Universitaires et Etat : Une cohabitation heurtée (2éme Partie – Archive)

Le régime socialiste, dans les années difficiles des ajustements structurels  a toujours tenu à y un relai à travers des structures politiques.  Au niveau des étudiants et dans une moindre mesure des enseignants.Une politisation de l’espace universitaire qui s’est d’ailleurs accru sous le règne de Wade qui croyait fermement que les crises et grèves cycliques, concomitantes à la marche de l’université, prennent, toujours, leurs origines dans les partis politiques d’opposition. Pouvait-il faire autrement, lui, qui, en tant qu’opposant irréductible de Diouf a été très actif au campus via le mouvement des étudiants et élèves libéraux (Meel) surtout dans les années 80, jusqu’à sa prise du Pouvoir en 2000. Bref, les universitaires et le pouvoir filent rarement le parfait amour.

Retours sur les universitaires des présidents de la République et les marques que  ces derniers ont imprimées sur la marche de l’Université.

Résultat de recherche d'images pour "Abdou Diouf"Diouf face aux années de braise

1988 et 1993 deux années de chaudes contestations politiques ont grandement affecté l’université de Dakar. Comme son prédécesseur en 1966, Diouf a connu les années de braise à l’université. Ce fut en 1988 quand les étudiants menaient des grèves insurrectionnelles avec en bandoulière des revendications politiques. Ils revendiquaient une victoire électorale et réclamaient le départ de Diouf. Les mouvements d’étudiants socialistes et libéraux y menaient une guerre farouche. Wade le principal opposant de Diouf à l’époque a réussi dans ce contexte favorable à trouver des relais à l’université.  La coordination des étudiants de Dakar avec les élèves a exigé la levée de l’Etat d’urgence, la libération des chefs politiques, entre autres.

Le ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur, qui avait été mis sur pied en 1986 pour permettre à Iba Der Thiam d’avoir les pleins pouvoirs sur l’enseignement, est scindé en deux après 1988. L’Education Nationale revient à Souleymane Niang et Sahir Thiam hérite de l’Enseignement Supérieur. Les deux ministres, deux enseignants de formation – l’un professeur certifié de mathématique, l’autre professeur agrégé de mathématique – avaient pour première mission de mettre fin à la grève qui a débuté au cours de la campagne électorale. Après avoir annulé l’année scolaire 1987-88, l’Etat fait de considérables efforts pour mettre fin à cette grève. Le gouvernement d’Abdou Diouf promet l’augmentation des bourses, la création de lycées, la réfection de nombreux bâtiments et le déblocage de 10 milliards FCFA pour la seule université de Dakar. Mais faute de moyens, ces promesses ne sont pas tenues, ce qui provoque une nouvelle crise scolaire et universitaire pendant les années suivantes.1993 sera déclaré année invalide pour fait de grève presque pour les mêmes raisons politiques évoquées plus haut.

En fait,  les années d’ajustements structurels ont été à l’origine de sérieux problèmes à l’Ucad avec le blocage des salaires des enseignants. Sur le plan infrastructurel le régime de Diouf n’a pas fait beaucoup de réalisations. Les amphithéâtres construits sous Senghor et livrés en 1980 ont été les dernières réalisations que l’université ait connues jusqu’à son départ en 2000. La construction de l’Université de Saint-Louis  a été, surtout,  rendue possible grâce au volontarisme du ministre de l’éducation Djibo Kâ.

 

Wade ses réalisations et ses hommes…

Résultat de recherche d'images pour "Abdoulaye Wade"Wade entretien avec l’université des rapports assez ambigus. Il fut brièvement doyen de a faculté de droit en remplacement de Seydou Madani Sy nommé recteur. Il a été obligé par Senghor de choisir entre l’enseignement à l’université et le barreau. Il quitta avec regret.  Devenu président de la république en 2000, Wade se paie le « luxe » de nommer les enseignants universitaires à des postes ministériels pour les dégommer sans que ces derniers n’aient le temps de s’imprègnent des dossiers qui leurs sont confiés. Ainsi, Libasse Diop ancien doyen de la faculté des sciences devient ministre de l’enseignement supérieur pour quitter le poste en moins de deux mois. Diop remplaçait à ce poste Madior Diouf premier ministre de l’enseignement supérieur après l’alternance de 2000. Lui aussi n’a pas fait un an de service. Abdoulaye Bayhily membre de la coalition qui a mis Wade au pouvoir n’a duré que le temps d’une rose au pouvoir. Il devient, après,  un opposant irréductible de Wade.

Le philosophe Mamoussé Diagne,  nommé au même poste est reparti comme un coup de vent. Au département de la recherche scientifique on assista au même défilé de ministres. Christian Sin Diatta, Yaya Kène Gassama, s’y sont relayés en un laps de temps très court. Penda Mbow subit le même sort au département de la culture. Les pourfendeurs du leader du PDS voyaient dans ses agissements une volonté manifeste d’humilier cette élite universitaire.  Marie pierre Sarr et Awa Ndiaye qui ont quelque peu durer au poste ont été cooptées au gouvernement non pas entant qu’universitaire mais comme respectivement militant du PDS et responsable des femmes à Kaolack et membre imminent de la génération du concret à Saint Louis.  Kalidou Diallo a fait son entré en politique très médiatisé au PDS et proche de la Génération du concret. Il fut ministre conseiller puis ministre de l’éducation. Moustapha Sourang est coopté dans le gouvernement par le fait qu’il soit de la branche de confrérique mouride proche de Wade. Il se dit que même la fédération des universitaires libéraux qui regroupait 40 enseignants au niveau de la faculté des lettres n’a pas été créée à la demande du Pape du Sopi qui, dit-on, ne les a pas trop appuyé. .

 

Wade président a plutôt misé sur les étudiants. Comptant surtout sur l’héritage de la bande de Modou Diagne Fada et d’Aliou Sow. Le mouvement des étudiants et élèves libéraux a fait feu de tout bois au campus. Leur force de frappe financière était sans commune mesure. Des sommes de 6 à dix millions sont avancées, constituant leur virement bancaire que le parti met à leurs dispositions.

 

Sur le plan des réalisations, Wade avec l’audace qu’on lui connaît a étendu la carte universitaire le plus largement possible avec la création des CUR qui deviendront après des universités. L’octroi des bourses s’était presque généralisé. Le Bac devient le sésame pour entrer à la fac. Alors que des réformes mises en œuvre depuis 94 soutenaient le contraire. Il a fait sortir les enseignants de la quasi misère qu’ils étaient plongés depuis 1970 en doublant leurs salaires.

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *