Opinion… Macky joue le Mondial

Ainsi c’est confirmé, malgré les indignations autant à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays, Macky Sall ira bien en Russie pendant douze jours pour supporter les Lions. Si au moins il avait été un féru du ballon rond, certains lui auraient trouvé des circonstances atténuantes : la passion du ballon rond. En revanche, c’est connu et prouvé, il n’a jamais fait montre d’un quelconque penchant pour le football et n’ a jamais assisté à un match des Lions de la Téranga.

Comment alors expliquer cet amour soudain et passionel pour le football au point de délaisser ses responsabilités au pays pour une villégiature de près de deux semaines en Russie pour faire corps avec les Diambars? En réalité, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. La collusion entre le sport et la politique remonte à l’ antiquité. Dans la Grèce antique, rappelons, pour commémorer la victoire de Pelops sur Oenomaos dont il voulait épouser la fille Hippodamie, furent organisès les premiers jeux Olympiques en 776. Des jeux qui se tenaient à l’Olympie, dans l’Elide, un sanctuaire dédié aux Dieux où fut érigée la statue de Zeus dans un bois sacré appelé Altis. Ces jeux étaient des moments de répit entre ces communautés qui passaient le plus clair de leur temps à se faire la guerre.

Beaucoup plus récemment, et plus exactement en 1998, dans une France divisée en communautés, arabes, africains, blancs du fait d’une mauvaise politique d’intégration des Français d’origine étrangère, le président Chirac profita de l’euphorie née de la victoire des Bleus à la coupe du monde pour promouvoir le Blanc BLack Beur, autrement dit, une nation harmonieuse malgré sa diversité.

L’intérêt que les chefs d’ Etat africains accordent au football et surtout à leurs équipes nationale va au delà de la valeur intrinsèque de celles-ci. En effet, l’ equipe nationale y est presque partout et pour tous, une affaire d’Etat, et elle est souvent gérée par le chef d’Etat lui-même, ce qui se traduit souvent par des confrontations avec les fédérations, obligeant la FIFA a intervenir (Sénégal, Mali, Cameroun, Gabon, Tchad, etc.)

En 2002, après sa victoire sur la Namibie, synomyme de qualification pour la coupe du monde en Corée, Abdoulaye Wade, alors en France, avait d’ abord exigé que les Lions l’attendent en Mauritanie enfin qu’ ils rentrent ensemble au pays où une population en liesse attendait les héros.

Un journaliste de RFI raconte qu’après la qualification des Lions pour les huitièmes de finale de cette même coupe du monde, le président Wade qui devait se rendre à l’aéroport demanda à son chauffeur de passer par Sandaga, point de convergence de millers de Sénégalais surexcités, alors que d’habitude il passait par la corniche.
Lors de la coupe du monde de 2014 au Brésil, les joueurs ghanéens, exigèrent le paiement des primes de participation avant de fouler le gazon, qui plus est, en liquide et en devises, obligeant leur président à mettre 3 millions de dollars dans un avion, direction, le Brésil.

En 2015, le président Alassane Dramame Ouattara ne lâcha plus les Éléphants après leur victoire à la coupe d’ Afrique des nations organisée dans leur pays. Du palais, au stade en passant par les rues d Abidjan, le président les accompagna partout pour partager avec eux, les bains de foule. Monsieur Alain Lobognon, alors ministre des sports dira même que c’est grâce au président que la Côte dIvoire a remporté la coupe alors que le RDR son parti dans un communiqué appellera les Ivoiriens à rester disciplinés et à appliquer les consignes du chef pour gagner toutes les victoires sur le sous développement.

Il faut noter qu’ on était à quelques mois des élections. L’opposition n’avait pas d’ailleurs tardé de dénoncer une récupération politique. Les chefs d’état, surtout en Afrique, utlisent souvent l’équipe nationale pour faire diversion, susciter un simulacre d’union nationale et de fierté enfin de détourner les populations de la réalité quotidienne.
Le football comme succédané ou ersatz pour les jeunes à défaut d emplois et au pire compter sur un effet placebo. Une tétine qu’on met dans leur bouche comme une maman pour son bébé, pour tromper sa faim. L’histoire a pourtant montré que la réalité finit toujours par les rattraper lorque l’euphorie de la victore, éphémère par essence, finit par s’estomper.
Ansi en France, la bulle Blanc Black Beur ne tarda pas à se dégonfler et en 2008 les banlieues s’embrasérent avec des centaines de voitures incendiées chaque nuit par de jeunes Francais d’origine arabe ou d’Afrique noire, délaissés par le système.

En Afrique ausi, la réalité finit toujours par rattraper ceux qui ont misé sur le football plutôt que de s’attaquer courageusement à la réalité.
Macky Sall croit pouvoir profiter de la participation des Lions pour la deuxième fois de leur histoire et de l’union sacrée autour de l’équipe pour éluder les sujets brûlants de l’heure : pétrole, élections, parrainages, justice sans compter les problèmes structurels : chômage, école, eau Comme les autres avant lui, il finira par être rattrapé par la réalité et ceci quelle que soit l’issue de la campgne russe des Lions.

Serigne Mbacke Ndiaye

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2 pensées sur “Opinion… Macky joue le Mondial

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