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COMMENTAIRE : La politique de l’autruche

N’en déplaise à madame Anta Sarr Diacko, délégué général à la protection sociale et à la solidarité nationale, dans l’esprit de celui qui reste des jours sans manger, il n’ y a pas de degrés dans la faim. Famine, sous alimentation, déficit alimentaire, les mots importent peu: il a simplement faim.

Cette situation de sous alimentation qui est en train de se généraliser dans le monde rural est pourtant structurelle et endémique , et ne constitue une surprise pour personne qui se donne la peine de regarder la vérité en face.

Un paysan mort quelques siecles plus tôt et ressuscité ne se serait pas dépaysé en visitant le monde rural. Les mêmes gestes, les mêmes techniques, les mêmes outils traversent les âges, comme si ces gestes et ces techniques ne sont pas inscrits dans le cerveau des paysans, donc perfectibles, en vue de tendre vers l’auto suffisance alimentaire, mais plutôt dans leurs gènes, donc frappés du sceau de l’immuabilité.

Nous étions 3 millions de Sénégalais en 1960 et 15 millions aujourd’hui et continuons pourtant de dépendre de l’hivernage pour vivre. S’il pleut, tant mieux pour le paysan, sinon tant pis. 15 millions de Sénégalais et aucune politique de maîtrise de l’eau pour libérer nos paysans de l’étau des saisons: saison sèche-saison humide. Et voilà que le changement climatique s’en mêle. Avec les gaz à effets de serre, la belle machine de la nature s’est détraquée, avec des retards de pluie qui prolongent la période de soudure et instalent la famine dans le monde rural et partant dans tout le pays.

Ce que les paysans attendent de l’état ce ne sont pas des cash transferts mais d’être libérés de la dictature des saisons avec la possibilité de faire plusieurs récoltes par an. Et c est possible. Nos nappes phréatiques sont assez remplies pour permettre une maîtrise de l’eau. En son temps, le président Abdou Diouf avait envisagé la revitalisation des vallées fossiles. Il faut réactualiser l’idée.

Il n’y a pas d’émergence sans auto suffisance alimentaire, et il n’y a pas d’auto suffisance alimentaire sans maîtrise, de l’eau en sus de semences et des intrants de qualité.
Tant que le Sénégal continuera de dépendre du ciel pour vivre , le regard hagard de ces hommes, femmes et enfants affaiblis par la faim, fera malheureusement partie de notre quotidien.

S Mb Ndiaye

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