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LE PLAN DE DAESH POUR DAKAR – Diokhané : «Daesh voulait faire des attentats-suicides…»

Il y a quelques années, Daesh avait, à travers un document, exprimé sa volonté d’installer un Etat islamique au Sénégal. Mactar Diokhané, destinataire de la note, renseigne que les jihadistes visaient entre autres les ressortissants français, les bâtiments administratifs. Le co-accusé d’imam, Alioune Badara Ndao, était, lundi, à la barre de la Chambre criminelle pour audition dans le procès des présumés terroristes.

Imam Alioune Badara Ndao, jugé au sénégal pour apologie du terrorisme

Daesh projetait d’installer un Etat islamique au Sénégal. Les combattants sénégalais partis au Nigeria et en Libye étaient les porteurs de ce projet. Les ressortissants français sont les cibles prioritaires. Dans leur plan, les jihadistes voulaient étendre leurs tentacules en Gambie, au Mali, en Guinée et en Guinée-Bissau. Ils voulaient créer une instabilité en Gambie afin de permettre au mouvement de rayonner dans ce pays-là à l’horizon 2016-2017. Un des co-accusés d’imam Alioune Badara Ndao avait en effet vendu la mèche aux enquêteurs. Mactar Diokhané, présenté comme le présumé cerveau de la bande, a déclaré, lundi, que le document en question lui a été transmis par le nommé Abu Zaid Bâ via télégramme. Le mode opératoire était le suivant : procéder à des attentats-suicides, à des at taques des bâtiments administratifs et banques, des casernes mais aussi l’occupation des surfaces convoitées.

Alors lorsque le président, Samba Kane, demande à l’accusé pourquoi n’avait-il pas avisé les autorités, sa réponse a été : «Je n’avais pas le temps d’aviser les autorités. Parce que j’étais en route. Et puis je ne croyais pas que c’était un projet sérieux.» Mais le nommé Baye Zale avait confié au juge d’instruction qu’il connaît des Sénégalais qui combattent à l’étranger auprès de groupes jihadistes comme Mactar Diokhané. Il a même cité les noms de Moustapha Faye et de Cheikh Ibrahima Dieng, morts en combattant au Nigeria. Dans ce pays, Mactar y a séjourné et joué un rôle déterminant pour permettre à des compatriotes de quitter le bastion de Boko haram. Et après avoir facilité les négociations, il a reçu dans la forêt de Sambissa, la somme de 6 millions de nairas qui équivaut à plus de 15 millions de francs Cfa. A propos de l’argent, Diokhané dira que Shekau lui a fait savoir que «la moitié, ce sont les frais de transport des autres et l’autre moitié est à moi». Sur les raisons lui ayant permis de bénéficier de cet argent, Mactar dira que seul Sheakau «peut l’expliquer». «Je ne sais même pas pourquoi il m’a offert ce montant», répond l’accusé.

 

Shekau me vouait un grand respect, c’est pourquoi je suis intervenu pour aider des compatriotes

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Makhtar Diokhané, un des co-accusé de l’imam NDAO dans le procès pour apologie du terrorisme

Selon Mactar Diokhané, Shekau lui vouait un grand respect, c’est pourquoi il est intervenu pour aider des compatriotes, plus d’une vingtaine d’éntre eux qui avaient besoin d’assistance. La raison, dit-il, à Andak, situé à quelques kilomètres des bases jihadistes où il tenait un daara, il avait une bonne réputation. D’après lui, sa discussion avec le chef de Boko haram a duré de 9 heures à 17 heures, un échange entrecoupé par l’arrivée de délégations venues voir le kidnappeur des filles de Chibok. «Je ne lui ai rien promis. J’ai juste accepté son autorité pour obtenir la libération des autres Séné galais. Je lui ai également fait savoir qu’une simple détention de carte d’identité n’est pas un acte de mécréance», dit-il.

Avant d’abandonner le territoire nigérian, Mactar a fixé un certain nombre de conditions. La première règle, c’est que tout le monde sache qu’il est le seul coordonnateur du groupe. Mais aussi qu’ils seront soumis à l’autorité de toute personne qu’il placera à leur tête et ils doivent accepter le règlement qu’il a élaboré une fois au Sénégal. «J’ai fixé ces principes pour éviter des représailles contre ma famille», s’est-il justifié.

Par ailleurs, Abu Anwar, comme on le surnomme, a nié avoir déclaré à l’enquête préliminaire : «Je n’ai pas reçu de formation proprement dite mais à Abadam, je me rendais dans le camp de Boko haram périodiquement où j’ai eu la curiosité d’apprendre le maniement des armes.»
Né à Médina Gounass en 1986, père d’une fille et marié à trois épouses, Mactar Diokhané, maître coranique, a soutenu s’être rendu au Nigeria pour suivre les sciences islamiques et non pour faire le jihad.
msakine@lequotidien.sn

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