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Pédophilie dans l’Église Le pape François demande pardon aux victimes chiliennes

Le souverain pontife a envoyé une lettre aux évêques chiliens, dans laquelle il reconnaît avoir commis de “graves erreurs de jugement”.

C’est une missive que le New York Times qualifie d’“extraordinaire”, envoyée par un souverain pontife “plein de remords”. La conférence épiscopale du Chili a dévoilé mercredi 11 avril le contenu d’une lettre envoyée la veille par le pape François aux évêques du pays, dans laquelle il demande pardon aux victimes chiliennes de pédophilie au sein de l’Église et reconnaît avoir lui-même commis de “graves erreurs de jugement”, rapporte le quotidien chilien La Terceramercredi.

Elle arrive, selon les explications du pape, une semaine après qu’il a reçu les derniers éléments d’un rapport élaboré par Mgr Charles Scicluna. Cet archevêque maltais, considéré comme “l’un des enquêteurs les plus expérimentés du Vatican”, comme le décrit BBC Mundo, avait été envoyé aux États-Unis et au Chili en janvier par le Saint-Siège pour enquêter sur des soupçons d’abus sexuels au sein de la hiérarchie catholique. Il devait en particulier éclaircir le cas de Juan Barros, évêque de la ville chilienne d’Osorno depuis 2015, accusé d’avoir dissimulé les abus sexuels du prêtre Fernando Karadima.

La justice ordinaire comme ecclésiastique ont reconnu ce dernier coupable d’abus sexuels sur mineurs, perpétrés durant les années 1980 et 1990, et il a été suspendu à vie de ses fonctions, rappelle la chaîne en langue espagnole. Ses victimes accusent l’évêque Barros d’avoir été au courant de ses crimes et des les avoir dissimulés, ce que l’intéressé dément. Pendant sa visite au Chili, en janvier, le pape avait défendu l’innocence, selon lui, de Mgr Barros. Face au tollé qui s’en était suivi, François avait fini par présenter ses excuses. Et avait dépêché Mgr Charles Scicluna sur place pour enquêter. Résultat : un document de quelque 2 300 pages, couchant sur le papier le contenu de 64 entretiens.

“Des vies crucifiées”

Ces témoignages racontent “d’une manière austère, sans additifs ni édulcorants, de nombreuses vies crucifiées”, commente le pape dans son courrier, “et j’avoue que cela me cause de la peine et de la honte”. “En ce qui me concerne, écrit-il, je reconnais que j’ai commis de graves erreurs dans l’évaluation et la perception de la situation, notamment en raison d’un manque d’informations véridiques et équilibrées.”

François présente ses excuses “à tous ceux qu’(il a) offensés” et ajoute espérer “le faire personnellement, dans les semaines à venir, lors des réunions que j’aurai avec les représentants des personnes interrogées”. Le quotidien chilien La Nacion précise qu’il a invité les cardinaux chiliens à se rendre au Saint-Siège.

Suffisant pour dissiper ce qui est devenu, pour le New York Times, “un nuage noir au-dessus de son pontificat” ? Mercredi, Juan Carlos Cruz, l’une des victimes de pédophilie, voulait croire que le pape, dans sa lettre, semblait “prêt à opérer des changements indispensables”. L’organisation des laïcs d’Osorno, qui s’est opposée à Mgr Juan Barros depuis sa nomination à la tête du diocèse, a elle déclaré dans un communiqué être convaincue que “la repentance (du pape) s’exprimerait par des actions concrètes”. Quant à l’Église chilienne, elle “suivait l’exemple”papal, relève le journal américain. A l’instar de Mgr Santiago Silva, qui déclarait : “Nous n’en avons pas fait assez. Notre engagement est que cela n’arrivera plus jamais.”

Source : COURRIER INTERNATIONAL (PARIS)

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