BABACAR NGOM
Militant pour un patronat national

Le Club des investisseurs du Sénégal mis sur pied récemment commence à poser ses premiers jalons. Reçu par le président de la République le 10 mai puis le 13 juin 2018, les membres du Club ont expliqué au chef de l’Etat leurs motivations : mettre en commun les moyens des membres pour participer aux investissements qu’exige le PSE.

Au cœur sinon au début de cette initiative, un chef d’entreprise, Papa Babacar Ngom, le fondateur du Groupe SEDIMA. L’homme est connu pour défendeur l’entreprise sénégalaise et revendique pour le capital sénégalais, une place dans les grands projets initiés par l’Etat et l’obligation pour les dirigeants politiques de se mettre à côté du patronat national pour que ses comptriotes aient leur place dans la création de richesse. Cet engagement vient sans doute de ce que Ngom a commencé au niveau le plus bas dans l’entreprenariat.
Au milieu des années 1970, Babacar Ngom abandonne tout et se lance dans l’aviculture. Son capital : 50.000 francs. Il s’installe dans la brousse de Keur Massar. Avec quelques centaines de poulets, il se lance dans l’élevage et la production de poulet de cher. C’est dans le dénuement presque total qu’il élève ses premiers poussins, les nourrit. C’est lui-même qui pile le maïs, et autres produits dont il nourrit ses poules. C’est très dur, mais l’homme ne compte point renoncer. Il n’est pas homme à démissionner devant l’adversité ou les obstacles. Enfant de Pikine, il n’a peur de rien, comme tous ceux qui sortent de cette banlieue populeuse.
En cette époque-là, la filière ne dispose d’aucune infrastructure locale pour offrir aux entrepreneurs des poussins. Il faut tout importer. Et avec tous les risques de voir tout disparaître à causes des multiples aléas. Ngom n’en continue de développer une résilience hors du commun pour construire pierre par pierre son affaire. Il faudra attendre la fin des années 1990 pour que le GIE fasse sa révolution technologique et industrielle et dans sa forme juridique. Il y a une plus grande maîtrise de la filière. De simple éleveur, Ngom passe à industriel en s’assurant la production de pondeuses et en devenant provendier. Et son nom de plus en connu à travers le pays rime désormais avec aviculture.
C’est la crise de la filière avicole en Europe avec la grippe aviaire qui offrira à Ngom et à tous ceux qui s’y activent à connaître une croissance très forte. Le gouvernement ayant fermé les frontières, les aviculteurs sénégalais investissent fortement et la filière connaît un boom extraordinaire avec une modernisation remarquable. Pour une fois, les autorités défendent l’entreprise sénégalaise malgré des tentatives de lever le bouclier.
Babacar Ngom le vétéran de la filière devient le porte-drapeau mais aussi le porte-parole de la filière. Il n’hésite pas à entrer dans la filière de la minoterie et à s’attaquer à des industriels dont les capacités de nuisance sont connues. Mais la résilience de Ngom et tout aussi connue. Il résiste à tout ! Et il encourage d’autres industriels à oser. C’est sans doute ce militantisme pour encourager la naissance d’un vrai patronat sénégalais que le fondateur de SEDIMA a pris l’initiative avec d’autres entrepreneurs célèbres de mettre sur pied le CIS. Si le Club réussi, il sera sans doute la plus grande satisfaction de cet homme, un créateur de richesses qui rêve de voir les Sénégalais avoir la maîtrise de notre tissu industriel et d’être au cœur du développement du pays.

Nh news

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