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Guerre froide… sur la Corniche Ouest

Sur  la corniche Ouest, près de l’Olympique club, s’érige l’Espace de Création Cheikh Ibrahima Fall, (ECCIF). Facilement reconnaissable de par les œuvres artistiques et artisanales exposées en bordure de route, l’espace de création baigne  depuis un certain temps dans un environnement conflictuel. Né d’une association du même nom, fondé par l’actuel conservateur, le « baye fall » Ndiaye Diagne, la gouvernance au sein d’ECCIF est aujourd’hui sujette à controverse. L’autorité du « baye fall » et conservateur des lieux est remise en question par un collectif d’artistes et d’artisans ne cautionnant plus sa gestion  qu’ils soupçonnent de nébulosité.

 

Situé à la corniche ouest près du tennis olympique, l’Espace de Création Cheikh Ibrahima Fall, (ECCIF), est créé en 2003 suite au recasement des artistes et artisans qui occupaient l’espace où siège l’actuel centre socioculturel du Point E, en Zone B. Avec environ 38 ateliers, 05 boutiques d’art et 02 espaces restaurants, l’ECCIF est aujourd’hui sujet à contestation relative à sa gestion. Le Centre qui porte le même nom que l’association qui l’a crée, est sous la direction d’un comité centrale à majorité «baye fall» dans laquelle sont prises toutes les décisions ayant trait à sa gestion. Mais, une fracture s’est opérée au sein de l’espace de création dirigée par un groupe d’artistes et d’artisans ne partageant plus la vision de l’actuel conservateur Ndiaye Diagne, leader des «baye fall».

Le groupe des frondeurs, composé de Pape Abdoul Sam, Oumar Pouye, Amadou Ba, et James est regroupé  dans le Collectif des Artisans pour le Renouveau. En quête d’une gestion plus transparente du centre, les frondeurs contestent la légitimité de Ndiaye Diagne qu’ils considèrent comme un «pseudo conservateur» qui s’est autoproclamé conservateur de l’espace au mépris de tous.

A en croire Pape Abdoul Sam, céramiste et coordonnateur du Collectif des artisans pour le renouveau, le site était occupé en 2003 par 4 sculpteurs, un soudeur et ses employés. A cette époque, il n’y avait que des abris provisoires. Mais, Ndiaye Diagne serait venu les trouver avec 3 artisans qui ont voulu l’accompagner après leur déguerpissement du point E. L’espace une fois développé, Ndiaye s’est improvisé conservateur légitime. Montrant le peu d’estime qu’il porte à l’égard de Ndiaye Diagne, le céramiste ajoute : «Cet homme est d’une mauvaise moralité. Il revendique cette zone comme lui appartenant. Nous comptons saisir le ministère de l’Artisanat, à travers son directeur Mactar Diakhaté, pour qu’il saisisse cette zone et le titre au nom du patrimoine artistique de Sénégal et enfin nous l’attribuer ».

Une position que récuse Ndiaye Diagne, le conservateur de l’espace de création. De son point de vue, ses détracteurs veulent le destituer de sa fonction de conservateur du centre et en prendre la gestion, quitte à raconter des insanités à son égard. «Mes détracteurs racontent des choses qu’ils ne maîtrisent pas. Ce qu’ils veulent c’est former une autre organisation au sein de notre association dont j’ai porté le combat pendant 20 ans pour qu’elle puisse enfin voir le jour», explique-t-il. Pour lui, le leader des fondeurs Pape Abdoul Sam voulait qu’on lui confie la trésorerie. Mais se heurtant à un refus, ce dernier commence à se rebeller en créant la discorde au sein de l’espace de création. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a été décidé de confier la trésorerie à un «Baye Fall » Ibrahima Cissokho, perçu comme un jeune humble et intègre, a expliqué Ndiaye Diagne.

De plus, selon le conservateur, ECCIF est né bien avant leur recasement sur la corniche. « Mon ambition est de laisser ma marque dans ce pays. Comme un bon disciple de Cheikh Ibrahima Fall, nous croyons au culte du travail. J’ai eu l’idée de rassembler les ‘‘baye fall’’ qui mendient dans les rues de Dakar, mais également les jeunes qui trainent dans les quartiers. Nous les formons afin qu’ils aient un métier et qu’ils puissent subvenir aux besoins de leurs familles ; d’où la raison de la création de mon association qui a donné naissance à l’Espace de Création Cheikh Ibrahima Fall», ajoute-t-il.

Les frondeurs membres du collectif des artistes et artisans pour le renouveau, reprochent au conservateur Ndiaye Diagne le fait qu’il veuille faire du centre «une affaire de Baye Fall» dans laquelle le «Dieuwrigne» a autorité sur toutes les questions, sans l’obligation de rendre compte, ni d’être remplacé par un non «Baye Fall». Or, un grand nombre d’artistes et d’artisans ne sont pas «Baye Fall», d’autres ne sont même pas musulmans. Ce qui pousse les frondeurs à dénoncer le manque de démocratie et de transparence dans la gestion de l’espace de création et donc luttent pour la «révolution».

Mais en vérité, la position  du conservateur est claire sur ce point. Ndiaye Diagne estime avoir clairement ficelé son projet, à l’origine pour les ‘’Baye Fall’’ d’où l’appellation « Espace de création cheikh Ibrahima Fall » en hommage à leur guide religieux. «J’ai à ma possession le récépissé de notre association matriculée No 10401 /MINT/DAGAT/DEL/AS, datant du 25 aout 2000. Ce qui montre clairement que l’association que je dirige est dans la légalité », s’est-il défendu, pièce à l’appui.

