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Afrique subsaharienne: «Un monde rural en croissance et en mouvement»

Avec 380 millions de personnes entrant sur le marché du travail d’ici à 2030, dont 220 millions en milieu rural, le défi sera de «générer assez d’emplois» dans les villes mais aussi dans les campagnes, affirme un rapport de la FAO intitulé «L’Afrique rurale en mouvement». En Afrique subsaharienne, la population rurale va continuer d’augmenter, et l’exode rural ne videra pas les campagnes.

«L’Afrique rurale est en mouvement», mais 70% des migrations demeurent régionales ou intra-africaines, affirme un rapport de la FAO (organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation) et du Cirad (Centre de recherche agronomique pour le développement).

«Les jeunes Africains font face à un sous-emploi et à un taux de chômage élevés et beaucoup quittent les zones rurales en raison du manque d’attrait d’une agriculture à faible productivité», affirme le rapport. «Le changement climatique entraîne aussi de plus en plus de personnes à quitter l’agriculture et les zones rurales».

L’afrique subsaharienne connaît une croissance urbaine de 4%, le double de la moyenne mondiale. Pour autant, les campagnes ne se vident pas bien au contraire.

Evolution population rurale en Afrique subsaharienne rapport FAO

Evolution de la population rurale en Afrique subsaharienne (sources rapport FAO/Cirad)  © FAO/CIRAD

Densité rurale
Au sud du Sahara, la population devrait augmenter de 1,4 milliard d’habitants d’ici à 2050, une poussée démographique sans précédent à l’échelle mondiale. En Europe ou en Asie, l’exode rural s’était traduit par une relative désertification des campagnes. Au sud du Sahara, ce n’est pas le cas.

Autre singularité de la transformation économique de l’Afrique au sud du Sahara: l’urbanisation s’y développe sans véritable industrialisation. «La croissance des villes est principalement soutenue par l’expansion des activités informelles du commerce et des services… avec des niveaux de pauvreté parfois persistants. (…) Il en résulte une base fiscale faible qui limite la capacité des villes et des gouvernements à fournir les biens publics nécessaires.»

Comme ailleurs, les déplacements des ruraux ont des raisons économiques mais aussi familiales, éducatives ou culturelles (les lumières de la ville)… «Ils se déplacent pour échapper à la pauvreté, à l’insécurité alimentaire, au manque d’emploi, ainsi qu’à la marginalisation… mais aussi pour accéder à l’université et à la culture.»

Migration circulaire
La multiplication des routes et des moyens de transport en Afrique facilitent l’émergence d’une nouvelle forme de migration, saisonnière et «circulaire», qui se caractérise par un retour régulier au lieu de résidence principale.

Pour M.Losch qui coordonne ce rapport, «il y a très rarement en Afrique une émigration paysanne par familles entières. Au contraire, c’est souvent un membre de la famille qui part, d’abord en ville ou dans une région ou un pays voisins, et qui conserve un lien avec le village.»  «Les migrations rurales sont une ressource complémentaire pour les ménages consacrant l’essentiel de leur temps à l’agriculture familiale.»

Des migrations en fonction des opportunités économiques, comme entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, où la culture du cacao s’est développée grâce à de la main-d’œuvre burkinabè. Mais la crise ivoirienne des années 2000 a conduit au retour de milliers de Burkinabè vers les espaces ruraux et urbains du sud du Burkina Faso.

En Zambie, les mouvements de va-et-vient des populations entre zones urbaines et rurales ont suivi la dynamique de l’industrie minière au fil du temps.

A Madagascar, la migration rurale est largement orientée vers d’autres zones rurales. Les migrants cherchent des emplois et des terres et luttent pour ouvrir de nouvelles zones agricoles.

Géographie anticipée destinations migration rapport FAOCIRAD

Rendre les campagnes attractives
Quel avenir alors pour la migration rurale en Afrique subsaharienne?, se demande le rapport. La complexité des facteurs de la migration rurale rend impossible de prévoir combien d’individus migreront, ni qui, ni pourquoi, ni où ils iront. Ce que l’on sait, c’est que les grandes villes ont un fort pouvoir d’attraction et que l’Afrique est la seule région au monde où la population rurale continuera de croître après 2050.

Ce rapport de 60 pages préconise la mise en place de canaux de migration sûrs, ordonnés et réguliers. Un renforcement des économies agricoles et rurales. Le développement durable des grandes métropoles et la consolidation des dynamiques territoriales en investissant dans les villes intermédiaires et les petites agglomérations capables de fournir des services de qualité.

 

Source : geopoilis.francetvinfo.fr

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