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Cameroun: 160.000 personnes déplacées dans les régions anglophones, selon l’ONU

La guerre civile qui ensanglante les régions anglophones du Cameroun aurait fait quelque 160.000 déplacés et 34.000 réfugiés au Nigeria voisin. Ils ont dû fuir en raison des violences liées au séparatisme anglophone, mais surtout de la répression de l’armée camerounaise. On ne connaît pas le nombre de victimes, mais c’est la première fois que les Nations Unies mettent un chiffre sur la crise.

160.000 personnes déplacées. C’est la première fois que le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) établit un bilan chiffré des personnes déplacées par ce qu’il faut bien appeler une guerre civile.
«La majorité des déplacés a fui dans la brousse avec peu pour survivre. D’autres sont hébergés par des communautés locales qui font également face à des conditions de vie difficiles», indique le communiqué de l’Ocha.

Depuis octobre 2016, la minorité anglophone, qui représente environ 20% des 22 millions de Camerounais, répartie dans deux régions sur les dix que compte le pays, proteste contre sa «marginalisation culturelle et politique»dans la société. Une crise qui a dégénéré depuis en un conflit ouvert. Aux attaques des «séparatistes», l’armée répond par des liquidations et des villages incendiés.

Si certains réclament la proclamation d’un nouvel Etat, l’«Ambazonie», la plupart des anglophones demandent le retour au fédéralisme qui a prévalu dans le pays entre 1961 et 1972, avec deux Etats au sein d’une même République.

Réfugiés au Nigeria
Outre ces 160.000 déplacés, 34.000 personnes ont trouvé refuge au Nigeria voisin, dans l’Etat de Cross River, ce qui déstabilise les villages frontaliers du géant Nigérian.
Selon des témoignages recueillis par l’AFP au Nigeria, les Camerounais traversent la frontière à pied, dans des zones montagneuses et de forêt dense très peu accessibles du fait du manque de routes, rendant difficile leur enregistrement.

«Comme dans tout scénario de conflit armé, la population civile paie les conséquences de la violence, de l’insécurité et de la peur», expliquait en avril 2018 Alberto Jodra Marcos, chef de mission de l’ONG Médecins sans Frontières-Suisse au Cameroun.

Le 11 avril, un homme a été enlevé par des hommes armés à Widikum (Nord-Ouest), de sources concordantes. «Il travaillait, alors que c’est un jour décrété « ville morte » par les séparatistes», selon une source pastorale à l’AFP.
Les séparatistes sont accusés de multiples enlèvements de fonctionnaires et autres Camerounais francophones, tandis que l’armée est taxée d’exactions et de brûler des habitations. «Nous ne brûlons que les maisons où on découvre des armes», se défendait fin avril à l’AFP l’armée qui réfute les accusations d’exactions.

Affrontements quotidiens
Aux nord-ouest et sud-ouest du pays, les combats sont devenus quasi-quotidiens entre les forces de sécurité, déployées en force par Yaoundé, et des hommes armés se réclamant de «forces de restauration» d’un Etat anglophone, qui avait éphémèrement vu le jour entre les deux guerres mondiales, sous mandat britannique.

Selon le centre de réflexion International Crisis Group, «au moins 120 civils et 43 forces de sécurité» ont été tués depuis fin 2016. Le bilan côté séparatistes reste inconnu.

 

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