Ibrahima Séne : Pourquoi la disparition du FCFA est irréversible 

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Ma réponse à l’interpellation de mon camarade Idrissa Sylla sur l’attitude de nos adversaires face aux évolutions récentes dans la lutte de nos peuples pour sortir de CFA dans le cadre de l’ECO qui va être la monnaie commune des pays membres de la CEDEAO.

Il est vrai que beaucoup de nos agitateurs professionnels contre le FR CFA sont pris de court par la tournure des événements qui a porté au-devant de la scène, des Chefs d’Etat qu’ils considéraient jusque -là incapables de sortir nos pays de la Zone Franc, puisqu’ils les ont toujours considérés comme des vassaux de la France !

Ils se mettent alors, qui à cultiver le doute sur la " faisabilité de l’ECO", qui, à se prononcer une " sortie individuelle", et les plus futés disent que, sans " intégration politique", l’ECO n’aura aucun avenir !

Ces derniers oublient tout bonnement que l’intégration politique devient une exigence sociale, dès que l’intégration économique est effective.

Et c’est effectivement pour que cette intégration économique soit effective, les pays de la CEDEAO dont l’UEMOA, sont aujourd’hui appelé à compléter leur intégration douanière par une intégration monétaire,

C’est en cela que consiste toute la pertinence de leur option pour l’ECO.

Mais tous ces gens ne peuvent pas accepter que leurs discours articulés contre nos Chefs d’Etat sur cette question, n’ont plus aucun sens.

Et faute d’avoir d’autres exécutoires, ils se refusent de voir l’évidence, que la seule bataille qui mérite maintenant d’être menée sur cette question, c’est celle de la mobilisation de nos forces vives derrière nos Chefs d’Etat, pour l’avènement de l’ECO le 1er Juillet 2020, en ouvrant dès maintenant des négociations avec la France pour le transfert de nos réserves du Compte d’Opération du Trésor public Français, à la BCEAO, suivi du retrait total de ses cadres de tous les organes de gestion de notre monnaie.

C’est à cette conclusion à laquelle j’étais arrivé dans un de mes posts publié ici, bien avant, la sortie heureuse du Président Talon du BENIN, qui a mis les autorités françaises dans tous leurs états.

Toutes les autres gesticulations ne sont que pure" diversion", ou complicité manifeste dans la " défense des manœuvres" de la France pour empêcher ces changements historiquement venus à maturité.

Mais dans la perspective du 1er juillet 2020, il faudrait éviter de créer un climat de panique, pouvant déboucher sur une fuite massive de CFA, avant que les Chefs d’Etat ne prennent avec la BCEAO, les mesures techniques appropriées, dont a parlé le Président Talon, pour minimiser l’impact de cette fuite sur nos Economies.

A cet égard, nous ne devons pas oublier la fuite massive de CFA dans la deuxième moitié de 1993, devant les perspectives de dévaluation intervenue le 1er janvier 1994.

Aujourd’hui, pour déclencher cette fuite, il suffit que le Président Macky Sall, ou le Président Alassane Ouattara, représentant les deux poids lourds de l’UEMOA, reprenne ouvertement le discours du Président du BENIN.

C’est pour cela que, s’ils sont directement interpellés sur cette question, ils ne peuvent faire que dans la "nuance", le temps que les " aspects techniques" dont a parlé le Président Talon soient traités de manière appropriée.

Mais l’essentiel réside dans leur résolution commune de faire de l’ECO leur monnaie dès le 1er juillet 2020 !

Le 1er Juillet 2020 est donc, pour nos peuples, l’exacte réplique historique du 28 Septembre 1958.

Dans chacun de ces cas, nos peuples sont appelés à redéfinir nos rapports avec la France.

Dans le premier cas, il s’agit de dire " OUI, à l’ECO" pour sortir des accords monétaires qui nous lient avec la France, tandis que dans le second cas, il s’agissait de dire " NON à la " Communauté Française", pour sortir du système colonial Français.

Aujourd’hui, l’enjeu historique pour nos peuples des pays de l’UEMOA, c’est de nous libérer, dès le 1er juillet 2020, de l’esclavage monétaire dans lequel la France nous soumet jusqu’ici !

Nos peuples ont déjà raté le 28 Septembre 1958, il ne faudrait donc pas, par des calculs bassement politiciens, qu’on lui fasse rater son rendez-vous avec l’Histoire, ce 1er juillet 2020.

Les pan- africanistes de tout bord sont interpellés !

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL

Fait à Bamako le 13 Novembre 2019

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