviennent pas à cacher la réalité d’une pauvreté qui augmente car la création de richesses par l’agriculture, l’exploitation minière et l’érection de grands travaux si elles produisent des richesses, celles-ci vont pour l’essentiel au profit d’investisseurs internationaux.

Il vaudrait donc mieux s’atteler à bâtir un consensus autour d’un projet national économiquement performant capable de produire des richesses, seul garant de stabilité et de paix sociale surtout avec cette perspective d’exploitation des découvertes récentes de gaz et de pétrole.

Car la pauvreté ne se partage pas et la richesse sans justice sociale peut être le terreau de toutes les crises.

Abdoulaye Bamba DIALLO

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