Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!

AFFAIRE KHALIFA SALL : Libre dans dix jours

Les échanges à la cour d’Appel de Dakar qui étaient très heurtés ont pris un tournant inattendu avec le réquisitoire du procureur général Lansana Diaby. Il a dit à la Cour que la décision de la Cour de justice de la CEDEAO ne saurait être ignorée, que la jurisprudence Tandia en donne une lecture claire et que le Sénégal ne saurait se dérober de ses obligations internationales.

Khalifa Sall sera libre certainement à la fin de la semaine prochaine. Ses co-inculpés itou. La tournure prise par les débats au troisième jour du procès à la Cour d’Appel le laisse croire.

Mieux, il est quasi certain que le maire de Dakar bénéficiera d’une liberté provisoire en attendant de voir si toute la procédure de cette affaire sera annulée du fait des violations répétées des droits des détenus.

Les propos les plus surprenants à la cour d’Appel sont venus du ministère public. Depuis le 29 juin 2018 et la publication du dispositif de la décision de la Cour de justice de la CEDEAO, la défense saluait une décision qui confortait tout ce qu’elle dit et défend depuis le début de cette affaire, à savoir que la justice a ignoré durant tout le processus les droits de Khalifa Sall et ses coinculpés. Et voilà que le Procureur général auprès de la cour d’Appel de Dakar au cours du troisième jour d’audience leur emboîte le pas ou presque.

En effet, le procureur Diaby a développé au troisième des audiences à la cour d’Appel de Dakar un argumentaire qui va quasiment dans le sens de la position de la défense et en porte-à-faux avec celle des avocats de l’Etat et de l’Agent judiciaire de l’Etat. Pour le procureur Diaby, « dans un monde où nous avons accepté de vivre dans des communautés et avons signé des traités, si nous ne respectons pas ces traités signés nous allons inéluctablement vers un chaos communautaire. Aucun Etat ne veut cela. » Et toc ! Ainsi, c’était parti pour un plaidoyer (?) pour le respect dû à la Cour de la CEDEAO avant d’en appeler à « se référer à la jurisprudence » et de citer celle relative à l’homme d’Etat nigérien Mamadou Tandian. En coupant la poire en deux dans ses propos, le procureur a choisi une position de sagesse devant une cour où les incidents se multipliaient et la justice perdait son honneur. Oui, il faut prendre en compte la décision de la cour de la CEDEAO parce qu’il va de la crédibilité du pays.

Oui, l’Etat a été défaillant parce qu’il « n’a pas inséré dans son dispositif le traité. » Et le magistrat a continué à seriner des positions à l’opposé de celles du ministre de la justice, des avocats de l’Etat, de l’agent judiciaire de l’Etat dont les déclarations étonnaient par leur virulence et leur aveuglement sur une décision de justice qu’ils ont contesté et qu’ils refusaient de voir ses effets s’appliquer. Monsieur Diaby a aussi appeler à s’interroger sur le « point l’annulation de la procédure réclamée par les avocats » et la conséquence de ce qu’il faut considérer comme une situation ubuesque, mais il n’est pas allé aussi loin.

Le Premier président Kandji n’a pas été sourd à cette sortie du parquet. Comment trancher l’appel de la défense en ignorant la décision de la Cour de la CEDEAO. Apparemment, bien qu’ayant auparavant rappeler qu’il n’a pas été saisi sur cette décision et que malgré tout, il fallait aller au fond, il a d’une certaine manière rétropédalé en acceptant de se pencher sur le dossier à la lumière de la décision de la Cour de la CEDEAO d’autant plus que le Procureur général le veut et y convie toutes les parties. Et dans ce cadre, Le président Kandji décidera de la demande de liberté provisoire comme il l’a promis.

Khalifa Sall et ses co-inculpés peuvent espérer fortement la fin de leur cauchemar. Mercredi 18 juillet, le Premier président de la cour d’Appel de Dakar va certainement décider à leur faire bénéficier d’une liberté provisoire ou non.

Nhnews

Partager

2 pensées sur “AFFAIRE KHALIFA SALL : Libre dans dix jours

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *