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Ep 1 Dossier (archive Nh) LES FOYERS DU MOURIDISME : Sur les traces de Cheikh Ahmadou Bamba

Parmi les actes posés par Cheikh Ahmadou Bamba, Serigne Touba Khadim Rassoul et qui resteront toujours incompréhensibles pour un non initiés, figure le choix des fiefs pour chacun de ses premiers fils que sont Serigne Mouhamadou Moustapha, Serigne Fallou, Serigne Bara, entre autres. Qu’est ce qui les caractérise ?

L’instruction religieuse (Coran et Sunna), à en croire le Dr Saliou Ndiaye, enseignant au département d’arabe à l’UCAD, a toujours été le point de départ de la formation dans ces foyers, si bien que ces maîtres spirituels figuraient parmi les plus grands érudits de l’Islam, de tout temps. Chaque fondateur de foyer avait donc une pédagogie ou voie spirituelle appelée ṭarîqa ; ce mot finit par désigner la communauté (maître-disciples) en tant que telle.

Ainsi, toujours selon le Dr Ndiaye, lorsqu’en 1883, le Cheikh reçut l’ordre du Prophète (psl) d’initier désormais ses disciples par la himmaouyittéen wolof, l’instruction dans son milieu avait fini par prendre le pas sur l’éducation spirituelle qui était le but des fondateurs de ṭuruq, pluriel de tarikha.

Chaque futur maître de foyer, après sa perfection spirituelle auprès du Cheikh, est assigné à un lieu où il doit fonder un Daara(village) à l’image de Touba qui est la première institution. La particularité de chaque Daaravarie en fonction de sa cible, de son milieu et de l’approche de son maître. Le Cheikh tenait bien compte de la cible. C’est dans ce sens que les disciples ceddoétaient orientés vers Cheikh Ibra Fall, les apprenants vers Cheikh Ibrahima Faty Mbacké etCheikh Abourahmane Lô, les érudits vers Cheikh Mbacké Bousso

Il tenait également compte de l’harmonie sociale. Ainsi, il retournait souvent le futur maître spirituel à sa communauté d’origine où il devait implanter son Daara. De même l’implantation des foyers se faisait géographiquement en tenant compte des spécificités culturelles ou sociales. Ce n’est pas pour rien que Serigne Bassirou Mbackéétait fixé au Saloum réputé pour son érudition.

On peut rappeler sans être exhaustif, concernant les premiers foyers fondés sous l’ordre de Cheikh Ahmadou Bamba, que Cheikh Anta Mbacké, son frère, a été fixé à Darou Salam tandis que son autre frère,Cheikh Ibrahima Mbacké (Mame Thierno), s’est installé à Daroul Mouhty. Cheikh Ibra Fallse fixa, entre autres à Saint-Louis, à Thiès puis à Diourbel. Cheikh Abdourahmane Lôs’installa à Ndame (Touba), Serigne Massamba Diopà Darou Same, et Serigne Modou Moustapha Mbackéà Thiéyène. Les autres fils du Cheikh étaient également liés à des foyers : Serigne Fallouétait à Ndindy,Serigne Mouhamadou Lamine Baraà Mbacké Kajoor et Serigne Bassirouau Saloum.

 

Le baobab de Mame Cheikh Ibrahima Fall à "MBACKE KADIOR"
Mbacké Cadior – Louga Sénégal , Un lieu mythique qui résiste au temps. 20 Mars 2015 © Assane SOW
MBACKE KAJOOR: le Berceau du mouridisme

Fondé en 1883 par Mame Mor Anta Sally, père de Cheikh Ahmadou Bamba, Mbacké Kadior a vu naître la voie du Mouridisme. Cette confrérie y garde encore des vestiges du passage de Cheikh Ahmadou Bamba Khadim Rassoul et des disciples mourides de la première heure.

