Ep 2 Dossier (archive Nh) LES FOYERS DU MOURIDISME : Sur les traces de Cheikh Ahmadou Bamba

Parmi les actes posés par Cheikh Ahmadou Bamba, Serigne Touba Khadim Rassoul et qui resteront toujours incompréhensibles pour un non initiés, figure le choix des fiefs pour chacun de ses premiers fils que sont Serigne Mouhamadou Moustapha, Serigne Fallou, Serigne Bara, entre autres. Qu’est ce qui les caractérise ? Nh news vous propose la 2éme partie du dossier spécial consacré aux foyers ardents du mouridisme.

 

Résultat de recherche d'images pour "Touba DIOURBEL"DIOURBEL : La première concession

C’estla cité qui abrita les dernières années de la vie du saint homme (1912-1927). N’Diar Yéem fut en effet choisie par les autorités coloniales pour assigner à résidence Serigne Touba après son long exil au Gabon (du 21 septembre 1895 au
11 novembre 1902) et en Mauritanie(du 13 juin 1903 à 1907). Il s’installa donc dans la capitale du Baol avec sa famille et ses nombreux fidèles. La cité devint à partir de ce moment là, un grand centre religieux et économique.

L’histoire du mouridisme se conjugue au passé et au présent avec Diourbel. Cette ville a occupé et continue d’occuper une place de choix dans la longue marche du Cheikh pour propager l’islam.

Pour la première fois depuis 1895, le chef des mourides était autorisé à revenir définitivement au Baol. Aussitôt que Cheikh Ahmadou Bamba fut assigné à résidence à l’escale, en janvier 1912, les principaux Cheikh mourides (Ibra Fati, Cheikh Anta et Cheikh Ibra Fall) se mirent à user de leur influence pour obtenir son déménagement en dehors du quartier administratif. A la mi-février 1913, les autorités coloniales décidèrent d’octroyer au Cheikh, un lopin de terre à l’extérieur du quartier européen, et lui donnèrent l’autorisation d’y construire une maison. Kër gu mak. C’est la seule et unique maison construite par Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme. C’était en 1913.

NDAME : L’érudition

Cette localité est étroitement liée à Cheikh Abdourahmane Lo, disciple et compagnon de première heure du Cheikh. Cheikh Abdourahmane Lo restait au coté du Cheikh durant tous ses déplacements de Mbacké Kajoor à Dar al Alim et al Habir (actuel Ndame) où le Cheikh l’installa définitivement pour qu’il s’adonnât entièrement à l’enseignement. C’est précisément dans cette localité que la plupart des fils et filles du Cheikh apprirent le Coran grâce au dévouement de leur maître. Ce dévouement lui valut une position privilégiée auprès du Cheikh.

Cheikh Abdourahmane Lo fut parmi les premiers à faire le pacte d’allégeance. Bien qu’il eut pratiquement le même âge que le Cheikh, Serigne Ndame fit preuve d’un dévouement hors du commun et joua ainsi un rôle déterminant dans la mission grandiose de Cheikh Ahmadou Bamba.
DAROU SAM: Keur Serigne Massamba

Un jour, Serigne Mam Mor Anta Sally était venu rendre visite à son ami à Sam. Il était accompagné de son fils Cheikh Ahmadou Bamba, alors absorbé par  les sciences religieuses et littéraires et engagé dans la voie soufie. Lors de cette visite, Cheikh Ahmadou Bamba a vu un homme, en l’occurrence Serigne Massamba, assis sous l’ombre d’un arbre, en train de lire et de méditer. Le Cheikh s’est approché de lui et lui a demandé de jeter un coup d’œil sur son livre. Durant cette courte discussion, il lui a gratifié de quelques explications qui l’ont totalement ébloui.
Après cette rencontre historique, Serigne Massamba, habité par l’image de ce Cheikh aux connaissances hors du commun, s’était aussitôt mis à sa recherche pour rester avec lui, comme si son intuition lui avait indiqué que ses vœux sur le plan spirituel ne pouvaient se réaliser sans le recours à ce maître.

