EDITORIAL – Le doute n’est plus permis

Partager
  •   
  •   
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La guerre des socialistes n’aura pas lieu. Malgré sa libération après près de trois années de séjour à la prison de Reubess, Khalifa Sall ne semble pas être sorti du collimateur de Macky Sall. La nomination de Aminata Mbengue Ndiaye à la Présidence du HCCT, de Alioune Ndoye, le Maire de Plateau au Gouvernement et celle du Maire de Podor Aïssata Tall Sall comme envoyée spéciale du Chef de l’Etat sont plus le fait de manœuvres pour accélérer  l’isolement et l’affaiblissement de Khalifa Sall et sa faction que du poids politique des trois « cooptés » de Macky Sall.

La disparition d’Ousmane Tanor Dieng avait pu faire croire que l’ère du rapprochement et une paix des braves allaient s’ouvrir auprès des héritiers de Senghor et Diouf. Cette perspective semble s’éloigner.

En plus de lui avoir installé un bracelet électronique avec la suspension de ses droits civiques et politiques, le pouvoir actuel ne semble pas se satisfaire de laisser à l’ex maire de Dakar une possibilité de tisser à nouveau des alliances avec des cadrons du Parti Socialiste. Comme Idrissa Seck, Abdoul Mbaye ou Thierno Alassane Sall, Khalifa Sall est donc toujours dans le viseur de Macky Sall.

A la différence d’Abdoulaye Wade adepte de la politique-spectacle avec fortes déclarations et théâtralisations des ralliements et alliances, Macky Sall privilégie les actes de gouvernance. Il n’y a ni séisme, ni tempête, mais des orages sectoriels contenus lui permettant de manipuler les situations, de placer des pions tout en distribuant les rôles et les fonctions.

Son offre de dialogue politique a divisé  l’opposition et cassé sa dynamique unitaire. L’armistice récent qu’il a obtenu avec son prédécesseur lui a calmé (à défaut de le pacifier) ce front.

Son parti l’Apr ayant été mis sous hibernation depuis la présidentielle dernière, l’ingénieur poursuit sa stratégie. Oter toutes leurs chances pour le futur à tous les ténors politiques qui ont osé le défier ou qui ont voulu l’empêcher d’obtenir un second mandat.

Restore hope. L’Afrique de l’Ouest dans son ensemble est en pleine déstabilisation avec des attaques terroristes meurtrières et destructrices frappant le Mali, le Burkina, le Niger et le Nigeria. Néanmoins, tous les autres pays restent à la merci de ce même péril.

Les dirigeants de la Cedeao se sont retrouvés à Niamey au Niger au chevet de la Guinée-Bissau qui est au bord de l’abime à cause de sa classe dirigeante, mais aussi pour les urgences sécuritaires qui pèsent sur l’ensemble de la sous-région. Car si les pays de la bande saharo-sahélienne finissent par céder, les terroristes et leurs différents commanditaires en plus de faire de cette zone un sanctuaire, pourraient la transformer rapidement en base de repli pour attaquer les autres pays et leur faire subir le même sort. 

Quand le Président Ibrahima Boubacar Keïta du Mali dit que la sécurité est collective et qu’elle ne concerne pas seulement les pays agressés par les terroristes, les trafiquants et les bandes armées, cela n’est pas un appel au secours de son pays à l’endroit des autres pays de la sous-région.

Notre destin est commun et la sécurité ou l’inverse d’un pays de la sous-région a des répercussions immédiates sur tous les autres en commençant par ses voisins les plus proches.

La formule d’IBK qualifiant le Sénégal de Mali de l’Ouest et du Mali comme étant le Sénégal de l’Est est d’une lucidité absolue. L’espace vital nous est commun et Cheikh Anta Diop soutenait déjà que la sécurité précède le développement. Il n’y a qu’à voir la décision actuelle du Nigeria de fermer ses frontières avec ses voisins pour comprendre que l’économie est déjà mise en mal dans ce pays-lead mettant ainsi en mal les idéaux, les principes et les règles de la Cedeao.

Tout cela à cause du cancer du terrorisme.

Abdoulaye Bamba DIALLO

%d blogueurs aiment cette page :