Le bloc note de Abdou GNINGUE :
UNE  À ..Quoi?

Depuis quelques jours les membres de l’UNE À ..QUOI? mènent une bataille médiatique féroce contre une grande surface AUX CHAMPS  pour ne pas la nommer.  Son seul tort c’est d’ouvrir des magasins propres, accueillants et dont les produits,  en grande partie viennent de nos terroirs. Le fruit de nos braves paysans qui, souvent produisent mais n’ont pas des réceptifs pour écouler leurs productions.

Cette grande surface, qui a fait une bonne étude de marché, a su convaincre les consommateurs sénégalais pour se rendre dans ses magasins pour y trouver tout qu’ils achetaient dans nos marchés locaux dans des conditions de salubrité        douteuses. Qui n’a pas assisté à ce spectacle désolant que l’on constate dans nos marchés après une pluie où les eaux de ruissellement se mélangent avec des eaux usées provenant d’un égout surchargé et laissant déborder son trop plein dans la rue qui passe devant le marché.

Depuis sa création qu’est-ce l’UNE À ..QUOI? a offert aux consommateurs sénégalais pour qu’ils puissent se solidariser avec elle dans sa « bataille « médiatique  » contre AUX CHAMPS.
Rien! Touss!. Leur gymnastique favorite c’est de chercher un registre de commerce et un NINEA, un magasin, une assistante et un gardien. Ensuite ils passent une commande de marchandises de toutes sortes aux qualités douteuses  en provenance de Taïwan, de Chine et je  ne sais où encore pour nous les proposer à travers de jeunes vendeurs à la sauvette qui se faufilent entre les véhicules pendant les embouteillages. Pourtant, il aurait été plus rationnel de mettre cette marchandise dans une boutique avec de jeunes vendeurs bien formés et salariés.

Ceci permettrait de remettre les sénégalais dans le circuit de la distribution. Depuis le départ massif des commerçants mauritaniens en 1989, beaucoup de nos compatriotes avaient investi cette activité économique mais malheureusement pour moins de 10 ans. La relève a été prise par des étrangers. Pourtant les gens de l’UNE À …QUOI n’ont rien fait pour que ces étrangers ne monopolisent ce commerce de détails.  Selon certaines statistiques, plus de 95 pourcent de commerçants détaillants dont des étrangers. Alors pourquoi on s’en prend aujourd’hui aux investisseurs de AUX CHAMPS, qui même s’ils sont étrangers comme les autres, emploient des mères et pères de familles sénégalais avec des salaires conséquents.

AUX CHAMPS a préféré parcourir nos campagnes, discuter avec les producteurs locaux pour leur acheter leurs produits frais à un prix bien négocié pour le bonheur des consommateurs que nous sommes. Les aviculteurs  mais aussi les consommateurs se frottent les mains surtout pendant les fêtes religieuses où c’était l’occasion pour nos commerçants de majorer les prix de façon inconsidérée. À prendre ou à laisser par les consommateurs qui restent ainsi coincés par des commerçants qui ont banni de leur vocable le mot solidarité.

Pourtant quelques années avant l’indépendance, vers la fin des années 50, les colons avaient mis en place ce que l’on appelait les Chaînes Avion, genre épiceries modernes qui étaient implantées dans toutes les capitales départementales du Sénégal. C’était une façon d’entrer dans la modernité pour les consommateurs sénégalais. A l’indépendance les nouvelles autorités ont pris la relève et mis en place la SONADIS (société nationale de distribution au Sénégal) qui avait le mérite de vendre à des prix uniformes à travers toutes les villes du pays. Après la faillite de ces SONADIS, plus rien n’existe. Alors, que nous proposent nos commerçants.

Tiens! Ou en est on avec le projet de mise en place d’une usine de production de sucre dans la vallée du fleuve où il y a assez de terre et d’eau pour produire de la canne, employer des centaines de sénégalais et produire du sucre qui pourrait concurrencer l’unité qui est en place.
Ce projet est enterré car disent certains commerçants, il est préférable d’importer du sucre sur le marché mondial et mettre les consommateurs que nous sommes, au gré de la fluctuation des prix et de la spéculation d’hommes d’affaires véreux.

Nous au village, nous saluons l’arrivée de ces nouveaux commerçants qui nous font goûter le plaisir de déambuler à travers les rayons bien achalandés où on trouve les produits du terroir, qui sont souvent BIO, c’est la mode en Europe. Ce plaisir seuls les nantis l’avaient. Mais maintenant, avec un billet de 500fCFA on peut enter au Supermarché. Qui dit mieux?

Nous allons envoyer une délégation de notre coopérative de production d’arachides(pour la pâte ),  de mangues, de Bouye, de gombos, de noix de cajou et de Néwe (pommes du Cayor ) pour négocier avec les responsables du supermarché pour signer un accord pour pouvoir écouler nos produits à des prix gagnant gagnant. Nous incitons les sénégalais d’aller aux champs pour travailler la terre qui ne ment pas. Nous au village,  personne ne peut nous enrôler dans une bataille qui n’est pas la nôtre. Nous veillons sur les jeunes pousses issues des premiers semis c’est la seule préoccupation qui vaille !! Alors tous aux champs, pour un Sénégal émergent.

Abdou GNINGUE

Journaliste Citoyen du monde rural

Partager

Une pensée sur “Le bloc note de Abdou GNINGUE :
UNE  À ..Quoi?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *