DOSSIER / PHENOMENE MIGRATOIRE (partie 2) : La source du mal

Après l’Aquarius et ses 639 migrants, c’est au tour du bateau Lifeline de l’ ONG Allemande, avec 239 personnes à son bord, d’errer dans les eaux internationales, près de Malte , après que tous les pays approchés, aient refusé de l’accueillir ( Allemagne,  Pays Bas, Italie, Malte, France…).

Au même moment, comme en écho à sa quête de solution, se tenait ce dimanche 24 juin 2018 à Bruxelles, un mini sommet de l’Union Européenne, chargé de préparer celui du jeudi 28 et vendredi 29  juin 2018, dont l’unique objectif sera de trouver une issue à la problematique migratoire qui est en train de gangrener les relations entre les 27 pays membres. D’ailleurs , seuls 16 des 27 pays sont présents à ce sommet. Les autres, dont certains, réunis autour du bloc de Visgrad et composés de pays de l’ est, Pologne, Tchèque, Hongrie, Slovaque, nationalistes et anti réfugiés ont décidé de boycotter la rencontre.

Un sommet qui est très mal parti. En effet, le président Français, Emmanuel Macron propose la création de centres fermés dans les pays d’ arrivée, autrement dit, l’Italie et la Grèce où les demandes d’ asile seront examinées. Ceux dont les demandes sont acceptées seront ensuite répartis entre pays membres, alors que les déboutés seront refoulés. Une proposition aussitôt rejetée par le ministre Italien de l’ intérieur Salvini, qui accuse la France de vouloir transformer son pays en camps de réfugiés où déjà 13 808 migrants sont arrivés depuis le début de l’année alors que la Grèce en compte 11239 pour la même période. Ceux de l’ Europe centrale et de l’est  sont encore plus catégoriques et se disent non intéressés. Salvini exige plus de solidarité aux autres membres pour soulager son pays qui croule sous cette ruée massive, alors que les autres pays se barricadent, à l’image de la France qui a fermé ses 515 kilomètres de frontière avec l’ Italie et refoule systématiquement tous les migrants qui essaient de la franchir, notamment vers la ville de Vintimille.

Mais, qui sont ces migrants Africains? De quels pays viennent-ils? Pourquoi prennent-ils autant de risques pour arriver en Europe où , ils ne sont plus les bienvenus? Quel est leur apport dans l’économie de leurs pays d’origine?

L’ Organisation Internationale des Migrations ( OIM), dans son recensement de 2015, place le Nigeria en tête des pays Africains pourvoyeurs  avec  19576 migrants. Viennent ensuite, la Gambie ( 6759), le Mali (5118), le Sénégal (5044), le Ghana (3946), la Cote d’ Ivoire (3023), la Guinée Conakry (1916), le Cameroun (1076), la République Démocratique du Congo (390)

En 2017, d’ autres pays feront leur entrée dans le top 10, selon le ministère Italien de l’intérieur.

Résultat de recherche d'images pour "Life line"Si le Nigeria occupe toujours la première place avec  18 0000 migrants, la Guinée Conakry arrive en deuxième position ( 9600) , le Mali, l’ Érythrée,  Soudan, Sénégal,  Gambie…

La découverte du pétrole dans le  pays Ogoni n’ a pas généré un miracle économique pour les habitants de la région du Detroit du Niger. En effet, selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, l’exploitation du pétrole a été très préjudiciable à la flore, la faune, les nappes phréatiques ainsi qu’à la pêche et la santé des populations. Ce qui a généré un exil massif des habitants, dont certains vers l’ Europe.  Il faut y ajouter le phénomène Boko Haram, un mouvement djihadite d’ obédience Salafiste né à Maiduguri au nord ouest et qui sème la terreur dans la sous région: Nigeria,  Cameroun, Tchad,  Niger, entraînant un déplacement massif de populations.

La Cote d’Ivoire, que sa relative prospérité et sa stabilité politique sous Houphouët Boigny a toujours préservé de l’ émigration de masse, a vu sa situation basculer en 2010, avec sa crise politique et la guerre civile qui devait s’ ensuivre, entraînant un déplacement massif de populations.

Pays très pauvre, le Mali, dont le territoire immense sert de cachette et de terrain  de repli à d’ innombrables mouvements djihadistes et terroristes( Jammaat Nasr Al Islam wa Al Mouminin, Ansar Eddine, AlMourabitoune, Al Qaida) sans compter les mouvements sécessionnistes comme le Mouvenent pour la Libération de l’  Azawad.

L’Erythrée, pays le plus fermé d’ Afrique, qui depuis son indépendance le 24 mai 1993 est dirigé d’une main de fer par Isaias Afwerki.

Le Soudan du Sud qui est le théatre d’une guerre civile opposant depuis 2013 les hommes du président Salva Kiir à ceux de son vice président  Riek Machar.

Toutes ces guerres et terreurs ont été décuplées par la mort  de Khadafi le 20 Octobre 2011 et la prolifération de ses armes dans beaucoup de pays Africains.

Le verrou Libyen qui protégeait peu ou proue le territoire Européen et qui a sauté du même coup, fera le reste en déviant le lit de la migration du Maroc et le Detroit de Gibraltar vers la libye et la méditerranée.

Au Sénégal,  le pillage des ressources halieutiques sera à l’origine du mouvement Barça ou Barssakh qui a vu en 2007 des milliers de jeunes prendre la mer pour l’Espagne, explique aujourd’hui encore le départ vers la méditerranée.  Il faut aussi y ajouter le taux de chomage très élevé et l’absence de perspectives pour une jeunesse souvent sans formation.

A tous ces maux, il faut ajouter de manière générale,  la corruption,  la mal gouvernance et l’exploitation des ressources naturelles de nos sous sols par ces mêmes pays qui aujourd’hui,  rejette ces Africains dont ils ont pourtant largement contribué à creer les conditions de depart.

Serigne Mbacke Ndiaye

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2 pensées sur “DOSSIER / PHENOMENE MIGRATOIRE (partie 2) : La source du mal

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