Devenu un homme de Dieu, un mystique consommé, Serigne Massamba a reçu l’ordre du Cheikh de fonder son propre village auprès de Sam nommé Darou Sam. C’est là où il s’est retiré avec quelques disciples afin de leur  transmettre l’enseignement de son maître. Il les éduquait au travail et leur inculquait l’éthique religieuse. Darou Sam a connu une grande affluence de fidèles venant de toutes les contrées.

Résultat de recherche d'images pour "Khelcom"KHELCOM : Le grenier du mouridisme

Khelcom, jadis, forêt redoutée, est devenue, depuis quelques années un paradis pour certains Sénégalais qui la prennent d’assaut à chaque fois qu’il est question de travaux champêtres.

Pourtant, rien de ce qui fut en 1991 ne pouvait laisser augurer un tel dénouement. En fait, il y a 22 ans que le Gouvernement sénégalais donnait ces 45 000 hectares de terres au regretté Serigne Saliou qui s’engagea à les utiliser pour les besoins de l’Agriculture. En son temps, les terres offraient un visage lugubre, avec des hyènes et autres animaux sauvages qui menaçaient, de manière permanente, la vie humaine. Le 5èmeKhalife Mouride releva le défi, même si à ses débuts, Khelcom était difficile à vivre. Un des principaux Diawrignes qui a accepté de se confier, dira que les premiers mourides qui ont osé affronter les 5 premières années ces périmètres agricoles, ont souffert le martyr. Il n’y avait pas d’électricité, encore moins de l’eau. Les personnes venues travailler bouclaient des dizaines de kilomètres à pied pour rejoindre les champs et c’était rare, ajoute-t-il, de boucler une journée sans être mis au courant qu’une personne a été mordue par un serpent venimeux ou piquée par un scorpion mortel.

Un « pays » savamment bien dessiné par un « géomètre » hors pair, Khelcom compte 15 foyers de ce genre, distants de 9 kilomètres, les uns des autres. Au niveau de chaque daara, des forages ont été creusés, des postes de santé installées, un hôpital mis en place, des routes tracées et bitumées. Chaque daara est bien organisé avec un Diawrigne à la tête. Il veille sur 313 enfants venus apprendre le Coran et recevoir une bonne éducation. Celui que les talibés surnomment « Borom Ndiouroul ak Ndianpandal » a donné, de son vivant, l’allure d’un opérateur économique sans pareil.

 

GOUYE MBIND : Tous les chemins y mènent actuellement

Quelques années après, C’est Serigne Touba qui a demandé à Cheikh Mouhamadou Lamine Bara de fonder Gouye Mbind vers 1911. Donc Gouye Mbind a été béni par Cheikh Ahmadou Bamba en personne et c’est à Gouye Mbind que Mouhamadou Lamine Bara ibn Khadim Rassoul a eu toutes ses récompenses divines. Et comme, de son vivant, il avait l’habitude de s’adosser au tronc d’un gros baobab qui se trouvait dans le quartier, pour écrire des poèmes et des prières. D’où le nom de Gouye Mbind (littéralement, le baobab de l’écriture).

Le rappel à Dieu de Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké, en 1936 (soit 9 ans après le rappel à Dieu, en 1927, de son père) a, sans doute, ralenti la modernisation de ce quartier situé à l’Est de la grande mosquée. Mais, selon des témoignages recueillis dans le quartier, cette situation trouverait son explication dans un mysticisme qui animait le vécu de Serigne Touba. Le fondateur du mouridisme, avant la fondation de Gouye Mbind, aurait d’abord voulu que son fils Bara Mbacké élise domicile à côté de la maison de Serigne Fallou en face de la Grande mosquée. Mais, Serigne Bara avait choisi d’aller un peu plus loin en disant : « Laissez Fallou à côté de la mosquée car, lui, il reste, mais moi, je m’en vais ». Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké ibn Khadim Rassoul, s’en est allé trop tôt sans occuper le poste de khalife de Serigne Touba, mais aujourd’hui, on a tendance à penser qu’il avait laissé sa place à ses enfants, qui, en dehors de Serigne Cheikh Maty Lèye, nouveau khalife, sont trois à pouvoir être khalife de Bamba, sans oublier son homonyme Serigne Bara Falilou, premier petit fils à être khalife. Comme pour dire que Gouye Mbind a aussi sa dose de mysticisme. Aujourd’hui, (durant le khalifa de Serigne Sidy Moukhtar Mbacké, 7ém khalif général des mourides) tous les chemins mènent à Gouye Mbind.

