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Le fait du jour / COMMENTAIRE : 1 milliard aux éleveurs EFFETS D’ANNONCE

Osons le dire!

Le Président Macky Sall adore les effets d’annonce à l’image de son mentor en politique Abdoulaye Wade qui en usait et en abusait. Il use donc souvent de cette recette servant à frapper l’imaginaire de ses concitoyens grâce à la magie des chiffres. Il vient de décider d’octroyer un milliard de francs CFA aux éleveurs qui auraient perdu du bétail à la suite de la tornade de la semaine dernière qui a frappé durement des zones de pâturage du Ferlo.

 

A la suite des violences estudiantines qui ont endeuillé l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, il avait décidé du relèvement du taux des bourses estudiantines et de la baisse du tarif des repas dans les restos universitaires.

De même, un budget de sept milliards de francs CFA avait été mis en place sous ses directives pour la campagne des Lions au Mondial Russie 2018.

Les marchandages d’épiciers entre l’Etat et les syndicats d’enseignants présidés par lui-même avaient finalement débouché sur une hausse en deux temps des indemnités de logement que réclamaient ces derniers depuis plusieurs années.

La fameuse trouvaille dite « Conseils des Ministres décentralisés » ayant permis au Président de séjourner dans les quatorze régions du pays durant les cinq premières années de son actuel mandat ont toujours fait la part belle à l’annonce de centaines de milliards à investir dans chaque région.

Cette propension à promettre, à brandir des chiffres et surtout a user régulièrement des effets d’annonce pour frapper l’opinion, traduit d’une certaine façon un profond malaise ou une très grande difficulté à définir des politiques adaptées aux réalités du terrain ainsi que la difficulté de leur mise en application d’une manière efficiente et cohérente.

Preuve : le PSE qui avait remisé dans les greniers le « Yoonu Yokkuté », programme électoral sur la base duquel Macky Sall avait collecté le suffrage des Sénégalais, est bousculé depuis quelques mois par le PUDC et le PUMA.

Il est fort évident qu’à côté d’une politique globale et nationale bien définie, il faut des politiques sectorielles adaptées à chaque secteur et à ce titre le PSE peut bien cohabiter avec des projets sectoriels à la condition que ceux-ci soient des déclinaisons et non pas des substituts à des manquements ou à des incohérences de la matrice centrale qui est le PSE.

Il ne faut pas être un grand clerc pour constater que ce qui semble le plus manquer dans le Sénégal des années Macky Sall est la prévention. Un défaut de prospectives qui entraîne souvent un assujettissement aux situations qui semblent toujours s’abattre sur le pays comme des catastrophes imprévisibles.

Il y a peu d’anticipation tout comme la politique du « Fééké Ma Ci Boolé » conduit à la posture de la limitation des dégâts et non pas à celle de l’évaluation pragmatique des évènements et situations pouvant aider à trouver des solutions pérennes et durables sur le long terme.

Si l’option du Sénégal est de faire du sous secteur de l’élevage un des moteurs de notre agriculture et que donc pour cela il faut évoluer vers le « Ranching », il est plus judicieux de s’accorder à mettre en place des infrastructures afférentes pour faire face aux intempéries comme des pluies torrentielles, des variations climatologiques dues au réchauffement de la planète ou aux pesanteurs de la sécheresse.

Ce n’est pas en octroyant un pactole ponctuel d’un ou de plusieurs milliards à des éleveurs que l’on met en place une solution efficiente,  cela va plutôt susciter des appétits et des convoitises et donc les heureux bénéficiaires ne vont rien faire d’autre que s’entre déchirer pour le partage de ce butin. Surtout avec mes parents puulars, celle de la communauté des pasteurs, là où le couteau, le poignard, les cimeterres et objets contendants sont aussi nombreux que les bœufs et les moutons.

 

Abdoulaye Bamba Diallo

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2 pensées sur “Le fait du jour / COMMENTAIRE : 1 milliard aux éleveurs EFFETS D’ANNONCE

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