L’origine de Mbacké Kadior obéit à une certaine logique. Après Mbacké Baol, créé par Mame Maharam, situé dans les limites du terroir du Baol, Mbacké Kadior a été fondé par Mame Mor Anta Sally. Après sa conversion à l’Islam, Lat Ngoné Latyr Dior Diop sollicita de Maba Diakhou Bâ que celui-ci mît à sa disposition un Cheikh pour lui apprendre sa religion et lui servir de juge religieux. Lat Dior porta son choix Mame Mor Anta Sally. Il rentra au Cayor, notamment à Patar près de Ndiagne, avec le Cheikh. Se rendant compte que la cohabitation avec l’autorité ne facilitera pas leurs relations encore moins l’assimilation des enseignements à ses disciples, Mame Mor Anta Sally quitta ce village pour s’établir, dans un premier temps à Ngebeul, non loin du village de Lat Dior, en 1880. Sur place, il remarqua des traces de vies humaines. Le père de Serigne Touba quitta encore cet endroit pour fonder un autre village situé à quelques kilomètres du premier lieu. C’est cette localité qui deviendra Mbacké Kadior. Il s’y installa en qualité de maître coranique, d’éducateur et de cadi.

Mame Mor Anta Sally n’y a vécu que trois ans, de 1880 à 1883, date de sa disparition. Conformément à sa volonté, sa famille l’enterra à Dékheulé. Son fils Cheikh Ahmadou Bamba lui succéda en poursuivant les enseignements et le fonctionnement du « daara » avec les disciples jusqu’à ce qu’il reçut la révélation du prophète Mohamad (Psl). Ce dernier l’aurait invité à adopter une autre démarche qui inclut, au-delà de l’enseignement, une éducation par l’engagement afin d’atteindre la proximité divine. Le Cheikh réunit ainsi tous ses pensionnaires pour les informer de la recommandation du prophète Mohamad (Psl) et de la nouvelle méthode d’éducation, de formation et d’élévation spirituelle à partir de l’allégeance.

Après cette déclaration, certains de ses disciples dont Serigne Adama Gueye, Serigne Massamba Diop Sham, Serigne Abdourahmane Lô, Serigne Ibrahima Sarr, entre autres, lui firent allégeance sur le champ.

TOUBA : la capitale
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Cité religieuse fondée en 1888 par Cheikh Ahmadou Bamba, Touba est, sans aucun doute la capitale du mouridisme. L’espace y est organisé autour de la mosquée et par intégration progressive de villages-satellites fondés par Ahmadou Bamba et par ses disciples.Cette ville, située dans la région de Diourbel et à 194 km à l’Est de Dakar, est l’aboutissement d’un périple de Bamba, qui a duré de 1883 à 1886 entre Mbacké Cayor, Mbacké Baol et Darou Salam. En effet, les déplacements du Cheikh étaient motivés par une volonté de fuir les foules pour se consacrer uniquement à l’adoration de Dieu et être au service du Prophète Mohamed (Psl). Selon plusieurs sources proches de l’establishment mouride, Touba est une récompense divine à Cheikh Bamba pour sa ferveur et sa détermination.  Dans un de ses xassaides intitulé Matlaboul Fawzeyni, (la quête du bonheur dans les deux mondes), Cheikh Ahmadou Bamba déclare : «Je rends grâce à Dieu de m’avoir conduit vers un lieu ou il a annihilé mes obstacles.»

 

Résultat de recherche d'images pour "Darou Salam"DAROU SALAM : A la recherche de Touba

Darou Salam crée en 1884 par Cheikh Ahmadou Bambaest situé au nord est de Mbacké Baol à moins de dix kilomètres. Ayant servi de base de départ et de repli du Cheikhdans sa recherche effrénée de Touba la sainte, Darou Salam est surtout connu du fait de l’historique réception que Cheikh Anta Mbacké y a offerte à Cheikhoul Khadim à son retour d’exil ; il y repose avec ses enfants.

