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ECONOMIE : Auchan, un mal nécessaire

L’âpreté de la compétition économique et commerciale peut être un accélérateur de modernisation des procédures et un déterminant fort dans les mœurs commerciales. L’implantation du distributeur français Auchan au Sénégal est en passe de créer de véritables bouleversements dans les relations  entre la grande distribution, le commerce des grossistes et celui des petits commerçants tout comme entre cette catégorie d’opérateurs économiques et les consommateurs.

Auchan au Sénégal, c’est une des réalités de la mondialisation qui se fait sentir d’une manière frontale et brutale dans un pays comme le nôtre où depuis bien longtemps les différents stades de commerce avaient mis en place des rapports et des procédures qui n’ont jamais tenu compte des intérêts du consommateur.

Le commerce classique au Sénégal a toujours été régi par plusieurs maillons d’intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs, ce qui forcément impacte sur les coûts de revient et donc les prix de vente au public.

Le format des grandes surfaces qui a fait le succès de cette forme de commerce d’abord en Amérique avant de déferler sur le reste du monde à partir de la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945) à la suite de la mise en application du Plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe est qu’il s’approvisionne directement auprès des producteurs et fabricants sans intermédiaires et vend directement aux consommateurs.

Un système qui efface l’intermédiation des grossistes et demi-grossistes et donc n’intègre pas le coût de leur prestation dans ses prix de revient. Ce qui a une incidence positive pour le consommateur, car les marges bénéficiaires revenant à ces deux stades de commerce disparaissent.

La firme française se déploie à grande vitesse dans les quartiers et grosses agglomérations

Seulement que ce soit en Amérique, en Europe ou en Asie, une réglementation a été mise en place pour favoriser la coexistence entre le commerce de grandes surfaces (supermarché, hypermarché et les discount) et les petits commerces de quartier en n’autorisant l’implantation des grandes surfaces et des môles de commerce qu’en dehors des centre-villes et des cités résidentielles pour ne les accepter qu’en zone industrielle et aux abords des autoroutes.

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La stratégie d’implantation des boutiques Auchan au Sénégal n’est donc pas conforme à la philosophie qui a donné naissance à cette formule de commerce. La firme française se déploie à grande vitesse dans les quartiers et grosses agglomérations  et y ouvre des boutiques à tout vent où forcément sa formule étouffe le commerce de proximité.

La levée de boucliers des commerçants sénégalais n’est pas sans fondement car l’Administration sénégalaise et surtout le Ministère du Commerce et de la Consommation ainsi que les administrations municipales ont failli à leur mission de contrôle, de veille aux respects des normes ainsi qu’à leur obligation de régulation.

Le Chinois Ali Baba et l’Américain Amazon sont les deux mastodontes de ce secteur

Et le pire est qu’Auchan est une toute petite firme face aux véritables géants du secteur des grandes surfaces comme l’américain Wall Mart qui vont elles aussi venir d’Amérique, d’Asie et d’Europe pour se faire une place sur les marchés sénégalais et africain. S’il faut y ajouter que si ce commerce de la grande surface a déferlé sur le monde à partir de la Seconde Guerre Mondiale, une nouvelle formule de commerce est en train de le bousculer et même de le menacer dans sa formule actuelle.

C’est celle de la vente en ligne qui est la  nouvelle religion du commerce mondial. Le Chinois Ali Baba et l’Américain Amazon sont les deux mastodontes de ce secteur qui sont en train de tout bousculer et de tout ravager sur leur passage.

D’ailleurs, si Auchan se déploie avec autant de frénésie en Afrique et en Asie ainsi que ses rivaux comme l’autre français Carrefour ou l’espagnol Dia, c’est parce qu’eux-mêmes subissent avec rigueur la compétition que leur imposent les nouveaux géants de la vente en ligne et qui se traduit pour eux par des pertes significatives des parts de marché avec une baisse drastique de fréquentation des consommateurs dans leur marché traditionnel.

En Afrique même, d’ailleurs, ces leaders du commerce en ligne ont fait des émules comme Jumia et ouvrent des filiales en association avec des hommes d’affaires locaux. Le Nigéria, le Kenya et l’Afrique du Sud sont les pays africains les plus en vue dans ce domaine.

Il ne faut donc pas se limiter à dénoncer  l’abus de position dominante que la firme Auchan commence à avoir dans le secteur du commerce de détail dans notre pays, mais plutôt définir une vision stratégique apportant des réponses économiquement pertinentes à cette mutation ayant cours dans le monde du commerce.

Les nouvelles technologies de l’information et la digitalisation redéfinissent la place et les droits du consommateur. Il revient aux opérateurs économiques de s’adapter et pour le Sénégal, cela commence par la disparition de l’informel dans les circuits économiques et l’impérieuse obligation de la mise en place  d’un capital privé national organisé et structuré en firmes et sociétés fortes et puissantes avec de véritables puissances capitalistiques pour faire face à la concurrence internationale car l’OMC fait de la planète un marché global et ouvert. Le cas de Auchan n’est qu’une première alerte sérieuse.

Abdoulaye Bamba DIALLO

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