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(Dossier) URGENCES AU SENEGAL : Entre insuffisances et appât du gain

Généralement, l’urgence se définit par la mise hors de danger à brève échéance  de l’intégrité physique, voire de la vie d’une personne. Le terme est défini comme  tout ce qui est ressenti comme une urgence par le patient. Ce qui sous entend une prise en charge rapide. De plus en plus, des pays, notamment en Amérique du Nord, accordent un périmètre beaucoup plus large à cette définition. Au Sénégal, nombreuses sont les circonstances qui rendent difficiles cette prise en charge des urgences. Comparé aux potentiels patients à traiter, le nombre des hôpitaux publics habilités à agir dans ce sens est jugé trop faible. Ce faisant, certains professionnels ont vu dans ce créneau une opportunité d’affaires.

Dernièrement, les médias se sont faits l’écho de l’histoire d’Aicha Diallo. La jeune fille est passée de vie à trépas à cause vraisemblablement d’une question de prise en charge. L’enquête dira certainement dans les détails ce qui s’est réellement passé. En attendant, le doigt accusateur est pointé vers la direction de l’Hôpital de Pikine où la défunte a été accueillie et dont les services d’urgence sont mis en cause. Conséquemment, certains voient là une bonne occasion de tirer sur l’accueil, l’écoute, la réactivité, entre autres aspects des urgences et « véritables problèmes » dans le système de santé sénégalais. Alors que le besoin est constant…

 Hausse vertigineuse des cas d’urgence

Les chiffres de la Compagnie Nationale des Sapeurs Pompiers le prouvent à suffisance. Les cas d’urgence sont de plus en plus nombreux dans les hôpitaux. «  En 2015, la Brigade a effectué 27 216 interventions dont 19 569  sorties pour les secours et assistance à personnes (accidents de la circulation, ferroviaire, malades, agression ou chutes accidentelles). Pour le 1ersemestre de 2016, elle a effectué 16 120 interventions dont 11 216 Assistance à personnes. En moyenne, la Brigade effectue 57 sorties par jour sur toute l’étendue du territoire  concernant les Assistance à personnes », renseigne le Lieutenant-colonel Moussa Niang, Commandant le Groupement des Services et le Groupement des Unités Spécialisées, chargé de l’information et des relations publiques de la Brigade Nationale des Sapeurs-Pompiers. Non sans préciser que, 63% de ces personnes sont des Dakarois.

Ces statistiques sont importantes puisqu’attestant que les personnes qui nécessitent une prise en charge d’urgence sont de plus en plus nombreuses : 11 216, rien que pour le premier semestre de l’année 2016. Une tâche immense pour la Brigade nationale des Sapeurs Pompiers qui, « ont pour devoir de garder en vie leur passager et de les mener à bon port ». C’est-à-dire les hôpitaux.

A côté des Sapeurs pompiers, le SAMU, une autre structure publique, joue aussi sa partition. Suivant ce modèle de la médecine pré-hospitalière, une structure privée comme SOS Médecins a vu le jour.

Seulement, toutes ces structures acheminent les malades dans les hôpitaux. Parfois, un problème de manque de place se pose. Qui plus est, les hôpitaux se doivent d’avoir tout le matériel et les ressources humaines requis. Ce qui n’est pas toujours le cas.

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Un manque  criard d’équipements

Pour faire de la médecine d’urgence, il faut que l’hôpital soit normalement de Niveau III, à savoir un établissement sanitaire où toutes les spécialités sont représentées. Au Sénégal, les hôpitaux de Niveau II se trouvent généralement dans les régions, renseigne une source au ministère de la Santé. Pour être reconnue comme telle, une structure hospitalière doit avoir une maternité et un service de médecine générale.

L’hôpital de Niveau III a, en plus, d’autres spécialités comme la chirurgie, l’urologie, l’orthopédie, la neurologie… L’objectif des autorités est de faire de sorte que les hôpitaux de Niveau II  puissent aussi avoir des services d’accueil d’urgences (SAU). De façon générale, l’Etat a donné des directives aux établissements publics de santé. Ces dernières se présentent comme suit : mise en place d’un service d’accueil d’urgence, nomination d’un coordonnateur, recensement des lits disponibles chaque soir, affichage de la charte du malade, entre autres, renseigne un document reçu de la cellule de communication du ministère de la Santé.

Le cas des  centres de santé

Actuellement, tous les hôpitaux  et même les centres de santé ont des services d’accueil d’urgence. Maintenant, si cela nécessite évacuation, les précautions idoines sont prises à en croire le Docteur Bopp du ministère de la Santé. Pour en avoir le cœur net, nous nous sommes rendus aux HLM, l’une des plus grandes communes de Dakar.

Ce jour-là, aux environs de 16H, les lieux étaient calmes. Devant l’entrée, quatre jeunes hommes, deux assis sur un scooter, attendaient patiemment. Sans doute, des accompagnants de patients. A quelques pas de la porte, une dame et un monsieur en tenue, respectivement l’agent de sécurité et une femme du service d’accueil. Après les avoir consultés, ils nous indiquent le bureau du médecin de garde, qui attendait sagement dans son bureau les patients pour consultation. Une heure idéale pour nous accorder un peu de son temps. Mais, la partie n’était pas gagnée d’avance. Après les présentations, le médecin commence à nous expliquer ce qu’ils font des cas d’urgence : « le plus souvent, nous les affectons dans les hôpitaux comme celui de Grand Yoff avec notre ambulance ». « Pour prendre en charge un cas d’urgence, il faut avoir un service de radiologie, entre autres. Or, le centre n’en dispose pas. Il y a un laboratoire, mais cela ne suffit pas », conclut-il.

Omar Ndiaye

Texte d’archive paru dans l’édition N° 1047 de Nouvel Horizon

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