L’histoire retient que le fondateur du Mouridisme a eu droit à un accueil exceptionnel lors duquel Mame Cheikh Anta a sacrifié des milliers de bêtes, toutes espèces confondues, et préparé des repas copieux pour rendre grâce à Dieu de lui avoir permis de revoir son frère et guide spirituel. La cérémonie avait rassemblé l’essentiel des personnes qui constituaient la communauté mouride d’alors et une forte somme d’argent a été dépensée. Située à deux kilomètres à l’Est de la commune de Mbacké, Darou Salam refuse actuellement du monde.

Il y aussi que c’est à Darou Salam que naquirent Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké, le premier khalife de Serigne Touba et son deuxième khalife Serigne Mouhamadou Falilou Mbacké.

 

NDINDY : Fief de Serigne Fallou

Il a été fondé en 1913 avec comme objectif de rassembler les talibés autour de la ville sainte. Le rayonnement de ce foyer ardent du mouridisme est lié au vécu du Deuxième khalife de Bamba et ses dignes continuateurs de l’œuvre que sont Serigne Modou Bousso Dieng et Serigne Abdou Karim Mbacké. D’ailleurs, en plus de Ndindy, Serigne Fallou a porté sur les fonts baptismaux les villages de Alia, Touba Bogo, entre autres pour se consacrer à l’agriculture et à l’enseignements des textes sacrés et de la pensée du Cheikh.
Après le départ en exil de son vénéré père, il sera sous la protection de Mame Thierno Birahim Mbacké pour poursuivre ses études. Erudit d’une dimension incommensurable, il voyagea en Mauritanie, à Khomack, pour y retrouver Serigne Touba. Son pèlerinage à La Mecque en 1928, un an après le rappel à Dieu de son vénéré père, retentit toujours à travers le monde.
L’accès au Khalifat de Serigne Fallou, après le rappel à Dieu de Serigne Mouhamadou Moustapha, ne fut pas de tout repos du fait de la crise économique des années 1930, de la fin de la seconde guerre mondiale, de la suspension du chantier de la Grande Mosquée en 1939. Face à ce contexte difficile, le deuxième Khalife de Bamba prit des mesures ardues et salutaires, à plus d’un titre, pour le rayonnement de la ville sainte de Touba et du Mouridisme.
Le vendredi 7 juin 1963, il présida la cérémonie inaugurale, réalisant ainsi le vœu de Cheikhoul Khadim et propulsant le Mouridisme au devant de la scène nationale et internationale. Son khalifat fut également marqué par des réalisations à caractère socio-économique sans commune mesure à l’époque. Le lotissement et l’urbanisation de la ville de Touba, le prolongement de la voie ferrée de Touba gare à Touba Mosquée, l’implantation de forages dans les foyers religieux comme Darou Mouhty, Touba Bogo, Ndindy, etc.

DAROU MOUHTY : Le foyer ardent

Fondée par Mame Thierno Birahim Mbacké en 1912 sur instruction de son frère Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme, Darou Mouhty est située à 28 km de Touba. Aujourd’hui un fief politique très convoité en raison de sa proximité avec Touba, la ville est elle-même connue sous le nom de deuxième capitale du mouridisme après Touba en raison de son ancrage dans l’idéologie fondée par Cheikh Ahmadou Bamba, mais aussi en raison du rôle déterminant joué par Mame Thierno Birahim dans la communauté. La ville de Darou Mouhty a fêté son centenaire en 2012. En seulement un siècle il est devenu une grande ville moderne et peuplée, un foyer religieux très important célébrant chaque année à 15 jours du mois de Ramadan son Grand Magal appelé le Magal de Darou Mouhty qui commémore les retrouvailles entre Mame Thierno et son frère et bras droit Serigne Touba au retour de l’exil gabonais de ce dernier en 1902. La ville est dotée d’une somptueuse mosquée en son centre, sans doute l’un des plus magnifiques édifices de la sorte au Sénégal.

A suivre…

 

Par Mandiaye THIOBANE – Rédacteur en chef de Nouvel Horizon

Paru dans l’édition N°979 de Nouvel Horizon

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