MGR PAUL ABEL MAMBA APPELLE AU RETOUR A LA PAIX ET A LA RECONCILIATION

L’Evêque de Ziguinchor invite les gouvernants à «bien gérer les ressources du pays pour ne pas amener les populations à se soulever les uns contre les autres

La recrudescence de la violence notée en Casamance, avec des braquages sur les routes, suite à la tuerie de Boffa-Bayottes, loin d’être des actes isolés, est liée à la gestion des ressources naturelles. L’Evêque de Ziguinchor, Monseigneur Paul Abel Mamba en est convaincu. C’est pourquoi, dans son message de Pâques, tout en appelant les uns et les autres au dialogue et à prendre au sérieux ces menaces, il invite les gouvernants à «bien gérer les ressources du pays pour ne pas amener les populations à se soulever les uns contre les autres.» Non sans attirer l’attention sur le fait l’on semble reculer dans la recherche de la paix en Casamance.

«Nous avons l’impression que nous reculons puisque jusque-là il y avait une accalmie appréciable qui favorisait le dialogue pour aller vers la paix…», c’est le constat fait par l’Evêque de Ziguinchor, Monseigneur Paul Abel Mamba, qui cé- lébrait la messe de Pâques à la cathédrale de Ziguinchor.

En effet, la recrudescence de la violence, depuis les évènements de Boff, inquiète le chef de l’Eglise Catholique de Ziguinchor qui estime qu’il faut redoubler d’ardeur dans la prière pour demander ce don de la paix au niveau de la région. Car, dira-til, «il y avait tous les prémices de la paix qui, malheureusement, risquent de nous échapper si nous ne conjuguons pas nos efforts de part et d’autre».

Privilégier le dialogue, c’est la conviction du Prélat à Ziguinchor qui étaye sa thèse à travers ces arguments: «il faut privilégier le dialogue parce que la violence n’a jamais réglé quoi que ce soit. Nous avons vu, toutes les armées les plus puissantes du monde n’ont jamais réussi à imposer la paix par les armes. C’est seulement par le dialogue et en s’écoutant de part et d’autre qu’on fait des compromis», martèle le chef de l’Eglise Catholique à Ziguinchor qui trace la voie qui mène par la paix. «C’est cette voie qu’il faut emprunter, en renonçant à vouloir coûte que coûte une victoire par les armes. Alors, nous prions les uns, les autres à mettre de la mesure dans tout ce que nous avons à faire pour privilégier le dialogue et la concertation».

Inquiet, l’Evêque de Ziguinchor l’est, lui qui balaie d’un revers de main toute idée d’actes isolés agitée pour expliquer le regain de violence. «Je ne crois pas que ce soit des actes isolés parce que les raisons qui ont conduit à la recrudescence, c’est les biens de notre pays qui sont donnés à notre population. Que des personnes venues d’ailleurs munies de permis viennent couper ce que d’autres ont travaillé, je pense que c’est inacceptable. Je pense qu’il faut bien gérer les ressources du pays pour ne pas amener les populations à se soulever les uns contre les autres. Il en est de même pour les ressources halieutiques», regrette-t-il.

Avant d’exhorter l’Etat à jouer son rôle de régulateur pour l’instauration de la paix en Casamance. Sur les avancées du processus de paix en Casamance, l’Evêque de Ziguinchor reste optimiste tout en estimant que c’est en dialoguant, en cherchant la meilleure voie pour aboutir à la paix définitive qui pourrait être ralenti par des promesses non tenues.

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