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LE FAIT DU JOUR / COMMENTAIRE : Le Sénégal, un nouveau pays riche

Le ministre de l’Economie et des Finances Amadou Ba, est devenu depuis peu le plus prolixe des communicateurs du Président Macky Sall. Il y a quelques jours, il révélait que le Trésor Public National détenait dans ses coffres plus de 700 milliards de francs Cfa comme pour s’inscrire en faux contre les propos tenus par Mamadou Lamine Loum, son ancien patron d’ailleurs, qui avait clamé que l’Etat  faisait face à des tensions de trésorerie.

Les entreprises sénégalaises, leaders dans le secteur des bâtiments et travaux publics que sont la CDE, Eiffage et la CSE qui ont exécuté des marchés pour l’Etat à hauteur de 75 milliards de Francs CFA, attendent toujours d’être payées. Ainsi que les Ecoles supérieures de formation qui elles, aussi, réclament près de 19 milliards de créances que leur doit l’Etat depuis plusieurs années. Sans oublier le reste du stock de la dette intérieure qui obère totalement l’activité économique du pays.

Cette fois-ci, à l’image de Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans s’en rendre compte, le très sérieux Ministre de l’Economie et des Finances du pays des Lions de la Téranga, nous annonce sans sourciller que le Sénégal est le 4epays du continent ayant la plus solide économie, après celle du Maroc, de l’Afrique du Sud et de la Namibie. On ne peut donc que lui dire bravo.

Le Ministre Amadou Ba fait reposer son argumentaire sur la solidité de notre économie par le « rating » (notation) que l’agence « Standard and Poors » a octroyé à notre pays.

Il est évident que les critères de cette agence de notation reconnue comme étant une signature de référence par le monde de la Finance mondiale et celui du Grand Capital international ne sont pas usurpés. Elle utilise un protocole qui obéit à des règles précises et s’applique à tous les pays du monde et obtenir une note allant de A+ à B+ de sa part est une présomption qualitative et positive hautement appréciée par les bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux ainsi que le monde de la Haute Finance.

Néanmoins, les populations sénégalaises qui reconnaissent les prouesses économiques du gouvernement de Macky Sall dans leur effort de maîtrise de l’inflation n’arrivent pas à bien percevoir  les effets positifs que les partenaires du Sénégal ainsi que les agences de notation décernent à la politique économique appliquée sous le label du PSE. Le social semble être le parent pauvre de ce nouveau programme du Président Macky Sall qui a détrôné le « Yoonu Yokkute ».

De 2012 à aujourd’hui, beaucoup d’emplois ont certes été créés, mais nous sommes loin des 500 mille nouveaux jobs promis. Le Smig a été tout récemment augmenté, mais les contrats d’emploi à durée déterminée ainsi que les prestations de service, sans oublier les stages non rémunérés sont devenus aujourd’hui les rares opportunités  d’emploi

De même, des augmentations sensibles sur des produits comme le ciment, les produits alimentaires manufacturés, viennent récemment d’être mises en application avec le relèvement de certaines taxes douanières et fiscales impactant sur leur prix de vente au public.

L’agence de notation « Standard and Poors » n’a certainement pas tort en décernant un satisfécit au Sénégal. Le Ministre a, lui aussi, raison en disant que l’Etat vit mieux car son cadre macro-économique s’est beaucoup assaini au point d’ailleurs qu’il a renoué avec sa boulimie de création d’agences sans oublier au passage d’améliorer la qualité de vie de ses grands serviteurs qui bénéficient tous de multiples avantages entre prime, reclassement, rappel, dotation en nouveaux véhicules et matériels administratifs.

La meilleure preuve que l’Etat sénégalais vit bien, tout à son aise, et que ses grands serviteurs peuvent attester est que le Président de la République, en s’octroyant des vacances en Russie y est parti avec plus d’une centaine de personnes invitées par ses soins aux frais de la princesse.

L’Etat est aisé, les citoyens sénégalais, pas encore et devront attendre l’horizon 2021 avec le démarrage de l’exploitation pétrolière pour entrer dans ce club des nouveaux riches de la République.

Peut-être qu’en ce moment, l’indice du développement humain que le PNUD publie annuellement fera figurer notre pays dans le club des 5 pays leaders du continent dans ce registre où le social remplace l’économie.

Abdoulaye Bamba DIALLO

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