EDITORIAL – Non M. le Président, Le Devoir et la Nécessité

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Le Président Emmanuel Macron a manqué de tact et de diplomatie en demandant aux dirigeants des cinq pays du G5 du Sahel de venir le rencontrer à Pau en France pour une réunion de clarification sur la présence des forces armées françaises dans leur pays. Certes, la situation sociale et politique en France met le Président Macron sous forte pression et à l’allure où les forces sociales de son pays s’opposent à ses réformes économiques, son avenir politique est intenable.

Ce n’est pas pour autant une raison pour déverser son irritation ou son agacement sur des partenaires et alliés avec lesquels la France a scellé des accords de défense. Les militaires de la force Barkhane déployés tout le long du Sahel opèrent sur le terrain aux côtés des armées des pays du G5 sur la base des accords de défense liant ces pays à la France. Les autorités politiques de ces pays ont sollicité l’aide et l’appui de la France et celle-ci y a répondu en toute souveraineté.

Il n’y a donc aucun besoin à déférer à Pau pour y clarifier une position qui est claire, nette et précise. Tout le contraire d’une attitude clair-obscur floue ou ambigüe. Et, il est bien mal venu que déjà sous la pression d’une  partie de leur classe politique et de leur opinion publique, que les présidents des pays du G5 subissent encore cette injonction française qui ne fait que les fragiliser davantage aux yeux de l’opinion publique de leurs pays en les faisant passer pour des vassaux ou des laquais de la France.

Du côté des pays africains du Sahel, l’opinion publique doit aussi se pénétrer d’une chose, la France n’envoie pas ses soldats sur le terrain des opérations au Sahel pour y effectuer une guerre à notre place. La guerre contre les terroristes, les djihadistes, les trafiquants, les contrebandiers et les bandes armées est du ressort de nos forces de défense et de sécurité, mais aussi, de nos populations. Les militaires français ne viennent qu’en appoint. Il ne faudrait pas se tromper sur la réalité d’une situation qui veut que notre sécurité ne saurait être sous-traitée ou déléguée. Cette position consistant à se dresser contre la présence des militaires français pour leur refus de combattre sérieusement les agresseurs venus du désert car ayant les moyens et les équipements pour le faire, est un aveu de dépit traduisant une impuissance et une démission de nos responsabilités. Et ensuite, vouloir que l’armée française se substitue à nos forces armées, c’est considérer ces vaillants combattants français comme de vulgaires mercenaires, ce qu’ils ne sont pas. Françaises ou Africaines, toutes les armées nationales sont des armées de métier.

Il faudrait donc que tout le monde sache raison garder et ne céder ni à l’émotion, ni à la passion encore moins au dépit.

Au Mali, l’existence d’un véritable sentiment national explique pour beaucoup cette fierté à fleur de peau frisant même un orgueil suicidaire d’une partie de l’opinion qui ne peut comprendre et accepter qu’une partie du territoire national, le cas de Menaka, échappe à l’autorité du pouvoir central avec la disparition de tous les attributs de l’Etat et de l’Administration. De même, qu’une partie de l’opinion et de la classe politique exprime son courroux et son exaspération contre le régime du Président IBK accusé de mal gouvernance et de faute de gestion est tout à fait normal car étant en démocratie. Marine Le Pen et le RN adoptent pareille attitude en France. 

La France et les pays africains ont une histoire commune. De la colonisation aux indépendances en passant par l’esclavage, celle-ci a scellé nos destins. Le devoir d’inventaire oblige à faire le tri et à dépasser les rancœurs  et les passions. Des Africains ont contribué à la défense de la France lors de la première Guerre Mondiale et à sa libération lors de la seconde Guerre Mondiale.  De vassaux, nous sommes devenus égaux. Il faudrait donc poursuivre ces relations d’égalité, de fraternité et défendre ensemble nos libertés.

En septembre 1938, le français Daladier, le britannique Chamberlain et l’italien Mussolini se sont précipités à Munich pour implorer Hitler d’épargner la guerre à leurs pays, Winston Churchill a eu ses mots historiques « vous avez accepté la honte pour éviter la guerre. Vous aurez les deux ».

L’Histoire est à l’avantage des Présidents Keïta du Mali, Kaboré du Burkina, Issoufou du Niger et Déby du Tchad car jusqu’à présent, ils se sont montrés à leurs avantages dans la défense des intérêts de leur position et de la souveraineté de leurs pays. Avec les moyens dont ils disposent, la situation à laquelle ils font face et les situations qu’ils sont obligés de subir ou d’affronter, ils ont réussi à nouer des alliances nécessaires et éviter l’effondrement de leurs pays et les guerres communautaires et régionalistes.

Verdict politique. Le tribunal de Louga a fini par infliger des peines d’avertissement sous forme de sursis aux tortionnaires des enfants talibés de Louga. Cette sentence qui ne paraît pas être à la mesure des délits commis par le maître coranique, les parents incriminés et le forgeron mis en accusation est le résultat de l’immixtion des politiciens et des religieux dans ce dossier.

Il nous faut respecter l’autorité de la chose jugée même si elle nous laisse un arrière goût d’inachevé  et de profonde injustice à l’endroit de l’enfance au Sénégal.

Maintenant que ce verdict tente de faire prévaloir la raison sur la passion, il serait heureux que tous les acteurs concernés en soient conscients et que les moeurs rétrogrades soient abandonnées et disparaissent à jamais dans tous les espaces d’éducation et de formation.

Si l’enfant ne saurait être roi comme le vitupèrent certains passéistes et conservateurs, il ne saurait, aussi, être martyr ou bagnard tout simplement parce qu’il a une forte personnalité ou qu’il est un adolescent agité et turbulent.

Le daara est une excellente école de formation et d’éducation et personne ne demande ou n’exige sa suppression. Il y a seulement que l’éducation n’est pas une punition encore moins une sanction privative de liberté même provisoire.

ABD

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