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BRMV : Stimule t-elle vraiment l’économie de la Zone Uemoa ?

La BRVM, c’est la Bourse (place financière/marché financier) régionale des valeurs mobilières des 8 pays de l’espace Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest que sont: Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo.La BRVM occupe la sixième place au classement des bourses africaines derrière les bourses d’Afrique du Sud (90% de la valeur totale de la capitalisation boursière en Afrique), du Nigeria, de l’Egypte, du Kenya et du Maroc. La BRVM est constituée de 45 sociétés cotées et de 41 lignes et elle revendique une capitalisation boursière de plus de 9.800 milliards de FCFA (17,4 milliards de dollars).Voila pour le tableau panoramique.

Dans le fond, une question mérite d’être posée sur la BRVM, 20 ans après sa création. Qu’a t-elle apporté de significatif, à l’économie de la Zone Uemoa et à l’économie domestique respective des huits pays membres de l’Uemoa?

Car, au moment où la croissance du PIB de la Zone Uemoa connait une embellie (4,9% en 2012; 7% en 2013; 6,1% en 2014; 2% en 2015; 4% en 2016 et 5,8% en 2017) et que les deux économies locomotives de l’Uemoa, la Cote d’Ivoire et le Senegal, connaissent une croissance moyenne de 7% depuis 2012 pour l’un (RCI) et 6% depuis 2015 pour l’autre (SN), la BRVM a connu une baisse de 16,81% en 2017 et connait une baisse de 10,42% (une perte de 217,73 points) depuis le début de l’année 2018. Ce qui cause une panique générale chez certains investisseurs parce que logiquement, cette embellie de croissance dans la Zone Uemoa devrait impacter les performances de la BRVM dans un marché rationnel.

A l’analyse, il semble que la BRVM est en fait décorelée de la réalité de nos économies domestiques respectives et à l’environnement socio-économique de la Zone UEMOA au PIB égal à 18.458,8 milliards de FCFA.

La preuve, 80% des ressources levées sur la BRVM qui a vu son volume de capitalisation augmenter de 88% entre 1998 à 2016, ont été destinées au financement des Etats de l’Union et particulièrement aux secteurs de l’énergie, de la télécommunication et des infrastructures. Alors que les défis les plus pressants de nos entreprises et de nos entrepreneurs, se trouvent dans l’industrie légère et la transformation (Agro-alimentaire, Elevage et Pèche).

La BRVM, une  »bourse inutile et coûteuse » ?

Comparée aux autres bourses africaines, la BRVM offre les taux de rémunération les plus attractifs sur le marché des emprunts obligataires (entre 5% et 7,5% contre 3,5% sur les autres places boursières en Afrique). Cependant, la BRVM est en Afrique, la place boursière la plus chère en termes de coûts de transactions. En effet, la BRVM perçoit près de six commissions dont les valeurs varient entre 0,025% et 0,3% et en plus de ces commissions perçues par la BRVM, il faut ajouter les trois commissions perçues par le Dépositaire Central/Banque de Règlement.

A coté des coûts de transactions coûteux, la BRVM ne propose, 20 ans après son lancement, que seulement deux produits financiers à savoir les obligations et les actions. Elle ne fait ni les bons de souscription, ni les warrants, ni les options, ni les obligations convertibles, ni les certificats, ni les trackers.

A coté de son offre de produits financiers, la BRVM reste un marché dominé par deux entreprises (Sonatel et Ecobank Transnational Incorporated) et ces deux entreprises totalisent près de 44% de sa capitalisation. La BRVM a démarré ses activités avec 35 entreprises cotées, 18 ans après, elle ne compte que 45 entreprises cotées dont 32 entreprises ivoiriennes. Même avec l’ouverture d’un guichet PME/PMI qui représentent 80 à 90% des entreprises de l’espace UEMOA, pour les accueillir sur le marché boursier régional, la BRVM a un nombre insuffisant de sociétés autochtones cotées, une faible dimension moyenne des sociétés, un faible taux de liquidité (valeur des actions échangées par rapport à la capitalisation totale du marché), le nombre de sociétés dont les actions sont cotées est généralement faible et l’échange d’une ou de quelques valeurs seulement domine souvent l’activité boursière. Sans compter que les Ouest Africains, ne peuvent pas investir à l’étranger à partir de la BRVM et cette limitation est à sens unique, puisque des investisseurs étrangers peuvent acheter des titres à la BRVM. Ce qui fait que la BRVM représenterait un gros risque pour l’économie de la Zone Uemoa, celui de l’exposer à la volatilité et à la spéculation des capitaux mondiaux.

Au terme de cette analyse, la BRVM ne stimulerait pas le développement économique de la Zone Uemoa et de nos huit économies respectives et serait perçue comme « inutile et coûteuse ».

Mohamadou Sire SY

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