Tué pour avoir réclamé sa bourse d’étude !

« Un mort de trop » : c’est le grand titre du quotidien Enquête à Dakar, avec la photo de cet étudiant décédé hier. « Cette fois-ci, c’est l’UGB, l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis, qui paie un lourd tribut à l’intervention de la gendarmerie, dans le campus universitaire, précise le quotidien dakarois. Mohamed Fallou Sène, natif de Diourbel, étudiant en 2e année de Lettres, est mort suite aux échauffourées avec les forces de l’ordre. Il a été atteint d’une balle dans le ventre. C’est d’autant plus l’émoi et la consternation que le défunt étudiant de 26 ans, marié et père d’un enfant, avait célébré son anniversaire la veille, avec ses camarades (…). »

Du coup, la colère étudiante s’est propagée dans le pays. A Dakar ou encore Ziguinchor, des marches de protestation ont eu lieu, avec parfois des affrontements avec les forces de l’ordre.

Pourquoi cet étudiant a-t-il été tué ? Il ne faisait apparemment que réclamer son dû, comme des milliers d’autres dans son cas, à savoir le paiement de sa bourse d’études…

C’est « inadmissible ! », s’exclame Enquête. « Après le décès de l’étudiant Balla Gaye en août 2014, ils étaient nombreux à penser que le gouvernement allait tirer les leçons de cette tragédie et régler une bonne fois pour toutes le problème du paiement des bourses des étudiants. Hélas ! Moins de 4 ans après cet épisode douloureux dans l’histoire du mouvement estudiantin, il est écœurant de constater qu’on en est toujours à la case départ. »

Pourquoi ces retards systématiques dans le paiement des bourses ?

Et Enquête de s’interroger : « pourquoi diantre les étudiants doivent-ils toujours organiser des manifestations pour entrer en possession de leurs pécules ? Qu’est-ce qu’il y a de si extraordinaire à faire payer des bourses ? Nos autorités sont-elles à la hauteur des missions qui leur sont assignées ? D’ailleurs, c’est à se demander si ces dernières apprennent de leurs erreurs du passé. Disons-le sans sourciller, conclut le quotidien sénégalais : la responsabilité de l’Etat est entièrement engagée dans ce qui s’est passé hier à l’UGB. »

En effet, complète Aujourd’hui à Ouaga, « il faut déplorer cette gestion d’apothicaire des responsables et du gouvernement sénégalais qui attendent toujours, les cas extrêmes avant de réagir. La preuve, il a fallu la mort de ce jeune étudiant pour que le Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan daigne délier les cordons de la bourse pour commencer à les payer. » Et le quotidien burkinabé de s’interroger également : « où était l’argent depuis tout ce temps écoulé ? Qu’est-ce qui provoque ce dysfonctionnement ? »

Avec Rfi

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