HARO SUR AUCHAN : La bataille perdue de l’UNACOIS JAPPO

L’histoire semble se répéter. Après les Chinois il y a quelques années, c’est au tour du distributeur Français Auchan, d’ essuyer l’ire des commerçants Sénégalais regroupés au sein de l’ Unacois Jappo.

Auchan est un danger pour l’industrie, l’agriculture, l’élevage et le transport au Sénégal et risque d’envoyer de nombreux jeunes au chômage. Selon leur communiqué.
Ces entreprises internationales affichent la volonté de rayer les commerçants Sénégalais, d’ aliéner les consommateurs et de remettre en cause l’ autonomie économique du Sénégal, renchérit son secrétaire général Modou Diop .

Jouer la fibre patriotique, tout en brandissant le spectre d’un effondrement économique , semble être la stratégie de l’Unacois pour faire face à l’offensive des Français.
Les commerçants Sénégalais avaient perdu face aux Chinois, ils perdront de nouveau devant les Français s’ils persistent dans cette ligne de défense suicidaire. Car le B A BA du commerce, et tous les commerçants vous le diront c’est : Le client est roi.
Car, dès l’instant qu’ ils sont légalement installés , l’unique décideur est le client et Auchan est en train de gagner les faveurs du client, si ce n’ est pas déjà fait.

Il y a trois sortes de distributions dans le pays, ( le Sénégal ) révèle Laurent Leclerc alors directeur d’ Auchan Sénégal à Jeune Afrique: Le très haut de gamme sur lequel Casino s’est positionné en se contentant de toucher 2% a 3% de la population, les marchés locaux qui captent la clientèle qui a peu d’argent et entre les deux, il existe tout un tissu de supérettes plus ou moins modernes, propres, climatisées, garantissant la sécurité alimentaire et offrant des prix comparables à ceux qu’ ils espèrent (les clients) trouver sur le marché.

C’est à ce très large marché qu’Auchan s’est intéressé.
En offrant aux clients des produits diversifiés et de qualité (en s’approvisionnant parfois auprès de producteurs locaux), avec des risques de rupture amoindris tout en mettant l’accent sur l’ hygiène et la qualité de service, le tout dans un cadre agréable et climatisé.

On aurait pu croire que de telles offres de services se répercuteraient nécessairement sur le prix des produits, or l’ Enseigne a décidé d’adopter une stratégie commerciale gagnante: rogner sur le bénéfice et miser sur le volume de clients. C’est ainsi qu’ un paquet de lait d’une marque connue coûte 1380 CFA sur le marché et 1150 FCA chez Auchan , alors que la bouteille d’huile d’une autre marque, vendue a 1200 FCA chez le commerçant du coin est à 900 CFA chez Auchan.

Mieux, Auchan régule le marché en empêchant la spéculation et la rétention des marchandises dont les prix flambent toujours à l’ approche des fêtes. Ceux des oignons, pommes de terre, viande, huile et autres ont toujours été inabordables à la veille des fêtes, plongeant les populations aux revenues modestes dans le désarroi. Or, tout le monde aura remarqué que tel ne fut pas le cas lors de la Korité. Les populations ont pu s’ approvisionner tranquillement, et tout porte à croire qu’ il en sera désormais ainsi.
C’est tout celà qui explique le succès d’Auchan qui, faut-il le rappeler, n’est arrivé au Sénégal que depuis 2014 sous l’ Enseigne Atac et appartient à la famille Mulliez. Ils ont absorbé City Dia, un autre distributeur et en sont aujourd’hui à 28 points de vente et en viserait 160, pour un investissement initial de 65 milliards CFA. Leur chiffre d’ affaire durant la seule période du ramadan 2018 a été de 8 milliards CFA.

Voilà la réalité des faits, et plutôt que de verser dans la victimisation, les commerçants Sénégalais devraient se remettre en cause. Le temps n’est plus à l’informel et les consommateurs aspirent à la qualité et au meilleur prix.
En France, des commerçants, agriculteurs et artisans se sont réunis en coopérative pour monter Super U qui est une grande surface à l’image d’ Auchan.Voilà l’ avenir des commerçants et de tous ceux qui interviennent dans la chaine agroalimentaire, mutualiser les spécialités, afin de proposer au client des produits capables de faire face à la concurrence.
Le patriotisme économique n’est viable que lorsque les offres sont de même qualité. Sinon le client se dirige là où le rapport qualité/prix est le meilleur.
En l’espèce , c’est chez Auchan.

Serigne mbacké Ndiaye

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