 

Résultat de recherche d'images pour "TAÏF"TAÏF : La reluisante

C’est un village fondé en 1939 par Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké, fils aîné et premier calife de Cheikh Ahmadou Bamba. Mais, Taïf fut le fief de son petit fils Serigne Mbacké Sokhna Lo. D’ailleurs, par le hasard de la naissance, Serigne Mbacké Sokhna Lô a de réels avantages sur les autres membres de la grande famille de Serigne Touba. Il est l’aîné de Serigne Cheikh Mbacké, surnommé Gaïndé Fatma, lui-même premier fils de Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké. Calife des mourides après la mort du fondateur en 1927, ce dernier a hérité des biens, des « talibés », mais aussi des « cheikh » (compagnons distingués) de Cheikh Ahmadou Bamba.Ce patrimoine est revenu à Serigne Mbacké Sokhna Lô,aîné de Gaïndé Fatma.

Devenu le calife de Darou Khoudoss (dénomination de la concession paternelle à Touba) en 1978, Serigne Mbacké Sokhna Lô s’est fixé comme défi de faire mieux, sinon autant que son père. Première autorité religieuse subsaharienne à défendre une motion de soutien au peuple palestinien, dès les années 1960, Gaïndé Fatma a eu des liens très étroits avec Yasser Arafat, Sékou Touré, Félix Houphouët-Boigny, William Tolbert, Mohammed V puis Hassan II…

Serigne Mbacké Sokhna Lô a hérité de Gaïndé Fatma le goût de construire. Au bâtiment en dur érigé en pionnier par son père en 1954 à Taïf, il a répliqué par un château, achevé en 1998, qui tranche avec le décor rustique de ce village.

 

Image associéePOROKHANE : Keur Mame Diarra

Située à quelques encablures de la frontière gambienne, Porokhane n’est séparée du chef lieu départemental Nioro du Rip que de 8 km dans la région de Kaolack (Sénégal). C’est en 1952 que Serigne Bassirou fit construire une concession dans le village et, dirigea personnellement le premier Magal de Porokhane.

A son rappel à Dieu en 1966, son fils aîné Serigne Moustapha Bassirou prit le relais en faisant de la réorganisation du village une de ses priorités. C’est en 1972 que, Serigne Moustapha Bassirou, soucieux d’ajouter à cette localité essentiellement spirituelle un cachet économique, y réalisa une vaste exploitation agricole découpée en blocs de plusieurs hectares délimités par des brise-vent.

Serigne Moustapha Bassirou a aussi entamé une œuvre colossale qui est la construction de la  » Résidence Mame Diarra  » où tous les fils, filles et descendants directs de Serigne Touba ont des suites où ils peuvent se loger durant le Magal. Des  » mille dahiras  » au service de Mame Diarra, il en a fait une Fondation très dynamique.

Serigne Moustapha Bassirou a élaboré un projet de construction d’une école polyvalente de jeunes filles (1000 élèves âgées de 7 ans, toutes homonymes de l’illustre Mame Diarra). Le cycle de formation sera de quatre ans, deux d’enseignement coranique et religieux, et deux d’enseignement pratique de gestion d’un foyer.

Par Mandiaye THIOBANE – Rédacteur en chef de Nouvel Horizon

Paru dans l’édition N°979 de Nouvel Horizon

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