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Commentaire / Politique : Après Karim, Khalifa éliminé… Au suivant !

La scène politique s’éclaircit peu à peu à huit mois des élections présidentielles de février 2019. Le Président sortant et candidat à sa propre réélection, Macky Sall ne doit pas vivre l’angoisse du gardien de but de football face au tireur de pénalty.

On peut même croire qu’il doit se frotter les mains avec la tournure que prennent les évènements sur la scène politique après l’adoption de la loi sur le parrainage et la poursuite des ennuis judiciaires des deux présidentiables que sont Karim Wade et Khalifa Ababacar Sall. Deux prétendants à son fauteuil qui sont éliminés sans coup férir par le pouvoir judiciaire.

Le pays se morfond dans une véritable morosité économique malgré les efforts du gouvernement ainsi que ses nombreuses réalisations et l’âpreté de la demande sociale semble même redoubler d’intensité avec une pénurie d’eau endémique dans la grande conurbation dakaroise et la persistance de poches de famine au Nord et à l’Est du pays.

Ainsi, si la classe politique ne semble être mue que par des luttes de positionnement et de leadership pour la présidentielle, les éliminations de Karim et de Khalifa posent le problème de savoir quels seront, au final, les rescapés politiques qui feront face à Macky Sall en février prochain ?

Car, à l’allure où vont les choses, l’obstacle majeur que représente le parrainage pourrait s’avérer être infranchissable pour des leaders politiques qui bien que présentant un profil intéressant pourraient souffrir d’un déficit d’ancrage national du fait de la jeunesse de leur engagement politique ou de la faible implantation de leur parti. Ce cas de figure pourrait frapper des personnalités comme Ousmane Sonko, Aguibou Soumaré, Abdoul Mbaye, Hamidou Dème, Thierno Alassane Sall, Moustapha Guirassy, entre autres.

A contrario, cet essaimage de la scène politique par le canal de la justice avec les affaires judiciaires ou par le biais de la réglementation avec le parrainage pourrait aussi faire la mauvaise ou la bonne fortune de challenger sérieux comme Idrissa Seck ou d’outsider comme Malick Gakou. Ils peuvent être à la fois victimes du parrainage ou en devenir plutôt de réels bénéficiaires si les autres candidats de l’opposition se retrouvent recalés au portillon.

Car le parrainage pourrait contraindre l’opposition à s’unir ou à défaut faciliter le regroupement autour de deux ou trois pôles significatifs pour se donner les moyens d’avoir des candidats de poids pouvant avec des atouts faire face à Macky Sall plutôt que d’aller dans le sens d’une multiplication des offres de leadership comme cela s’observe au Mali avec vingt-quatre candidats pour la présidentielle du 29 juillet prochain.

S’il n’y parvenaient pas, il n’y aurait que des « candidatures de témoignage » face à celui de la majorité actuelle qui ferait ainsi de la prochaine présidentielle une véritable promenade de santé servant juste à la validation de son second mandat.

Et là, il n’y aura plus, alors à parler de second tour pour une troisième alternance car Macky Sall pourrait être  réélu confortablement dans un fauteuil dès le premier tour avec un score à la soviétique.

Ce cas de figure a, d’ailleurs,  été observé récemment au Tchad avec Idriss Deby et auparavant en Côte d’Ivoire avec Alassane Ouattara pour son deuxième mandat. Tandis que la dynamique unitaire a permis de faire tomber des hommes forts comme Yaya Jammeh en Gambie et menace actuellement la dynastie Eyadema au Togo et le clan Kabila au Congo Démocratique (RDC).

Abdoulaye Bamba DIALLO

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3 pensées sur “Commentaire / Politique : Après Karim, Khalifa éliminé… Au suivant !

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