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DOSSIER MIGRATOIRE / (Partie 3) : Pourquoi le silence des chefs d’Etat Africains ?

Le ministre Italien de l’intérieur Matteo Salvini, leader de la Ligue (parti nationaliste et anti-migration ) a effectué une visite surprise en Libye ce 25 juin 2018, avec pour objectif avoué, se décharger sur les autorités Libyennes, afin de stopper le flux de migrants avant qu’ils  n’atteignent les rives Italiennes, en accord avec les autres pays de l’Union et ceci, contre soutien financier et accords commerciaux.

D’ailleurs,  le ministre a déjà transféré aux gardes côte  Libyens, les compétences du Centre de Coordination des Secours en mer ( MRCC), basé à Rome.Il s’ agira, selon le ministre,  de donner aux gardes côte ( qu’ il a rencontrés et félicités pour la qualité de leur travail) les moyens nécessaires , afin qu’ ils fassent barrage entre les zodiaques des migrants et les bateaux des ONG qui mouillent dans les eaux internationales pour leur venir en aide.

Si le vice président Libyen du gouvernement d’ union nationale ( GNA) Ahmed Maiteeq a rejeté la proposition de l’ Italie de créer des centres de détention sur son territoire, par contre, il semble d’accord pour aider les Européens à installer des centres d’accueil et d’ identification à l’ exterieur de la frontière sud, entre le Mali, le Niger et le Tchad .

Monsieur Salvini semble donc prendre le problème à bras le corps, devant l’ absence de solidarité des autres pays de l’ Union. Il donnera d’ ailleurs plus de détails sur son plan au conseil de l’ Europe ce 27 juin.

Le paradoxe dans ce maelstrôm qui secoue l’Union Européenne depuis des années,  c’est sans aucun doute le silence des chefs d’état Africains, qui sont pourtant les premiers interpellés.

Comment expliquer cette Aphonie, et cette atonie?

Pour trois raisons principalement:

• LE SENTIMENT DE CULPABILITÉ

En effet, entre la mal gouvernance, la corruption,  le bradage des ressources naturelles de nos pays, les guerres pour conquérir ou garder le pouvoir, les chefs d’ état ont créé les conditions du chaos politique, du délitement social et de l’ affaissement économique qui ont poussé à cette ruée vers la méditerranée.

• SURPLUS DE PRESSION DÉMOGRAPHIQUE

L’ Afrique affiche les taux de croissance démographique les plus élevés au monde. Selon Index Mundi, il est de 44 pour mille au Niger et auMali, 40 en Somalie, 37 au Nigeria,  35 en Guinée,  33 au Senegal, soit une moyenne de 5, voire 6 ou 7 enfants par femme. Cette pression démographique sur les maigres ressources économiques des pays Africains est déjà sources de beaucoup de conflits sociaux: chômage,  santé, éducation…

Un retour massif des migrants dans leurs pays pourrait donc être fatal pour des économies déjà très précaires et surtout pour les régimes en place.

• TRANSFERT DE FONDS CRUCIAUX

Le Fond International de Développement Agricole ( FIDA), une institution spécialisée de l’ ONU, est on ne peut plus clair:

les flux migratoires et les transferts d’argent des migrants ont un impact à grande échelle sur l’ économie de ces pays. Ainsi,  toujours selon le FIDA, le transfert de fonds des migrants vers l’ Afrique a atteint la somme de 33 milliards de dollars en 2016. Le Nigeria en a capté 19 milliards et le Senegal 2 milliards de dollars.

Ce montant passe à 65 milliards de dollars en 2017, selon l’ African Institute Remittance (AIR) et provient de 30 millions de migrants Africains dans le monde. Pendant ce temps, l’aide au développement reçue par l’ Afrique est de 29 milliards de dollars en 2017

Pour le cas spécifique du Sénégal, et selon la Banque Centrale des États de l’ Afrique de l’ Ouest ,( BCEAO), le montant transféré par les migrants Sénégalais s’ élève à 936 milliards de CFA en 2011, 947 milliards CFA en 2015 et 1000 milliards de CFA en 2016. 17% de ce montant est pour la région de Dioubel, 16% pour Dakar et 15% pour Kaolack.

Selon la Banque Mondiale, les montants révélés sont très en deçà des sommes réelles transférées, car une bonne partie prend des canaux informels et passent souvent par des réseaux financiers Mourides. Ce transfert occupe 13,5% du PIB du Sénégal.

Par comparaison,  l’ apport de la pêche est de 203 millards CFA en 2016, selon le ministre de la pêche et de l’ économie maritime, Oumar Gueye et participe pour 3,2% de notre PIB.

Le tourisme a lui généré, 465,9 milliards FCA en 2017 et 6,3% du PIB. Enfin, l’ aide au développement reçue annuellement par le Sénégal est de 550 millards FCA.

Une simple comparaison des différents chiffres permet d’avoir une idée du poids économique des migrants et pourquoi on est pas prêt  de voir les chefs d’ état Africains faire leur, la déshérence des migrants en Libye et en Europe.


Serigne Mbacké Ndiaye

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