La leçon japonaise: Un viatique pour la suite de la compétition

Sénégal-Pologne 2-1, Sénégal-Japon 2-2. Entre ces deux scores, une multitude d’observations, de remarques et de questionnements sur l’identité, la personnalité  et le caractère des Lions. A quel Sénégal se fier au regard de la physionomie des deux matches.

Face à la Pologne considérée avant de Mundial comme l’ogre du groupe H en compagnie du Sénégal, du Japon et de la Colombie, le monde du football s’attendait à une épreuve difficile pour les Lions. L’équipe polonaise conduite par un certain Lewandowski, buteur patenté du Bayern de Munich et l’un des meilleurs réalisateurs des matches de qualification, était donnée comme le rouleau compresseur qui allait tout écraser sur son passage.

Pourtant, beaucoup n’avaient pas donné un contenu réel aux propos de l’avant-centre polonais dont les craintes étaient bien fondées.  Il l’avait dit en termes sans équivoque arguant que le Sénégal est une équipe de contre dont les attaquants sont très rapides et doivent être surveillés de près. Il ne savait pas si bien dire quand on connait la suite de la confrontation avec les Lions et les séquelles de cette partie qui ont conduit aux difficultés actuelles de cette équipe. Lewandowski et sa bande n’ont pas survécu à l’épreuve de force qu’ils ont voulu imposer aux Lions.

Ils l’ont lourdement ressenti face à la Colombie lors de leur deuxième sortie où ils n’ont pas pu tenir physiquement. Auront-ils le temps et la force morale de récupérer devant des Japonais euphoriques à la suite de leur match contre le Sénégal (2-2) à la suite d’une résistance bien héroïque. Dans cette partie aux multiples bouleversements, le Japon a emprunté du Sénégal un adage qui, au demeurant, ne lui est pas étranger : « on nous tue, on ne nous déshonore pas ».

Et c’est sur ce point que nous axons la deuxième lecture du comportement des Lions qui, après avoir conquis le public russe et entretenu les espoirs pour un futur plus radieux, n’ont pas su faire honneur à une réputation qui ne semblait ni surfaite ni usurpée.

Hélas, devant les Japonais, les Lions ont oubliée qu’une bonne équipe, c’est d’abord une bonne identité et une forte personnalité. En haute compétition, le talent, à lui seul, ne suffit pas. Il faut également de l’engagement, et une volonté inébranlable de s’imposer quel que soit l’adversaire.

Aliou Cissé pensait sans doute que l’équipe japonaise était aussi calculatrice que les autres équipes européennes. Il n’avait pas tort, mais le calcul japonais était tout autre. Ce calcul repose sur une règle mathématique assez singulière : le Sénégal dispose de deux voire trois joueurs qui pouvaient faire mal, il faut les empêcher de jouer et exploiter les éventuelles failles de la défense pour marquer.

Sadio Mané, Mbaye Niang et Ismaila Sarr l’ont appris à leurs dépens pour n’avoir pas su que dans ce genre de matches, il faut jouer plus avec la tête qu’avec les jambes. A preuve les fautes non sanctionnées (par un arbitre italien assez complaisant) commises par les Japonais dont le but était simplement d’empêcher les Sénégalais de se rapprocher de leur camp.

L’erreur de Aliou Cissé est d’avoir décroché Mbaye Niang de  la surface japonaise alors qu’il devait servir de pivot en utilisant la force de pénétration des ailiers Sadio Mané et Ismaila Sarr pour peser sur la défense adverse. Mais en demandant à Niang de descendre pour venir chercher la balle, il l’obligeait en même temps de tourner le dos à la défense averse et de se faire prendre en étau par les arrières centraux.

Deuxième erreur de l’entraineur sénégalais : le fait de ne pas comprendre sitôt que les Japonais avaient choisi de jouer derrière la défense sénégalaise, surtout au niveau de Moussa Wagué. En essayant de faire bouger la défense sénégalaise dans tous les sens, les japonais n’avaient qu’un seul objectif : jouer sur le flanc droit pour déséquilibrer la défense et balancer vers la gauche dans le dos de Wagué. Le deuxième but japonais en est une illustration marquante, pour comme d’ailleurs le premier but.

C’est dire que la leçon japonaise, une leçon technico-tactique est à prendre comme un cours magistral de réalisme et de discipline de jeu. Savoir jouer sur les faiblesses de l’adversaire et maitriser l’exploitation des temps forts et des temps faibles. Ce qui ne semble pas être le point fort des Africains.

Aliou Cissé et ses Lions doivent comprendre qu’à ce stade de la compétition, chaque équipe doit savoir jouer avec ses propres forces en étudiant les faiblesses de l’adversaire. Si les Lions saisissent bien la portée de cette leçon, ils auront là un viatique pour la suite de la compétition.

 

Source : Senegalfootballclub.com

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