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Commentaire : L’imam Alioune Ndao est donc libre

 Arrêté chez lui à Kaolack le 29 octobre 2015, il  est inculpé entre autres pour des faits aussi graves que financement de capitaux dans le cadre d’activités terroristes,  association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, apologie du terrorisme et projet d’implantation de camps djihadistes dans le Sud du Sénégal. Les procès-verbaux de l’enquête, savamment distillés dans la presse tout au long de ces 3 années de détention préventive nous apprennent que ses champs servaient de terrains d’entraînement militaire,  que des armes ont été découvertes chez lui et qu’il distribuait beaucoup d’argent alors qu’on ne lui connaissait d’autres activités que le travail chiche de la terre, ainsi que son école coranique qui relève plus du sacerdoce que d’ une activité génératrice de revenus. D’ailleurs, nous apprennent nos enquêteurs, de très fortes sommes ont été retrouvées chez lui. Dans ses sermons enfin et toujours selon nos fins limiers,  il fait l’apologie du Djihad et rêve d’instaurer la Charia au Sénégal. 

Voilà pourquoi le procureur avait demandé dans son réquisitoire, une peine de 30 années de réclusion criminelle. Pour un homme qui est déjà âgé de près de 70 ans, parler de sévérité  serait un euphémisme,  une litote.

Finalement,   l’imam a été condamné à…un mois de prison avec sursis pour détention sans autorisation d’arme de deuxième degré.

Ladite arme, exhibée  devant la barre avait fait rire l’imam, malgré la gravité de sa situation. Il faut reconnaître qu’il y avait de quoi: il s’ agit en effet d’un vieux pistolet rouillé et hors d’usage, vu qu’il lui manque plusieurs composantes et qui ferait surtout le bonheur de ses petits-enfants, mais que celui-ci gardait dans sa chambre, comme tous les sentimentaux qui ont du mal à se débarrasser d’objets devenus pourtant inutiles.

D’ailleurs, le juge Samba Kane n’a pas été tendre avec l’accusation: l’état du Sénégal n’a rapporté aucune preuve que l’imam Ndao est un terroriste.

La cause était entendue

L’état et tous ses démembrements (police, gendarmerie, juges d’instruction, procureurs,  avocats et autres), qui se sont relayés depuis des années pour monter un dossier qui devait envoyer Alioune  Ndao en prison pour le restant de ses jours, venaient d’être renvoyés à leurs chères études.

La victoire de l’imam Ndao sur ses détracteurs n’est pas uniquement judiciaire. Elle est aussi et surtout intellectuelle  et humaine. Tout au long du procès qui a duré près de deux mois, Alioune Ndao  les a  littéralement écrasés  de sa prestance,  son zen, son humilité, et a ébloui  la salle  par sa culture et son savoir qu’on aurait juré infinis, au point qu’un de ses avocats pourtant d’obédience chiite,  lui offrit un livre en signe d’admiration.

Aux invectives,  calomnies, extrapolations,  élucubrations,  il a opposé la pédagogie et les faits. A la frénésie et la surexcitation, il a répondu par la tempérance et la maîtrise de soi, et au torrent de boue déversée sur lui pour le salir,  il fit le choix d’un grand boubou d’un blanc toujours immaculé.

Dans l’affaire Imam Ndao, l’état du Sénégal a lu le droit à l’envers, en optant pour la présomption de culpabilité.

Il lui fallait en effet « son »  djihadiste, puisque c’est dans l’air du temps et comme au loto, ça peut rapporter gros.

Si le juge avait suivi  son sombre dessein en envoyant Alioune Ndao en prison pour 30 ans, l’état  aurait triomphé.

A  l’image de la France avec Abdel Kermiche, Benjamin Herman pour la Belgique,  Salman Abadi pour l’Angleterre, Iyad Ag Ghali pour le Mali, Ben Laden pour les USA, Al Bagdadi pour la Syrie , Abubakar Chekau pour le Nigeria,  le Sénégal aurait eu son Imam Alioune Ndao, mais qu’ à la différence des autres  (et c’est là où se niche le graal), il aura réussi à neutraliser son terroriste avant qu’ il ne passe à l’acte et ne fasse des dizaines voire des centaines de morts, contrairement aux pays ci-dessus qui n’ont pas pu eviter ce genre de catastrophe.

L’innocent Imam Ndao est donc sorti de prison ce 19 juillet 2018, le sourire toujours aux lèvres, malgré les meurtrissures de sa chair et de son cœur, comme pour prouver la supériorité de l’esprit sur la matière, de l’âme sur le corps et surtout de la foi sur l’ignominie.

 

Serigne Mbacke Ndiaye

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