Histoire du Sénégal :  »Allou Kagne »

Partager
  •   
  •   
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Kagne Faye, de son vrai nom, Biram est né vers 1818 dans le Njess situé présentement entre l’actuel Lycée Malick sy et l’entrée de Thies venant de Dakar, rebaptisé Thiès None.

Comme à l’accoutumée, sa naissance fut présentée comme un prodige parce que son père revenant de la chasse le trouva assis sur le lit alors que sa maman s’était absentée un moment. On raconte aussi qu’il s’était battu avec une panthère dans sa jeunesse et l’avait tuée avant de s’emparer de sa queue.

Il grandit donc respecté et craint parce qu’il était un grand guerrier qui faisait preuve de courage dans les duels et bagarres de villages.

La réalité est qu’il fut un chef de guerre qui s’opposa à la pénétration et à l’occupation du Cangin par le colon. Dans les années 1860, avec la construction de forts le long de la route de Saint-Louis à Rufisque entre Potou, Lompoul, Mboro et Mbijeem et la rumeur du retour de l’esclavage, une réunion fut tenue par les ressortissants de l’axe Togoul-Pout-Njess pour organiser la défense de leurs territoires.

En fait, ce n’était pas le but du colon qui ouvrait une route commerciale aux produits de l’hinterland comme la gomme, le cuir et divers produits agricoles pour le comptoir de Rufisque.

Il y eut un premier soulèvement en 1860 des populations qui fut matée par le colon. Ce qui fit entrer Kagne dans la clandestinité avec sa bande. Il commença à attaquer les convois commerciaux conduits par les Laobés pour le compte des commerçants Wolofs et aux porteurs. Kagne occupait l’espace compris entre Pout et Njess constitués de massifs vallonnés sur les 16 kms entre les deux localités. Dakhar Laobés qui correspond au périmètre du tamarinier géant où les caravaniers faisaient halte après celle de pout distante de 7 kms, près du « Baobab couché » distant de 400 m du village et 4 kms du fort de Jinaak, qui était l’axe des agressions.

C’est ce territoire qui fut appelé Allou Kagne

Kagne Faye devint donc la figure de prou de la lutte contre le colon. Il participa à toutes les batailles contre les troupes coloniales et ne fut jamais pris. L’expression qui lui fut attribuée fut en s’adressant aux porteurs de marchandises avant de les agresser, de leur dire de descendre de la route parce qu’elle était fatiguée « Yonn wi sonneu na ».

Si Kagne fut présenté dans l’imagerie populaire comme un bandit de grand chemin, la réalité est qu’il fut un défenseur de son peuple et de ses terres. Qu’il fut aussi un grand guerrier stratège dont les techniques d’embuscades sont apprises à l’école Nationale des Officiers d’active de Thiès (ENOA).

Le nom de la ville de Thiès proviendrait de Njess, son village natal.
Biram Faye est mort approximativement en 1869.

Ndao Babou

%d blogueurs aiment cette page :