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TABASKI 2018 : L’émergence économique, une chimère sénégalaise

En 2035, selon les promesses et projections du Président Macky Sall, le Sénégal devrait faire son entrée dans le cercle des nouveaux pays émergents à la seule condition que l’on continue à maintenir la même courbe de croissance de notre économie et qu’elle ne descende plus jamais en deçà de 6% de taux de croissance annuelle.

 

Mieux d’ailleurs, avec les découvertes récentes de pétrole et de gaz et dont les extractions devraient débuter à partir de 2022, notre pays pourrait même franchir la barre de croissance à deux chiffres et atteindre le peloton des pays émergents de l’Afrique avant la fin des années 2020. Certes, pour réussir cette  prouesse, il y aura beaucoup de préalables à remplir comme une gestion optimale des recettes tirées de ces énergies fossiles et surtout une bonne maîtrise de  ces nouvelles richesses afin que l’essentiel des revenus qu’elles génèrent reviennent au Sénégal et aux Sénégalais et non pas au grand Capital international.

Néanmoins, la célébration de la Tabaski de cette année semble nous indiquer que nous devons refréner une partie de notre enthousiasme et donc de notre optimisme sur ce proche futur radieux. A tout le moins, cela devrait inquiéter l’ensemble de la communauté nationale tout clivage et différence confondus.

Ainsi, on peut noter que notre pays fait partie des très rares pays de la Ummah islamique où la célébration de cette fête s’est déclinée sur deux jours mardi et mercredi alors que la majorité des pays musulmans ont célébré la Tabaski de cette année qu’un seul jour, le mardi. Au-delà du débat théologique et cultuel sur les principes et indicateurs servant à déterminer le jour et la date exacts de la commémoration de cette prescription de la religion, cette singularité sénégalaise d’une ummah nationale où malgré notre obédience commune à l’Islam, à la vénération de l’Envoyé de Dieu, au respect des cinq prières quotidiennes ainsi que du Ramadan et du Pèlerinage à la Mecque, les différences d’appréciation et d’interprétation font que chaque tribu confrérique  ou communautariste voit la lune à sa porte et selon sa convenance.

Certes, il est encore heureux que pour les cinq prières qu’aucun gourou ou nouveau messie n’ait encore jugé utile de décider de tourner le dos à l’Est pour indiquer un nouveau point cardinal à prendre en ligne de mire pour ses génuflexions quotidiennes. Mais, le pire est comme le dit l’adage que le chemin de l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions …

Au-delà de la Tabaski déclinée sur deux jours, les deux autres jours ouvrables qui restaient de la semaine subissent par ricochet les effets de cette singularité nationale, car si le calendrier républicain octroie toujours la qualité de jour férié sur toute l’étendue du territoire national au jour coïncidant avec la célébration d’une fête religieuse comme la Korité et la Tabaski, le lendemain, lui, est jour ouvrable.

Et pourtant, jeudi et vendredi qui ont suivi ces deux jours de Tabaski, ont subi le même sort que la célébration des fêtes religieuses.

Le pays a vécu au ralenti et forcément la production économique a dû en ressentir le coût. Cela pourrait-il se traduire par une baisse d’un point de croissance du niveau du PIB ? Les économistes et les spécialistes de la statistique sont bien placés pour opérer les mesures, relever les indicateurs pour apporter une bonne réponse.

Néanmoins, comme l’ont relevé beaucoup d’Imams dans leur prêche à l’occasion des prières qu’ils ont dirigé ici et là dans le pays, l’on peut relever que le pays et surtout ses habitants doivent accepter de rompre avec certaines habitudes et travers sociaux qui ne cadrent pas avec l’époque dans laquelle nous évoluons où tous les pays de la planète procèdent à des ruptures et à des réajustement allant jusqu’à des changements de paradigmes afin de faire face à un environnement climatique, écologique et économique qui ne fait de cadeau à aucune nation.

Globalement, la semaine, que nous avons bouclé ce dimanche-ci, a été une période de non travail pour l’immense majorité du secteur productif du pays. Cela va-t-il dans le sens des intérêts du Sénégal et de ses habitants de puiser dans leurs réserves s’ils en ont ou alors de vivre à crédit en dépensant juste pour une fête beaucoup plus que ce qu’ils sont censés avoir produit en richesse et en valeur durant cette même période ?

Le débat ne porte pas sur la célébration ou non de la Tabaski, mais plutôt sur la manière de la célébrer en respectant l’esprit de la religion tout en tenant compte son aspect social et économique.

Ainsi, on pourrait penser à s’inspirer de la Chine des héritiers de Mao, qui pour la célébration du Nouvel An chinois, appelée aussi fête du Printemps, octroie trois jours  à une semaine complète de congé, car celle-ci est la manifestation sociale la plus populaire du pays de l’Empire du milieu. Cela conduit le secteur productif du pays et l’ensemble des travailleurs en intégrant cette « donne » qu’est la célébration officielle de la fête du Printemps à compenser cette perte de productivité conjoncturelle sur les autres périodes de l’année en augmentant individuellement et collectivement leur rendement.

Peut-être qu’au Sénégal, on devrait aussi penser à aller dans un sens analogue en déclarant férié la veille, le jour de la célébration ainsi que le lendemain comme des jours fériés. Cela aurait l’avantage de mettre un terme à cette situation où le calendrier républicain n’octroie qu’un jour légal de férié alors que les pratiques et usages ont tendance à « cannibaliser » deux à trois jours supplémentaires en rajout.

L’émergence économique, c’est une nouvelle mentalité et de nouvelles habitudes et pas seulement les grands travaux de l’Etat et la vision ambitieuse de son Chef du moment.

Kalidou SOUWARE

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2 pensées sur “TABASKI 2018 : L’émergence économique, une chimère sénégalaise

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