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Démission du Ministre Mame Mbaye Niang:
La déliquescence de l’autorité au sommet de l’état?

Le fait politique saillant du week end a été l’annonce de la démission de Mame Mbaye NIANG, membre éminent de l’APR le parti présidentiel, de sa fonction de ministre du tourisme du gouvernement que dirige le Premier ministre Mouhamad Boun Abdalha DIONE. Un coup de tonnerre qui semble avoir surpris autant les populations que le Président de la république dont la réaction se fait toujours attendre…

Le slogan peut être défini comme une expression ou une phrase brève servant de cri de ralliement ou d’idéal. Aussi, « La patrie, avant le parti », au-delà de sa beauté, témoigne d’un engagement de bonne augure, tant la confusion entre le parti et l’état a gangréné le développement de nos pays, au point qu’on parlait de parti-état. Une confusion qui se fait toujours au détriment du second, car le parti est une association privée alors que l’état est l’expression d’un intérêt général, celui de toute une population.

Néanmoins, prés de sept ans après son accession à la magistrature suprême, l’on est en droit de se demander si le Président Macky Sall a donné à son slogan tout le sens qu’on est en droit d’en attendre. Ce qu’il est convenu d’appeler désormais l’affaire Mame Mbaye Niang permet d’en douter.

Le véritable message de la démission de Mame Mbaye Niang

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Le ministre Mame Mbaye Niang, avant sa démission, avec le premier ministre Mouhamad Boun Abdalha Dione – Image d’archive

Mame Mbaye Niang , alors ministre de la jeunesse et de l’emploi de 2014 à 2017, a sous sa tutelle le Programme des Domaines Agricoles Communautaires (PRODAC), l’un des projets phares du président, qui vise à la fois le développement de l’agriculture et la promotion de l’emploi des jeunes. Un projet financé en totalité sur le budget national à hauteur de plusieurs centaines de milliards de francs Cfa depuis son démarrage.

Un audit de contrôle éffectué par l’Inspection Générale des Finances (IGF) qui dépend du ministère des finances y aurait décelé des anomalies liées à des surfacturations, dépenses irrégulières, détournements de deniers publics,  selon le quotidien Libération. Ce même journal indique que la mission d’audit de l’IGF aurait recommandé l’ouverture de deux informations judiciaires suite à ces découvertes. La démission du ministre du tourisme actuel est-elle liée à ces révélations faites au moment ou il était le ministre en charge du PRODAC ? Celle ci a été annoncée sur les ondes de la Rfm le dimanche après midi connu pour être un jour administrativement non ouvrable et au moment où le chef de l’état séjournait au Canada pour les besoins du G7 des pays industrialisés. Un minimum de sens des responsabilités, d’esprit républicain ou de respect eut pourtant voulu qu’il attendît le retour de ce dernier. Tout de même, l’article 38 de la constitution est très clair : le président de la république nomme à tous les emplois civils et militaires. C’est donc lui qui devrait recevoir la démission d’un ministre et non une quelconque autre autorité de l’état. En la mettant sur la place publique durant l’absence de ce dernier, Mame Mbaye Niang a fait preuve d’une absence totale de respect envers l’institution qu’est le président.

D’ailleurs, sa démission relève plus d’une tentative de chantage que d’un honneur blessé. Retenez-moi ou je fais un malheur car mon départ, à quelques mois des élections présidentielles, peut de coûter cher au parti.
Voilà le véritable message de Mame Mbaye Niang

Cependant, ce hiatus au sommet de l’état n’est que le dernier d’une longue série de bisbilles entre responsables APR. Des guerres de positionnement qui s’expliquent par la proximité des élections présidentielles. Peaux de banane, chausse-trappes, coups dans le dos, tous les coups semblent permis pour fragiliser le concurrent et se positionner comme l’incontournable. D’ailleurs, le fait que l’affaire ait été révélée par « LIBERATION », propriété de Yakham MBAYE, membre de l’APR prouve largement que c’est un règlement de compte entre responsables politiques.

Des querelles intestines qui nous auraient laissés de marbre si malheureusement elles ne déteignaient pas sur le fonctionnement de l’état.
Le duel à distance entre le ministre de l’enseignement supérieur Mary Tew NIANE et celui des finances Amadou BA n’a t- il pas provoqué le retard de paiement des bourses des étudiants ?
Ils ont d’ailleur dû être reçus tous les deux par Macky Sall qui les a sommés de « se donner la main pour régler définitivement la question des bourses » et surtout « d’arrêter immédiatement la bataille médiatique ».

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Mame Mbaye Niang, alors ministre de Jeunesse et de la construction citoyenne, visitant les installations du Programme des Domaines Agricoles Communautaires ( PRODAC)

Les noms d’oiseaux que se lancent les députés Moustapha Cissé LO et Farba NGOM, tous deux membres de l’APR,  sont quotidiennement relayés par la presse.
Que dire de Youssou TOURE qui, relevé de ses fonctions de ministre, une chose somme toute normale, déversa son amertume et ses révélations dans la presse et ne daigna se taire après avoir demandé pardon que lorsqu’il fut réintégré ?
Quant à Abdoulaye Daouda DIALLO, ministre du transport et Cheikh Omar HANNE, directeur du COUD, ils ne trouvèrent rien de mieux que de se donner en spectacle lorsqu’ils se rencontrèrent lors d’une cérémonie religieuse au Fouta, au point que leurs partisans en vinrent aux mains. Cette confusion de genres, n’est d’ailleurs pas l’apanage du Président Macky SALL.

En son temps, après avoir démis son ministre de la santé Issa Mbaye Samb, le Président Wade dut le faire revenir après que ses partisans eurent organisé une manifestation réclamant son intégration. Même si c’était pour occuper un autre poste, celui de ministre des sports. Le problème est que aujourd’hui, le phénomène a tendance à se banaliser

Comment expliquer cette déliquescence au sommet de l’état ? Ce délitement de l’autorité ?

Certainement du fait de la confusion, volontaire ou subit, entre l’état et le parti du Président de la République. La pertinence d’une des recommandations de la Commission Nationale de Réforme des Institutions (CNRI) se vérifie avec ces querelles internes de l’APR qui impactent dans le fonctionnement de l’état. Tant que le Président de la République assumera des fonctions de chef de parti, il sera mélé  à des querelles de factions.

Ensuite l’absence de structuration du parti de Macky Sall, qui n’a jamais tenu son congrès, ni organisé de vente de cartes en ajoute à la confusion. Qui plus est, un parti qui n’a pas d’organigramme. Hormis le président dont on sait qu’il est le chef, personne ne sait qui est qui et qui pèse quoi. Un parti où la discipline s’impose difficilement, où chacun s’auto proclame porte-parole et ne parle et n’agit que dans le sens de ses intérêts. Quand ceux qui font montre de tant de désinvoltures, sont en même temps chargés des affaires de l’ état, on ne peut qu’être inquiets, quant aux promesses de lendemains meilleurs.

Faut-il d’ ailleurs être surpris que les étudiants APR se battent entre eux et contre les gendarmes au portail du palais présidentiel ? Apparemment, ils ont de qui tenir.
Enfin, le président de l’APR n’arrive pas à imposer une discipline, et surtout à s’imposer. Etre chef, c’est avant tout faire preuve de leadership, d’aptitude à manager des hommes.
Peut-être qu’il est temps de réfléchir de nouveau sur cette proposition des Assises Nationales : ne pas permettre au président de la république d’être en même temps chef de parti.
Afin que les problèmes du parti se règlent au siège dudit parti et ceux de l’état au palais de la République.

Serigne Mbacké NDIAYE

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