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Dossier (archive Nh) : Diamniadio, une vie nouvelle

Au début, il y avait un immense terrain vague piqueté de quelques exploitations horticoles ou des élevages avicoles. Puis, une autoroute est venue balafrer la plaine du nord de Rufisque. Ensuite, il y eut une grosse bâtisse qui, de loin, ne ressemblait à rien. Enfin, il y eut le sommet de la Francophonie. Et alors, le Sénégal et le monde entier découvrirent ce château construit presque nulle part, bordé par une autoroute qui ne débouche sur rien, presque improbable, et que l’on traverse comme sur un pont-levis. On y célébra la Francophonie.

L’autoroute défendait-elle ce château si inaccessible ? Que non ! Le Centre international de conférence Abdou Diouf, le CICAD, dont il s’agit, était plutôt un avant-poste pour préparer l’arrivée d’une escouade de grues qui, comme des balistes d’une autre époque, se dressent aujourd’hui autour de la citadelle dite CICAD pour attaquer cette terre en friche afin d’en faire une havre de vie nouvelle. Ce lieu qui verrouille l’entrée de la presqu’île du Cap-Vert et de Dakar devenue une mégapole avec ses villes satellites de Pikine, Guédiawaye, Parcelles Assainies, Almadies, Mbao, Keur-Massar, Rufisque, etc., est le Pôle urbain de Diamniadio, né sur les flancs de la commune éponyme et qui court jusqu’aux rives de ce Lac Rose, l’étape ultime qui a fait rêver des centaines de motocyclistes du rallye raid « Le Dakar ».

Résultat de recherche d'images pour "Diamniadio"A Diamniadio, ce qui se bâtit, ce n’est pas un futur cimetière d’éléphants blancs. Encore moins la réalisation forcenée des folles utopies conçues d’après les rêvasseries d’un autocrate qui se prend pour un génie des tropiques. On en rencontre beaucoup sous nos cieux ! Sur ces terres où quelques paysans du dimanche s’acharnaient à élever des poulets ou à ramasser des œufs, à cultiver des salades ou à entretenir des serres minuscules, à gaver moutons et brebis, et où, malheureusement, peu de fortunes se sont construites et beaucoup de rêves de retraites dorées se sont évanouis, voilà que le président Macky Sall décide d’y dresser les tours de ses ambitions, les citadelles de son horizon de bâtisseur. Parce que c’est là que lui, chef d’Etat, président du Sénégal, aura à prouver à celui qui doute encore de son envie d’émergence qu’il a une immense ambition pour son pays, un rêve grandiose, et qu’il y construit l’espoir pour les générations futures. La vie nouvelle se vivra à Diamniadio entre un Lac Rose sans ride, Rufisque la fraiche et le reste du Sénégal ouvert comme les bras d’un général qui dit à ses hommes : « Voilà la victoire qui s’offre à vous, en avant ! »Le Diamniadio des rêves est devenu une ambition en marche. C’est la vie imaginaire qui s’édifie devant les yeux des Sénégalais qui, sans croire aux messies, espéraient, en revanche, un destin moins médiocre. Ceux qui avaient entre leurs supposées grandes mains le futur du pays avaient-ils l’audace de bousculer tout pour faire rêver ? N’étaient-ils pas entravés par des ambitions impossibles face au pessimisme contagieux de l’Occident, d’autant plus que l’aridité d’un pays sans ressources encourageait à toujours rêver petit ?

Nous y voilà aujourd’hui à Diamniadio, là où dans vingt ans, beaucoup diront qu’ils ont vu et vécu la naissance d’une ville, son balbutiement, son émergence et sa croissance. D’autres jureront que le développement du Sénégal a commencé là sur le site du CICAD, au pied des dizaines d’immeubles d’habitation ou dans l’immensité des hangars du parc industriel. Enfin, que diront ceux qui voient, derrière les chantiers de Diamniadio, le futur qui se construit autour de l’aéroport international Blaise Diagne, qui est l’autre pôle où va s’étaler cette mégalopole en construction ?

Résultat de recherche d'images pour "Diamniadio"Si cette ville nouvelle suscite enthousiasme et envie, ambition et attirance, curiosité et étonnement, c’est certainement parce qu’elle a été bien conçue et qu’elle ouvre des opportunités pour les entrepreneurs. Diamniadio n’est pas un dortoir, comme souvent les villes africaines qui s’agrandissent en exposent l’aspect le plus hideux. Ce n’est pas un bidonville moderne avec ses quartiers ternes. Encore moins une zone industrielle où la pollution régnera et la crasse se fossilisera. Ce qui se bâtit maintenant sous nos yeux, est une ville où vivre une nouvelle vie n’est pas un défi sisyphien. Diamniadio ne devrait donc pas devenir une de ces immenses et monstrueuses banlieues désordonnées et désarticulées, complexes et ingérables, invivables et étouffantes.

N’en doutons point, le Sénégal de demain se trouve là, entre grues et immeubles, usines, laboratoires, universités, greens de golf et hôtels. L’âme qui s’insuffle sur ces terres balayées par les alizés maritimes ou chauffées par l’harmattan va sans doute redonner aux Sénégalais l’envie de voir toujours plus loin, de bâtir encore plus haut et de croire sans jamais douter que le meilleur peut être réalisé ici, chez nous. Et profiter à ceux qui croient qu’aucun peuple n’est damné d’office.

Texte d’archive, paru dans le hors série N° 8 de nouvel horizon

intitulé « Diamniadio Ville nouvelle » du 15 Décembre 2016

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