L’entrée en scène de l’institut Goethe

En 2009 un partenariat avec l’Institut Van Goethe a permis à l’ECCIF de bénéficier de la construction d’une case en terre cuite  située au centre de l’espace avec tous les équipements qui sied, pour faciliter la formation des jeunes artisans.  De plus, «la case offerte par Goethe  devait servir aussi d’espace pour l’exposition des œuvres des artistes et artisans », rapporte Oumar Pouye, sculpteur. L’inauguration de l’édifice a été faite par l’ambassadeur allemand en personne en 2011, précise-t-il.

« L’Institut Goethe voulait nous former avec les nouveaux équipements qu’ils nous ont attribués. Un de leurs techniciens était même dépêché pour la formation. Mais le projet a été annulé à cause du mauvais comportement du conservateur qui a fermé la case et vendu les équipements qui nous étaient attribués », explique Abdoul Sam, le chef de file des frondeurs. Cependant, Ndiaye Diagne, le conservateur contesté, explique que la case est construite et équipée par l’Institut Goethe. Selon lui, le contrat de partenariat faisait état d’un prêt d’équipements. Ce qui donnait  droit à l’Institut Goethe de reprendre certains matériels en cas de besoin. Il justifie ses arguments par un document en bonne et due forme, énumérant les clauses dudit contrat et un autre sur lequel est écrit à main levée : « l’Institut Goethe a récupéré le groupe électrogène, la visseuse perceuse, la scie sauteuse à des fins personnels, le 21 février 2012».  Au finish, c’est arguments contre arguments, preuves contre preuves.

Contacté par nos soins, l’institut Goethe en question a révélé qu’il y a 6 ans, le directeur de l’institut Iwe Ricken, qui n’est plus en fonction, a effectivement noué, avec ECCIF, un partenariat qui impliquait la création d’une galerie d’exposition équipée en matériels de travail. Cependant, les matériaux d’équipements n’étaient pas offerts par l’institut Goethe. Il était surtout question d’un prêt d’équipements. Mais malgré ce prêt, l’institut Goethe n’a jamais cherché à récupérer lesdits matériaux, contrairement à ce qu’a affirmé le conservateur, qui soutient que l’institut a récupéré les matériaux d’équipements.

Pape Abdoul Sam annonce que l’Institut Goethe était sur le point d’être saisi par lettre afin qu’il évalue son investissement et déclenche des poursuites judiciaires.

Le partenariat avec l’agence publicitaire Cidop a encore envenimé la situation déjà tendue au sein de l’espace de création. L’agence Cidop avait érigé un panneau publicitaire devant l’entrée de l’espace sur la corniche, suite à un litige avec l’Olympique Club, voisin de l’ECCIF. En contrepartie de l’érection du panneau devant l’ECCIF, l’agence publicitaire paye les frais pour l’adduction d’eau, l’électrification de l’espace et le versement annuel de la somme de 1 million F Cfa par an. « Avec cet argent, j’ai pu construire les toilettes et lancé les travaux de la future salle d’exposition de l’espace de création Cheikh Ibrahima Fall et chaque année, des repas sont préparés et servis, suivis d’un récital de Coran pour bénir l’espace», explique Ndiaye Diagne.

Mais, de l’avis de Oumar Pouye, au lieu d’utiliser cet argent pour transformer la case en terre cuite en cyber espace, pour faciliter aux artistes et artisans une ouverture à l’international, Ndiaye Diagne se sert de cet argent pour servir des repas comme s’ils étaient des refugiés. « Le reste de l’argent, il le bouffe», accuse Oumar Pouye. Il affirme que le conservateur revend aux artistes et artisans l’électricité, disponible grâce au partenariat avec Cidop, et empoche les sommes collectées.

Il est également reproché à  Ndiaye Diagne, conservateur de l’espace de création, une question relative au foncier. En effet, le terrain où siège ECCIF n’a toujours pas été considéré par les autorités compétentes comme un espace légal de création artistique et/ou artisanal. L’occupation du terrain s’est faite dans l’illégalité. Donc les artistes et artisans peuvent à tout moment être déguerpis par la commune de Point E – Fass – Amitié. Une  situation que certains veulent éviter à la structure. «Notre combat c’est avant tout de rendre légal cet espace afin que nous puissions l’occuper en toute quiétude ; ce que le conservateur ne veut surtout pas. Il ne veut pas qu’on entre dans la légalité », révèle Abdoul Sam. « L’actuel maire Palla Samb à l’époque  secrétaire du maire Ndeye Maguette Dieye avait demandés à Ndiaye Diagne et à ses acolytes de rester sur la corniche à titre provisoire. Maintenant, il revendique la propriété de l’espace qu’il aurait mis au nom de son marabout », renchérit Oumar Pouye.

Mais apparemment, le conservateur et ses camarades ne sont pas sur la même longueur d’ondes sur cette question foncière. « Il n’a jamais été question d’appropriation  de terre. La mairie ne nous a donné qu’un permis d’occuper. C’est pourquoi je fais tout mon possible pour qu’on entre dans la légalité et que cette zone soit reconnue comme un espace pour les artistes et artisans », dit-il.

La situation à l’ECCIF est toujours dans le statu quo. La lutte continue et les factions maintiennent leur position. Pourtant, si les parties mises en cause enterraient la hache de guerre dans une discussion responsable au cours de laquelle chaque travailleur expose ses préoccupations, émet ses avis, une issue favorable pourrait résoudre pour de bon les différends internes. Il semble se poser un sérieux problème de communication et d’incompréhension.

Par Ibrahima DIENG

Source : Senenews

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14 pensées sur “Guerre froide… sur la Corniche Ouest

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