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L’Olympique de Marseille et les Africains, une idylle contrariée ?

Aux larmes lyonnaises des joueurs et supporters de l’Olympique de Marseille après la défaite en Ligue Europa face à l’Atletico Madrid, mercredi 16 mai, répondent celles des aficionados du club, très nombreux sur le continent africain. Analyse d’un phénomène qui perdure, malgré les défaites.

Tribune. En remportant la Coupe d’Europe des clubs champions en 1993, l’Olympique de Marseille, fondé en 1899,  a inscrit son nom au zénith des prestigieuses formations du football mondial. La ferveur de ses supporters est connue à l’intérieur du territoire national, mais c’est peut-être à l’extérieur de celui-ci, et notamment dans le continent africain, qu’elle est la plus vive. Comment l’expliquer ?

Cri de ralliement

Son phonème, « loème », agit à la fois comme un stimulant, un cri de ralliement et, pour les Africains, c’est une invocation qui flatte ici un penchant pour l’irrationnel. Les Africains aiment intuitivement la ville cosmopolite de Marseille dont l’image et l’accent chantant des habitants évoque le lyrisme, le soleil, la convivialité, le farniente et une certaine dose de désinvolture à l’opposé de la froide rationalité, de la morgue parisienne et de l’accent pointu des Parisiens, les rivaux devenus inaccessibles.

Malgré la réduction de son statut, voire de son budget, sur la scène footballistique française et européenne, le club phocéen a cependant conservé une haute capacité de séduction et compte de gros bataillons de supporters en Afrique. Jusque dans les villages les plus reculés, les maillots bleus de l’OM, de fabrication locale, sont les plus visibles.

Grands joueurs

Cette affection pour le club français le plus titré tient aussi au fait que de nombreux joueurs africains (ou afro-descendants) ont contribué à bâtir la légende du club. A chaque ligne de l’équipe, l’observateur averti trouvera un joueur d’origine africaine bénéficiant d’une grande notoriété : comme gardiens de but de légende, on retiendra le Camerounais Joseph-Antoine Bell et l’actuel dernier rempart, l’élastique Mandanda, originaire du Congo Kinshasa.

 

Le premier nommé, emblématique capitaine de l’OM de l’ère pré-Tapie, à l’ego aussi dimensionné que son talent et son charisme étaient grands, préféra s’en aller que de courber l’échine devant un nouveau patron qui voulait s’occuper de tout, voire même d’apprendre au sourcilleux portier volant l’art de capter les ballons !

En défense, les noms de Rod Fanni, Marcel Dessailly, Basile Boli, Taye Taïwo, chantent agréablement aux oreilles des fans et en particulier, des fans de football de leurs pays d’origine : Bénin, Ghana, Côte d’Ivoire, Nigéria.

Au milieu du terrain, on retiendra sans difficulté le ratisseur de ballons et l’accélérateur du jeu, le franco-malien Jean Tigana, ainsi que le distributeur ghanéen hors pair que fut Abedi Pelé puis son fils André Ayew. En attaque, les gloires légendaires sont africaines en nombre : Larbi Ben Barek (Maroc), Salif Keita (Mali), Joseph Yegba Maya (Cameroun), Mamadou Niang (Sénégal), Samir Nazri (Algérie) et l’icône du vingt-et-unième siècle qu’est l’ivoirien Didier Drogba.

Liens tissés

L’OM et l’Afrique ont ainsi tissé un lien particulier et les dirigeants du club ont toujours orienté leur politique de recrutement vers l’Afrique. L’avenir de l’OM est donc africain. Mais cette politique intéressée et opportuniste n’a pas été, sur le plan symbolique complètement assumée par les Marseillais et singulièrement par leurs édiles politiques.

En effet, si L’OM et Marseille voulaient rendre hommage à leurs héros du stade Vélodrome en général et aux Africains en particulier, ils auraient, il y a bien longtemps déjà, à l’instar du « Walk of Fame » à Hollywood – la rue des célébrités -, inscrits sur la Canebière, le long de la promenade du Vieux-Port et en face de la mairie de Marseille, les noms des footballeurs-étoiles qui ont enchanté Marseille et la planète football.

Les Africains cités ci-dessus – et d’autres -, auxquels il faut ajouter l’ancien président du club, Pape Diouf (Sénégal), scintilleraient ainsi à juste titre sur le bitume comme ils ont brillé dans les stades pour la plus grande joie olympienne. Il reste encore à africaniser le cœur des Marseillais afin que l’idylle ne soit pas à sens unique ni qu’elle ne prenne le chemin d’une vieille contrariété qui perdure.

Avec Jeune Afrique

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