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EDITORIAL : Le guet-apens du terrorisme

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Le terrorisme est un cancer, mais il n’est pas seulement violent, armé et militaire. Il peut revêtir plusieurs aspects et se manifeste sous différentes formes. Les attentats lâches et meurtriers contre d’innocentes populations civiles et les forces de défense et de sécurité ne sont pas ses seules manifestations. L’analphabétisme, l’absence d’éducation ainsi qu’une mauvaise ou une absence de politique de santé publique efficace sont aussi des formes hideuses de ce nouveau mal du siècle.

L’Ecole est en crise au Sénégal depuis bien longtemps et la démission collective de tous les acteurs du secteur de l’Education et de la Formation paraît l’avoir installée dans un inexorable déclin. Cette crise est profonde et opère comme un cancer et ses premières manifestations datent  depuis la fin des années 1970 avec l’apparition des premières politiques d’ajustement structurel. L’Etat, les syndicats, le corps enseignant, les parents d’élèves ont opté pour une fuite en avant avec des réformettes par ci, des aménagements par là, là où il faudrait oser des réformes en profondeur ou une rupture chirurgicale pour bâtir une nouvelle  forme d’éducation et de formation qui cesse de faire de l’école une fabrique à chômeurs.

 L’Etat, depuis la présidence de Me Abdoulaye Wade se gargarise d’avoir résorbé une grande part des déficits  en infrastructures en plus d’une revalorisation des conditions salariales des enseignants. Les enseignants et les syndicalistes, eux, réclament un traitement encore meilleur de leur condition de travail en indexant l’inflation et le coût de la vie tout en dénonçant une discrimination à leur endroit comparativement à d’autres corps de fonctionnaires comme ceux de la magistrature ou des régies financières. Les parents d’élèves et la société civile se contentent, eux, de jouer les arbitres ou  l’observateur.

Le résultat est que la rentrée de cette année est déjà perturbée et annonce une année académique heurtée toujours au détriment des élèves et étudiants car, les syndicalistes maintiennent la tension et l’Etat, la fuite en avant.

L’intelligence artificielle, les nouvelles technologies de l’Information ont déjà changé radicalement la face du monde depuis plus d’un quart de siècle et à l’horizon 2030.-2050, la qualité de la formation (contenu, format et déclinaison) par l’éducation nationale de tout pays devrait lui permettre de conforter son existence sur l’échiquier de la planète. D’être dans le cercle de ceux qui comptent ou pire de ceux qui sont largués et qui subissent la domination des autres. Il urge, donc, de faire de l’Education et de l’Economie Numérique, une sur-priorité, car il y va de la survie de notre pays. Le choix entre rupture et révolution ou statu-quo et déclin inexorable.

Le piège pourrait s’être refermé sur les pays du Sahel, car manifestement la neutralisation de Daesh en Syrie et en Irak par les forces armées occidentales a attisé l’activité terroriste dans cette zone. Comme si un couloir avait été ouvert et a servi de passage pour transférer les foyers de tension au Sahel. Un transfert de terrains d’opération du Moyen-Orient au Sahel et qui a installé une recrudescence et une spirale terroriste en passe d’étouffer le Mali, le Burkina et tout le Sahel, malgré la présence des forces armées françaises, des contingents de l’Onu et des troupes du G5 Sahel.

L’exode des réfugiés du Moyen et du Proche-Orient (D’Afghanistan en Syrie) a déréglé le cours politique et social de tous les pays européens du bassin de la Méditerranée. Le déplacement du centre de gravité terroriste de la Syrie au Sahel apparaît, donc, comme une stratégie pour faire baisser la pression qui pèse sur l’Europe et que la montée de la xénophobie et du populisme effraie ses dirigeants politiques actuels.

La posture du Président turc Erdogan doit faire réfléchir les dirigeants africains. C’est parce qu’il refuse d’être le verrou des Européens que ces derniers jouent cartes sur table avec lui. Si les dirigeants ouest-africains refusent de faire preuve de solidarité avec le Mali et le Burkina, c’est toute la sous-région qui va vivre la même déstructuration que l’Afghanistan, l’Irak et la Syrie.

Abdoulaye Bamba DIALLO

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